Venin - Interdit aux moins de 18 ans

743 12 27
                                        

Note de l'auteur:

Mon éditeur m'a demandé d'écrire un chapitre salace, car il paraît que ça fait vendre. Je vous présente mes humbles excuses pour le potentiel choquant de cette histoire, celle-ci étant destinée aux adultes avertis (mais vous l'êtes, puisque je viens de vous avertir !)

Stig Harlan

Acte 1

Le temps était gris comme son imperméable. L'homme portait des lunettes noires et un chapeau beige. Il voulait certainement passer inaperçu, mais les petits gamins du quartier le virent arriver de loin et ricanèrent en constatant son look d'espion de dessin animé.

Il ignora les rires, baissa la tête, s'arrêta un instant, vérifia le numéro du bâtiment et tapa le code d'entrée. Réajustant son chapeau, il jeta un dernier regard circulaire autour de lui — « Au revoir m'sieur le détective ! cria un gamin » — avant de passer la porte en verre teinté et de se retrouver à l'intérieur de l'immeuble, englouti par une semi-obscurité.

Le lieu sentait le renfermé, les années, et un léger parfum de cire ancienne. L'escalier qui se présentait à lui crissa sous ses pas, chaque marche semblant raconter une histoire oubliée de tous.

Arrivé péniblement au 6e étage, il reprit son souffle et fixa longuement la sinistre porte en acier chromé numérotée « 69 ». Il frappa enfin et une voix féminine beugla :

"C'est ouvert, tu peux entrer, mon petit poulet !"

**

Sous le chapeau et les lunettes, la bouche de l'homme se tordit en une curieuse grimace.

Il ouvrit la porte et pénétra dans l'appartement. Il se retrouva dans un long couloir à la lumière chiche où les murs étaient ornés d'images de torture et domination.

Le schéma était invariable : des femmes dominatrices en cuir, latex ou dentelle infligeaient les pires sévices à des hommes nus terrifiés. Là encore, il fit une étrange grimace, celle-ci évoquant à la fois l'angoisse, la gène et... le désir.

Sans transition, une jeune femme outrageusement fardée se matérialisa devant lui, habillée de cuissardes luisantes et d'un bustier ciselé de clous menaçants. Elle se trémoussait en avançant, la main posée sur le bas-ventre et criait tout bas : « Pipi, pipi, pipi ! »

Entrant dans une pièce latérale au couloir, elle lui lança vivement :

« J'arrive mon petit poulet, va boire un verre au salon pendant que je me libère ! »

L'homme réprima un nouveau rictus.

Puis, il se décida à pénétrer dans le sombre salon, véritable musée des horreurs. Les murs étaient tapissés de masques à gaz, masques de chien, fouets, martinets, cannes et... sécateurs ?

Approchant du bar lugubre, sa main hésita un instant avant de se saisir de ce qui était, semble-t-il, une carafe de vin blanc. Il se servit d'une main hésitante, tout en fixant la série de godemichets géants alignés artistiquement le long du comptoir.

Serrant inconsciemment les fesses, il entreprit, coupe en main, de se trouver une place assise. Son regard capta le choix limité qui s'offrait à lui : une curieuse chaise percée (hum !) et un fauteuil de gynécologue (hum, hum !). Pesant les options avec scepticisme, il opta finalement pour un petit tabouret clouté qui lui gratta un peu les fesses.

Et il but une grande, très grande rasade et recracha le tout très vite, car ce liquide jaunâtre n'était visiblement pas du vin...

**

Le monstreDes histoires addictives. Découvrez maintenant