le déni ?
ça oui je connais bien
combien de vérité n'ai-je pas fuies ?
l'eau et la douleur qui rongent et créent des sillons
sur mes joues, mes lèvres, mon cou
comme des lames qui débordent sur ma peau
j'aurais préféré qu'on me tue de coups
plutôt que tapisser ce fond
on me dit qu'un jour je pourrai nager
que mon corps perdra quelques tonnes
que cette fille détruite et aphone
gonflera ses poumons sans en saigner
et cette vérité, je m'y suspens, mes pieds balayant le vide
la chute est vertigineuse, ferme ces yeux
nie que c'est ton absence qui me crève le bide
petite fille détruite et aphone a perdu sa maison
ils l'ont mise en ruines, elle était partie au jardin
caresser les fruits en dormance dans les bourgeons
petite sotte, partie la nuit revenue le matin
revenue après la nuit, découvert les pierres effondrées
nulle part où rentrer, encore debout quelques murets
un ami, quelques rires, on peut en discuter
oh non tu pleures encore, je suis pas un DVD
je peux pas être ton ex, ton ami, et ton psy
que des pierres, toute la chaleur était partie
pauvre sotte laissée sur le pas de la porte
son amour plein les bras, ses larmes plein les yeux
je ne rentrerai plus, je reste dans les bois à piétiner
pour le réduire en braises ce feu
je marche, je vois du pays, c'est parfois mieux
je repense souvent à ma maison passée,
à sa chaleur qui me berçait si bien
parfois je regrette d'être allée au jardin
se serait-elle détruite si j'avais pu soutenir ses murs ?
ou me suis-je sauvée la vie en guettant les fruits mûrs ?
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des feuilles mortes
Poesíac'est pas des poèmes, c'est moi qui parle et les phrases qui se mettent à danser
