Les lumières dansent sous mes yeux. Le cœur battant, une chaleur de répand dans mon corps au gré de mon rythme cardiaque. Le ciel se teint d'une nuance rose. Cette couleur me donne l'heure mieux que n'importe quelle montre. Cette douce nuit d'été m'accueille à bras ouvert.
Je suis assise dans la rame de métro. Les dernières lueurs du jour inondent le wagon d'une lumière dorée. Un sourire se peint malgré moi sur mon visage. Je sens mes pupilles se dilater malgré moi sous la pression des sentiments qui m'enveloppent de leur douce étreinte. Je me suis longtemps sentie incapable d'écrire le bonheur. Pourtant, à travers le reflet que m'offre la vitre du métro, je te revois plonger tes yeux dans les miens et me souffler que j'ai les yeux amoureux. Pendant une demi-seconde, entre un battement de cœur, je peux sentir tes lèvres sur les miennes. Mais lorsque j'ouvre les yeux, la vue du métro parisien s'impose à moi. Aucun regard ne se pose sur moi, mais je n'ai pas besoin d'eux pour me sentir belle, il me suffit de m'imaginer ton regard qui me suit tandis que je te tourne le dos. Je ne peux qu'imaginer l'image de mon corps dans cette robe couleur champagne qui se reflète dans tes iris, ou encore celle, noire, qui tombe en cascade jusque mes chevilles ou encore dans ta chemise qui cachait tant bien que mal le haut de mes cuisses. Tu n'es peut être plus là, mais la confiance que ton regard m'apporte me suivra toujours. Je sais que même à des milliers de kilomètres, j'arriverai à me sentir belle tant que je me souviendrais de la douceur de ton regard. Entre nous. je sais qu'il n'y aura jamais de jalousie, parce que je sais qu'aucune fille ne te fera l'effet que je te faisais.
J'augmente doucement le volume de mon casque pour que la musique noie mes pensées prétentieuses. Un élan de lucidité me traverse, mais je ne le laisse pas atteindre l'euphorie que je ressens. Je me redresse de toute ma hauteur, comme si je voulais étirer toute ma colonne vertébrale, mon menton se lève fièrement. Je me redresse de toute ma hauteur, mon corps longiligne se faufile dans la foule compacte de cette soirée d'été. Lorsque je passe les portes du métro, le soleil m'aveugle et réchauffe les frissons qui commencent à courir sur mes bras à moitié découverts. Ma vision se trouble à l'instant où je décide de retirer mes lunettes. Je cache la faiblesse de mon acuité visuelle dernière des verres teintés. Ils ont longtemps été ma protection, la seule barrière qui existe entre moi et les autres. Il n'y a qu'une seule personne qui sait que si on me les retire, le regard qui se verrouillera aux yeux de la personne qui me fera face sera amoureux. Fichue liqueur. Fichu cœur. Quel ironie d'avoir un cœur peureux et
un alcool amoureux. Je peux presque toucher du bout de mes doigts le magnétisme qui m'entoure. Mes souvenirs s'évanouissent. Il ne reste que la brise qui caresse ma joue à mesure que mes jambes s'élancent d'elles-même sur le trottoir. L'anesthésiant court enfin dans mes veines. Combien de fois va-t-il me falloir répéter cette scène pour oublier ton existence? Combien de fois va-t-il me falloir répéter cette scène pour espérer retrouver l'étincelle qui luisait au fond de tes yeux?
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One shot
Teen FictionPetit recueil de vieux textes à lire dans son lit à minuit. [Un chap=un texte (brouillon)]🥀
