C'est bientôt ton anniversaire (ou ton non-anniversaire, je sais pas comment tu veux l'appeler cette année), et même si je ne le voulais pas vraiment, je me suis mise à penser à toi, à tout ce que j'ai vécu sans toi en un an. J'ai l'impression de ressentir une nostalgie bizarre.
Il y a encore des soirs où j'ai le fantôme de ta présence dans ma tête, une envie de te raconter mes galères, mais je sais que c'est mieux comme ça, et je ne veux plus savoir si c'était "right person, wrong time" ou "wrong person, right time". Pour arriver à guérir de toi, j'ai tout supprimé : numéro, photos, messages. J'aurais pu essayer de te chercher sur Insta, mais je me suis forcée à ne pas le faire, ça aurait été du gâchis après tout ce temps à tenir pour ne pas céder et essayer de rentrer en contact avec toi. Tu sais, je pensais pas que ça serait aussi long et compliqué de tourner la page, mais je suis fière d'y arriver comme je peux et j'espère que ça va pour toi.
Tu sais, j'ai pris tes conseils, tes remarques en compte : j'essaye d'écouter davantage et de parler moins quand les autres ont besoin de se décharger, j'essaye de ne pas paraître trop égocentrée quand je veux illustrer avec un exemple de ma vie. C'est pas facile de capter tout ça avec mon TSA, mais je fais de mon mieux, même si la manière dont tu m'as donné ces conseils m'a un peu (ou beaucoup) blessée même si j'ai essayé de me mettre à ta place pour comprendre la colère derrière les mots utilisés - mais je ne cache pas que je me suis détestée en voyant la manière dont j'étais perçue par tes yeux et ceux des autres, je ne pensais pas avoir fait autant de mal, je reconnais ma part dans notre mal commun.
Mais si tu le veux bien, j'ai envie de raconter un peu tout ce qui s'est passé dans ma vie, dans une sorte de "histoire de", même si je pense que tu ne le sauras pas (sauf si tu as un moyen de le savoir, auquel cas, mieux vaut pas que je sache).
Alors, tout d'abord, je ne pensais pas qu'il me faudrait autant de mois pour essayer de tourner la page, pratiquement six à sept mois. Les gens qui arrivent à passer outre rapidement, je sais pas comment ils font. Pour tenter de symboliser ce passage, j'avais coupé mes cheveux à la garçonne, parce qu'on dit que les cheveux gardent la mémoire, et ça m'a fait du bien, je me sentais un peu plus libre.
Ensuite, le reste de mon année scolaire a été terriblement long parce que je ne savais pas trop à qui parler, comme si tout était... déphasé ? J'avais l'impression d'avoir perdu tous mes repères vu que tu étais l'un de mes piliers. Après, cet effondrement m'a fait du bien vu que ça m'a permis de me rendre compte que je n'aimais pas les études que je faisais et que je détestais la classe où j'étais ainsi que mes profs : mon implication était remise en question, mon TSA n'était pas pris en compte par mes camarades, j'ai fait une crise de panique, mes examens ont fait le Titanic... Bref, c'était la cata un peu partout. Pour contrer ça, je suis allée en fac de lettres pour faire d'autres études et je me sens beaucoup mieux malgré certains profs un peu bizarres, et j'ai de la chance d'être enfin tombée sur un groupe classe où je me sens bien.
Concernant les relations... Les amis, ça va, même si mon cercle est petit, je me sens bien, en sécurité, et j'essaye parfois de sortir de ma zone de confort pour que les gens se sentent aimés. Ma famille, bon, disons que c'est toujours aussi catastrophique avec mes tantes et mon père, mais le reste, ça va aussi je crois. Quant aux amours, j'ai eu le courage de faire le premier pas avec un garçon, et même si ce crush n'a pas abouti, je suis fière de moi pour avoir osé ce petit pas hors de ma zone de confort.
Bref, tout ça pour dire que je continue lentement ma reconstruction et mon amélioration, que je continue d'écrire beaucoup, que je pense encore un peu à toi.
Et encore bon anniversaire (ou bon non-anniversaire), bien que ce soit avec quelques jours d'avance.
Prends soin de toi.
— Pandora.
