13 - Nikon et premier amour

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slow burn - infinity song

Trempée jusqu'aux os, Julia passe la porte de sa maison. Elle ne se donne pas la peine d'allumer les lumières. Rester dans l'ombre, dans la noirceur de la nuit. Plaquée contre sa porte d'entrée, à l'intérieur de chez elle, la jeune femme perdue et déboussolée, se laisse glisser le long de la porte. Sa descente est longue.

Arrivée au plus bas, au sol, elle se recroqueville. Ses jambes à son buste, son visage sur ses genoux, Julia n'a plus de larme. Les fontaines ont censé de donner. Faible et lasse, sans aucune énergie, le sommeil frappe à la porte doucement. Pourtant, l'humidité la laisse éveillée.

Après plusieurs minutes assise comme un enfant qui boude, son téléphone s'allume. Son téléphone oublié lors de sa balade nocturne. Il sonne. Une notification.

Julia lève la tête groggy. La tristesse a laissé place à une lassitude, à une fatigue, au désespoir. Son visage est terni par ses dernières nouvelles négatives. A-t-elle vraiment envie de regarder son téléphone ? D'apprendre, encore, une mauvaise nouvelle ?

Soulevant difficilement son corps du sol, Julia enlève ses chaussures boueuses, puis son manteau lourd de pluie. Elle se déshabille dans le noir. Aucune importance. Aucune lumière est allumée. Un filet de lumière émis du lampadaire de dehors illumine la cuisine. Fermant le volet électrique, elle se dirige vers la table pour prendre son téléphone. Son tee-shirt enlevé, elle file dans la salle de bain.

La notification s'affiche sur son écran, un mail qui l'invite à revendre son matériel photo qu'elle n'utilise plus. Même ses mails sont contre elle et la poignarde dans le dos. Toutefois, en y réfléchissant, son Nikon FA gis là dans sa commode depuis des années. Une pensée pour cet appareil photo qui n'a pas été utilisé depuis longtemps, à l'époque de celui qui faisait battre son cœur. À l'époque d'Adam.

Dans un geste de nostalgie, Julia, désormais en soutien gorge et avec son pantalon à la taille qui dégorge d'eau, s'élance dans sa chambre pour refaire la connaissance de ce vieux monsieur. Fouillant partout, elle se remémore sa place. Des feuilles volent, des cahiers sont jetés à terre, des chaussettes en solitaire survole la chambre. Il est là. Ça y est. Comme un trésor durement chercher et de nouveau larme à l'œil, Julia s'assoit par terre. C'est dingue, ce qu'on est mieux à terre que sur des chaises ou même sur un lit, avoue-t-elle. Certainement que c'est l'intimité de la scène, la dualité entre le passé et le présent qui l'a rend ainsi. 

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