08. Coïncidences

5 0 0
                                        










____________











Caym





La porte se referme derrière moi dans un bruit sourd. Je n'ai pas pu dénicher plus d'informations que ça de cette conversation avec elle. Soit elle ignorait réellement avoir été tenue à l'écart, maintenue volontairement hors des radars, protégée ou effacée par quelqu'un de suffisamment puissant pour que même mes réseaux n'en trouvent aucune trace. Soit elle est une comédienne exceptionnelle. Assez douée pour me mentir droit dans les yeux sans que je puisse y lire la moindre faille.

Je passe une main sur mon visage, lentement, comme pour chasser une fatigue qui ne partira pas. Je déteste cette sensation. Celle d'être face à quelque chose que je ne peux pas frapper pour le faire céder. Ne pas pouvoir lui faire de mal me frustre plus que je ne voudrais l'admettre. La violence est mon langage le plus fluide. Celui que je maîtrise sans hésitation, sans remords. Avec les ennemis, il n'y a jamais d'ambiguïté. On frappe, on brise, on efface. Fin de l'histoire.

Mais elle... c'est une tout autre histoire.

Est-elle une alliée ou une ennemie ?

La question s'impose à moi avec une insistance désagréable. Et je déteste ne pas avoir de réponse immédiate. L'hésitation est une faiblesse. Une faille. Dans mon monde, elle coûte cher. Très cher.

Depuis qu'elle est réapparue sur les radars, tout s'enchaîne trop vite. Les erreurs, les imprévus, les tensions. Comme si son existence seule suffisait à dérégler un équilibre que j'ai mis du temps à construire.

Je n'aime pas les coïncidences et j'y crois encore moins.

Qu'elle soit innocente ou non, elle est désormais liée à moi. À La Sombra. À ce monde qu'elle prétend ne pas comprendre ou connaître. Et si elle ment... je le saurai. Tôt ou tard.

Une fois à l'extérieur, je traverse le jardin pour me diriger à l'arrière du domaine où se trouve une petite bâtisse en pierre conduisant au sous-sol de la propriété. Je pousse la porte en bois, une odeur d'humidité me frappe immédiatement, je descends les escaliers et m'enfonce dans l'obscurité. La seule source de lumière que possède ce couloir est la petite ampoule au plafond découpant les marches d'escaliers. Arrivé devant la porte, je tourne la poignée.

Je n'ai jamais aimé perdre mon temps. Encore moins avec des hommes qui pensent pouvoir négocier avec moi alors que leur sort est très certainement déjà scellé.

La pièce est froide et sent la sueur séchée, les murs sont couverts de bâche. Face à moi, deux hommes sont assis sur des chaises en acier, menottés aux poignets et aux chevilles. Un bandeau couvre leurs yeux. Leurs têtes sont mouillées et les gouttes dégoulinent sur le corps j'en déduis rapidement ce que mes hommes leur ont fait.

Malgré tout ils tentent encore de se tenir droits, comme si la posture pouvait sauver ce qu'il leur reste de dignité. Mais le corps finit toujours par trahir avant la bouche.

Je referme la porte derrière moi.

— Je vais être clair, dis-je calmement.Vous répondez à mes questions sans essayer de me prendre pour un con ou on passe directement à disons... quelque chose de plus éducatif. Le choix vous revient.

Ils bougent leurs têtes comme pour tenter de voir à travers le bandeau mais ne disent pas un mot. Ce silence-là, je le connais bien trop. Celui des hommes qui pensent encore qu'ils ont une once de contrôle. Je soupire lentement, exaspéré par leur attitude.

Vous avez atteint le dernier des chapitres publiés.

⏰ Dernière mise à jour : 3 days ago ⏰

Ajoutez cette histoire à votre Bibliothèque pour être informé des nouveaux chapitres !

LilithOù les histoires vivent. Découvrez maintenant