chapitre 66

75 1 0
                                        


Point de vue Ian:


Je m'inquiétais vraiment pour Nina, on en est arrivé à un point où elle ne dort plus, mange à peine... Elle devait avoir perdu au moins une dizaine de kilo et déjà qu'elle n'était pas bien grosse, c'était vraiment dangereux pour elle!
J'essayais au maximum de la forcer à manger mais j'essayais de ne pas trop la brusquer non plus.
Elle refusait de sortir de la chambre et passait la plupart de son temps dans notre lit, roulée en boule sous les couvertures, à pleurer toutes les larmes de son corps.
Elle était vraiment épuisée à force de ne pas manger et ne pas dormir. Des fois j'avais presque l'impression qu'elle se retenait de dormir ou quelques chose car ne pas réussir à s'endormir quand on est dans un état comme celui ci est presque impossible.... Il lui arrivait tout de même de tomber de fatigue pendant maximum une heure avant de se réveiller en sursaut à cause de cauchemars et pleurer de plus belle.
Je ne pouvais même plus la prendre dans mes bras lorsque ça arrivait car elle me repoussait de plus en plus.
Je n'avais jamais vue Nina si mal et si longtemps, j'étais vraiment paniqué a l'idée que ça ne s'arrange pas, au moins un petit peu, ou bien même que ça continue de s'aggraver parce qu'à partir d'un certain point, je ne pense pas que le corps humain puisse continuer à suivre...
J'en parlais souvent avec ses médecins, qui l'avaient suivis à l'hôpital, voulant être rassurer, avoir des conseils et qu'ils me disent quoi faire car je n'en pouvais vraiment plus.
Certains m'avaient proposé de l'emmener dans centre spécialisé pour les personnes en dépression mais m'éloigner de Nina pendant une période comme celle ci ne me paraissait même pas envisageable. Je voulais vraiment l'aider mais il fallait que je la garde avec moi et Jules! D'autant plus que cette dernière n'aurait jamais accepté de toute façon...
Les médecins avaient l'air aussi très inquiets pour la santé de Nina et me conseillaient que si elle ne retrouvait pas vite le sommeil, de l'aider en lui donnant des somnifères car avant de vouloir la faire aller mieux mentalement, d'après eux, il fallait déjà qu'elle reprenne des forces et aille mieux physiquement sauf que le fait qu'elle n'aille pas bien mentalement l'empêchait d'aller bien physiquement... C'était une sorte de cercle vicieux et n'ayant pas d'autre solution, j'étais partis acheté des somnifères aujourd'hui pour pouvoir les tester ce soir, espérant vraiment que ça pourrait faire dormir Nina toute la nuit et qu'elle se repose bien.
Et une fois qu'elle ira un peu mieux, on pourra peut être parler et peut être même essayer de la faire voir un psychologue quelques fois...
J'étais donc en train de préparer le repas qui, je le savais, finirait pour les trois quarts du plat, dans la poubelle... Et en profitait pour écraser deux somnifères dans son verre d'eau avant de tout apporter sur un plateau dans la chambre.
Les rideaux étaient fermés et il faisait le noir complet dans la pièce mais je savais qu'elle ne dormait pas. J'allumai la lumière, et comme d'habitude, je pus distinguer un petit corps roulé en boule sous la couette.
-Nina... Murmurai-je doucement en posant le plateau. Ce n'est pas la peine de faire semblant de dormir... Ajoutai-je, la connaissant bien, tout en retirant la couverture de sur sa tête. C'est l'heure de manger.
Elle secoua la tête comme une enfant, se roulant en peu plus en boule, refusant de manger comme à chaque fois que je lui apporte le repas depuis l'accident.
-S'il te plaît Nina... Soupirai-je fatigué de me battre à chaque fois avec elle pour la faire manger trois cuillères.
Au début, elle m'avait même sortit toutes les excuses du style "j'ai mal au ventre" ou "je vais vomir si je mange " mais maintenant, je sais que c'était juste pour ne pas manger...
Je ne sais pas trop encore pourquoi elle ne veut plus manger... Si c'est pour se punir de quelque chose ou non mais en tout cas il fallait vraiment qu'elle arrête.
-Aller Nina... Ce n'est pas compliqué... Et ne me dit pas que tu n'as pas faim parce que tu n'as rien mangé de la journée...
Finalement au bout d'une bonne dizaine de minutes à négocier, elle finit par se redresser et à prendre trois cuillerées de sa purée et deux morceaux de viande.
Je lui fis un petit sourire, content qu'elle ait finit par manger un peu et lui tendis son verre d'eau qu'elle but, pour mon plus grand plaisir, d'un coup sec.
Elle frotta alors ses petits yeux rougis et fatigués tout en se rallongeant.
Je vis qu'elle essaya un peu de rester éveillée mais les médicaments prirent très vite effet et elle ne pût résister très longtemps avant de laisser ses paupières se fermer.
J'espérais vraiment que ça allait l'aider à dormir une nuit entière sans cauchemars et sans se réveiller au bout de quelques minutes seulement, afin qu'elle puisse vraiment se reposer et reprendre des forces.
-Laisse toi faire Nina... Murmurai-je en caressant sa joue tendrement, voyant qu'elle s'agitait un peu, comme si elle était effrayée à l'idée de s'endormir. Fait moi confiance...
Après quelques secondes que je passai à caresser ses cheveux et son visage, elle se détendît et finit par s'endormir paisiblement.
Je souris en la voyant si calme comme ça, restant tout de même près d'elle quelques minutes pour m'assurer qu'elle soit bien endormie. Je n'avais vraiment pas envie de la quitter et je voulais la prendre dans mes bras, la regarder dormir, mais il fallait aussi que je pense un peu à Jules... Serte, il y avait les parents de Nina qui étaient venu pour quelques jours à la maison, afin de m'aider avec Nina et Jules, étant vraiment inquiet eux aussi pour leur fille... Mais je ne voulais pas non plus leur laisser la charge de s'en occuper complètement et de ne plus passer de moment avec lui.
Surtout en ce moment, il nous réclamait tout le temps, que se soit moi ou Nina, même s'il s'était un peu habitué à ce que ça ne soit plus ça maman qui s'occupe tout le temps de lui comme elle le faisait avant.
J'essayais de lui expliquer du mieux que je le pouvais que sa maman est malade et un peu triste en ce moment, qu'il fallait la laisser se reposer un peu et de temps en temps il arrivait que je découvre dans le lit de Nina, les deux blottis l'un contre l'autre, Nina serrant Jules dans ses bras et lui chuchotant des petites paroles apaisantes pour qu'il s'endorme dans ses bras. C'était d'ailleurs les seules fois ou Nina s'ouvrait un peu et acceptait de partager un moment de tendresse.
Lorsque je descendis au salon, mes beaux parents et Jules regardaient tous les trois, assit sur le canapé, un dessin animé.
Michaela me lança alors un petit regard interrogateur et je lui répondis par un petit sourire.
-Elle s'est endormie. Confirmai-je en venant m'asseoir près d'eux, alors que Jules réclamait que je le prenne sur mes genoux.
-Tu n'es toujours pas couché toi? Petit coquin! Rigolai-je en chatouillant son ventre, le faisant se tordre dans tout les sens et rire.
-Z'veux dodo avec toi et maman... Déclara-t-il avec sa petite tête d'ange, tout en me faisant ses yeux de chien battu.
-Pas ce soir mon cœur, maman elle doit dormir dans le calme, tu comprends? Lui répondis-je en caressant ses cheveux, essayant de ne pas faire attention à son air déçu.
-Moi ze voulais un câlin et maman auzi veut un câlin... Commenta-t-il tristement.
-Je sais bonhomme mais tu lui en feras un très gros demain d'accord? Ne commence pas à pleurer mon cœur. Je t'ai déjà expliqué... Murmurai-je en le berçant contre moi tout en embrassant sa joue sur laquelle une larme avait coulée me montrant qu'il était fatigué.
-Tiens, viens faire un câlin à mamie à la place, moi aussi je veux un câlin. Changea de sujet Michaela devant le visage triste de son petit fils.
Ce dernier accepta tout de suite d'aller dans les bras de sa grand-mère sachant que celle ci allait lui faire un gros câlin pour le consoler.
Finalement Jules finit par s'endormir, complètement épuisé, dans les bras de sa mamie.
-Alors comment ça s'est passé avec Nina? Ça a marché? Demanda Nikolaï en chuchotant, inquiet pour sa fille.
-Elle les a prit et s'est endormie quelques secondes plus tard, je suis resté un peu et elle avait l'air de bien dormir mais dès que Jules est couché je vais retourner la voir pour vérifier qu'elle ne se soit pas déjà réveillée... Expliquai-je avec l'espoir d'avoir enfin réussit a faire dormir Nina toute une nuit.
-D'accord, on va s'occuper de Jules ne t'en fait pas, tu peux retourner au près d'elle. Me sourit-il en me faisaient une petite tape sur l'épaule. Prend bien soin d'elle.
-Non papa, ze veux aller avec toi ! Gémit Jules en tendant ses petits bras vers moi et pleurnichant.
-Viens la mon petit bonhomme. Souris-je en me levant pour le prendre dans mes bras et lui sécher ses petites larmes. Tu veux que je te lise une petite histoire avant d'aller au dodo ? Lui proposai-je en le serrant contre mon torse et embrassant son front tendrement alors qu'il hochait la tête tout en se frottant les yeux. Alors va dire bonne nuit à mamie et Papi, tu leur fais un gros bisou et on va au lit d'accord ? Continuai-je en le reposant au sol.
Ce dernier retrouva son sourire et se précipita vers ses grands parents qui le prirent dans leur bras pour lui dire bonne nuit avant de le relâcher avec un sourire. Jules revint alors vers moi en courant et m'attrapa la main pour me tirer en direction des escaliers.
-Bonne nuit ! Lançai-je tout de même avec un petit sourire, à mes beaux parents qui nous regardaient l'air amusés, avant de suivre Jules jusqu'à sa chambre.
Je le fis se brosser les dents et se déshabiller avant de le border dans son lit et de m'asseoir à ses côtés pour lui lire un de ses livres préférés, qu'il connaissait déjà surement par cœur.
Malheureusement, il ne s'endormit pas aussi vite que je l'avais prévu... Une fois le livre fini, il insista pour que je joue aux petites voitures avec lui, déclarant qu'il n'était pas fatigué du tout et qu'il n'allait pas réussir à s'endormir. Et bien sûr, en bon papa autoritaire que je suis, je finis par céder. C'est ainsi que nous nous retrouvâmes tous les deux assis en plein milieux de sa chambre, vers deux heures du matin, entouré d'un énorme circuit de voiture que je venais de construire pour lui, jouant maintenant avec.
Commençant enfin à montrer des petits signes de fatigue, il vint se blottir entre mes jambes pour pouvoir s'appuyer contre mon torse. Avec un petit sourire, j'entourai mes bras autour de lui et caressai son adorable petit visage.
-On va aller au dodo... Murmurai-je contre son front tout en me levant délicatement alors que ses petits yeux se fermaient tous seuls. Bonne nuit mon petit ange... Soufflai-je en le bordant une nouvelle fois avant de lui faire un dernier bisous et essayant de sortir de la chambre sans écraser la moitié de ses jouets au passage.
Retournant dans ma chambre, je fus vraiment ravi de voir que Nina dormait toujours aussi paisiblement quand je revins dans la chambre. Ça devait faire un peu moins de quatres heures qu'elle s'était endormie mais je crois que depuis l'accident elle n'avait jamais dormit aussi longtemps de suite.
Je retirai mes vêtements avec hâte puis me brossai les dents avant de me glisser au près d'elle et la prendre dans mes bras.
Je poussais un soupire de bien être de l'avoir contre moi.
Embrassant son front, je ne tardais pas à m'endormir moi aussi, complétement crevé.
Le lendemain, je fus surpris de constater que Nina dormait toujours à poing fermé, alors qu'il était huit heures passées.
Elle avait enfin réussit à dormir toute la nuit, sans se réveiller, sans cauchemars... Et j'en étais vraiment heureux, nous étions sur la bonne voie.
Voulant profiter de ce petit moment, je décidai de rester un peu plus longtemps au lit avec elle, la gardant serrée contre moi.
Je dû me rendormir car deux bonne heure plus tard, je fus réveillé par mon adorable princesse qui commençait à se réveiller en gigotant en peu et clignant des yeux pour s'habituer à la lumière de la pièce.
Bien que encore légèrement dans le cirage, je pouvais déjà dire qu'elle avait l'air bien plus reposée que les jours précédents.
-Comment tu vas ? Murmurai-je en me redressant un peu pour la laisser se réveiller tranquillement. Tu as bien dormis ?
Elle fronça les sourcils, l'air de penser à quelque chose avant de finir par hocher la tête avec un air qui montrait qu'elle ne comprenait pas trop ce qui c'était passé.
-Je sais que tu dois être en train de te demander comment tu as fait pour dormir sans être réveillée par un cauchemar... Commençais-je, espérant qu'elle ne soit pas en colère que je lui ais donné des médicaments sans lui dire. Et s'il te plaît ne te fâche pas mais c'est la seule solution que j'ai trouvé pour t'aider, parce que tu en a vraiment besoin... Et je suis vraiment désolé mais c'était la seule chose à faire pour que tu puisse enfin dormir, rien que une nuit et bien sûr si tu ne veux pas je ne te forcerai pas à recommencer mais... Je t'ai donné des somnifères hier soir... dans ton verre d'eau... Avouai-je sans la quitter des yeux pour voir sa réaction.
Cette dernière me regarda sans rien dire pendant quelques secondes avant que son expression se détende et je cru même apercevoir l'ombre d'un sourire sur son visage.
-Merci... Finit-elle par murmurer en attrapant timidement ma main.
Et rien qu'avec ce petit contacte de sa part, mon cœur se remplit de joie, ça faisait tellement longtemps que j'attendais un petit signe de sa part...
-Tu n'es pas fâchée ? Ne pus-je m'empêcher de sourire, glissant doucement mes doigts entre les siens.
Elle secoua la tête en me refaisant un petit sourire avant d'ouvrir la bouche pour parler mais fut coupée par son ventre qui poussa un petit grognement.
-Ah... Je crois que quelqu'un a faim... Déclarai-je en sortant du lit avant de faire le tour de celui-ci, du côté de Nina et de lui tendre la main avec un sourire, l'invitant à se lever. Je crois que tes parents ont fait des crêpes en plus... Ajoutai-je en voyant son hésitation.
Finalement, elle attrapa ma main et sortit de sous la couverture pour me rejoindre. Je fis tout mon possible pour retenir l'envie de faire une grimace à la vue de son corps si maigre et faible et fis comme si de rien n'étais, la guidant jusqu'à la cuisine avec moi.
Les parents de Nina furent plutôt surpris mais heureux de voir leur fille traversée le pas de la porte à mes côtés car ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas quitté sa chambre.
-Maman! S'écria joyeusement Jules, la bouche pleine de chocolat, assit tranquillement entre ses grands parents et mangeant les crêpes que lui avait préparé la mère de Nina.
Ce dernier descendit en vitesse de sa chaise et couru jusqu'à sa maman qui la prit directement dans ses bras.
Je me demandais bien comment elle pouvait encore avoir assez de force pour réussir à le porter même dans l'état aussi faible dans lequel elle était.
-Tu as fais un gros dodo mon ange? Demanda Nina en embrassant son front.
-Ui et toi? Répondit Jules en se blottissant contre elle.
Elle hocha la tête en se contentant de répondre en lui donnant un second baiser sur la joue.
-Aller viens mon bonhomme, laisse maman s'installer pour prendre son petit déjeuner. Souris-je en m'approchant pour venir le prendre des bras de Nina qui, je voyais, commençait à avoir un peu de mal à le garder des ses bras.
-Non! Gémit Jules en s'accrochant fermement autour du cou de Nina, avec une grimace. Ze veux manzer avec maman!
J'allais répondre mais Nina me coupa en allant s'asseoir sur une chaise, installant Jules, tout content, sur ses genoux.
-C'est bon Ian, ça va, il peut rester avec moi. Expliqua-t-elle avec un petit sourire, passant ses bras autour de son fils.
Je soupirai en secouant la tête, tout de même amusé de voir à quel point ce petit bonhomme pouvait être têtu...
-Tu veux des crêpes ma chérie? Proposa alors gentiment la mère de Nina en posant sa main sur son épaule dans un geste tendre.
-Bien sûr qu'elle en veux! Répondis-je à sa place, voulant m'assurer qu'elle ne réponde pas non, tout en m'essayant en face d'elle après avoir salué mon beau père.
Michaela se pressa alors de lui préparer son assiette avec un grand sourire sur son visage.
Heureux d'être sur les genoux de sa mère, Jules repris son petit déjeuné, rester confortablement assis sur les genoux de sa mère et lui racontant des trucs un peu incompréhensible étant donné qu'il parler la bouche pleine.
-Tu veux goûter? Z'est trop bon! S'enquit-il alors en coupant un bout avec ses doigts et se tournant vers elle avec un sourire.
Nina ouvrit la bouche en rigolant faiblement et avala le petit morceau de crêpe qui baignait dans le chocolat.
-Hum... Tu as raison c'est très bon! Exagéra-t-elle un peu pour faire plaisir à Jules qui attendait sa réaction.
Si j'avais sus que c'était aussi facile pour Jules de la faire manger...
A peine quelques minutes plus tard Michaela déposa une assiette de crêpe devant sa fille qui la regarda d'un air hésitant.
Voyant que tout le monde l'observait, Nina prit deux trois bouchées de ses crêpes avant de relever la tête et de nous faire une sorte de faux sourire qui se voulait rassurant, avant de concentrer son attention sur Jules, repoussant discrètement le reste de son assiette.
Je secouai la tête à sa tentative d'esquiver une nouvelle fois son repas mais après tout, elle avait quand même fait pas mal d'efforts, je ne pouvais pas trop lui en demander d'un coup...
-Jules mon bonhomme, quand tu auras finit de manger, je peux t'emprunter ta maman quelques minutes? Je voudrais lui parler de quelque chose pour les grands... Demandai-je ayant besoin d'avoir une petite discussion avec Nina sans Jules accroché à son cou.
-Hum... Fit ce dernier en ayant l'air de réfléchir, se tournant vers sa maman qui lui fit un petit sourire en passant une serviette sur sa petite bouche recouverte de chocolat. D'accord mais pas longtemps hein?
-Promis. Rigolai-je avec un petit clin d'œil.
Lorsque Jules eut à son tour terminé de manger, Michaela le prit par la main lui disant de venir avec elle s'habiller, nous laissant seul avec Nina.
Elle agissait toujours un peu gênée autour de moi et n'osait pas vraiment me regarder dans les yeux, se qui m'attristait un peu...
-Je suis désolée... Finit-elle par murmurer, brisant le silence gênant qui s'était installé.
-Chut, ne dit pas ça... La coupai-je en prenant sa main dans la mienne. Je sais qu'il faut qu'on parle mais pas ici pas maintenant... Tu veux bien aller prendre une douche et me rejoindre dehors dans quelques minutes? On pourrait se promener un peu, le temps de parler un peu... Proposai-je timidement et un peu hésitant, ayant toujours un peu peur de sa réponse ou de sa réaction.
Nina leva les yeux vers moi, l'air de réfléchir et peu sûre d'elle avant de finir par hocher faiblement la tête.
Je lui répondis par un sourire sincère avant de me lever et de lui tendre la main pour l'aider à se relever.
Je partis ensuite m'habiller, la laissant prendre une douche tranquillement avant de l'attendre dans le salon où Jules jouait avec ses grands parents.
Au bout de plusieurs longues minutes, Nina descendit enfin, me faisant presque un choc de la revoir sans que ses cheveux soient attachés dans un chignon négligé ainsi que dans de vrais vêtements autres que des larges joggings et pulls...
Elle ne portait pas de maquillage et le fait qu'elle portait ses anciens vêtements montraient encore plus le fait qu'elle avait énormément maigrit, et qu'elle n'avait vraiment pas bonne mine mais je m'efforçais de ne rien dire ou ne rien montrer sur mon visage pour ne pas la faire se sentir encore plus mal que ce qu'elle devait déjà se sentir.
Sans attendre plus longtemps, je décidais de me lever du canapé sur lequel j'étais assis et de l'entraîner dehors, m'étant fin à son supplice de se tenir honteusement et seule devant moi et ses parents qui essayaient tant bien que mal de cacher leur peine en voyant leur fille dans un état pareil.
-Hum... Tu sens bon! M'exclamai-je en souriant, une fois dehors avec elle, après avoir reniflé ses cheveux encore mouillés, essayant de détendre un peu l'atmosphère.
Mais tout ce que je reçu fut un sourire gêné de sa part avant qu'elle ne baisse la tête pour cacher ses joues rougies.
Avec un petit soupire, je me mis à marcher, l'invitant à me suivre. Nous n'échangeâmes pas un mot jusqu'à ce que je finisse par trouver un banc dans un petit parc où je m'assis et attrapais sa main pour la faire s'asseoir à mes côtés.
-On n'y arrive plus et tout est de ma faute... Finit-elle par lâcher dans un sanglot, n'osant toujours pas me regarder.
-Qu'est-ce que tu racontes? Répondis-je faisant mine de ne pas comprendre ce qu'elle me disait.
-Nous... J'ai tout gâché... Regarde nous... A cause de moi on n'arrive même plus a se parler, je n'arrive même pas à te regarder... Et je sais que tout et de ma faute... Je vois bien que je te rend malheureux, que je t'ai fais perdre se que tu voulais plus que tout... Pleurait-elle maintenant à chaudes larmes.
-S'il te plait Nina ne dit pas ça... Tu n'as rien gâché du tout... Murmurai-je doucement essayant de la calmer. Rien de tout ça n'est de ta faute, c'est juste un passage difficile mais nous deux on va s'en sortir... Je te le promets!
Elle secoua la tête inconsolable ne voulant pas m'écouter.
-Nina, s'il te plait, lasse moi t'aider, arrête de t'éloigner de moi, je n'en peux plus là... Déclarai-je d'une voix brisée, voulant qu'elle comprenne, qu'elle arrête de se replier sur elle même tout le temps et qu'elle s'ouvre à moi afin que je puisse l'aider et que tout redevienne comme avant.
-Je voudrais tellement que tout ça ne soit jamais arrivé... Pleura-t-elle en éclatant une nouvelle fois en sanglot, cachant son visage dans ses mains. Je voudrais pouvoir avoir mon bébé dans les bras...
-Oh Nina... Murmurai-je le cœur brisé, la prenant dans mes bras. Moi aussi mon ange, mais il est partit maintenant... Je suis tellement désolé, crois moi je voulais cet enfant tout autant que toi et je le veux toujours mais... J'ai besoin de toi moi aussi... Gémis-je en baissant la tête.
-Comment tu peux encore vouloir de moi... Je suis horrible... Tout ça c'est de ma faute... S'écria-t-elle en éclatant une nouvelle fois en sanglot. Je suis tellement désolée...
-Arrête s'il te plait Nina... Combien de fois il va falloir que je te le dise que ce n'est pas de ta faute? Soufflai-je complètement désespéré.
-Je sais que tu dis ça pour me consoler mais qu'en réalité, tu m'en veux... Et que tu es en colère contre moi...
-Mais non, je suis en colère et je suis triste parce qu'on a perdu notre bébé, parce que je vois que ma femme s'éloigne de moi chaque jour un peu plus et que la j'en peux plus... Je voudrais que tu comprennes ça... Jamais je ne t'en ai voulue... Tu sais pourquoi? Parce que ce n'est pas de ta faute, tu n'es même pas responsable de l'accident... Tu n'as rien fait de mal, tu ne dois pas te sentir coupable, tu ne pouvais rien faire pour éviter ça... Tu comprends?
-Alors tu ne m'en veux pas? Même un peu? Je comprendrai si tu veux que l'on se sépare... Je t'ai fais tellement de mal et en plus maintenant j'agis comme une personne horrible mais je n'y arrive pas... Des que je te regarde je peux voir à quel point je t'ai fait du mal et je me sens encore plus mal...
-Nina... Pourquoi tu tiens tellement à ce que je sois énervé contre toi et que je t'en veuille? Demandai-je alors tristement.
-Parce que moi je m'en veux tellement que je n'arrive pas à imaginer que toi tu ne m'en veuilles pas...
-C'est justement ça le problème... Tu te sens coupable et tu es tellement persuadée que c'est de ta faute, que tu ne veux pas comprendre... Et tu ne veux pas me croire...
-Mais tu avais l'air tellement en colère et triste... Je ne pouvais pas supporter de voir que tu étais comme ça à cause de moi...
-Oui j'étais en colère mais je te le répète, ça n'a jamais était contre toi... Ou peut être un peu quand je pensais au fait que tu ne voulais pas me voir...
-Je me sens tellement mal...
-Je sais mon cœur, je sais, mais laisse moi t'aider... S'il te plait... Priai-je en lui tendant la main. On va s'en sortir tous les deux... C'est juste une question de temps et il faut que tu me fasses confiance...
Levant tout doucement la tête vers moi, elle attrapa ma main timidement.
-Alors tu me pardonnes? Marmonna-t-elle avec un léger regard d'espoir sur le visage.
-Je n'ai rien à te pardonner mais si tu insistes vraiment alors oui je te pardonne. Lui dis-je avec un petit sourire qu'elle me rendit timidement. Viens là... Ajoutai-je en ouvrant les bras.
Elle hésita un peu avant de venir contre moi, posant sa tête contre mon torse.
-Maintenant, tu peux tout me dire mon cœur, des que ça ne va pas tu m'appelles et je serais là, on peut discuter de tout d'accord? Je sais qu'on ne pourra jamais tout oublier complètement mais on va tout faire pour que tout redevienne comme avant. On est tout les deux là dedans, je veux que tu me fasses confiance et même si ça prend du temps, je te laisserai tout le temps dont tu as besoin si tu me promets de ne plus t'éloigner de moi.
-Oui je suis tellement désolée... Je suis tellement égoïste... Tu avais besoin de moi aussi et je...
-Stop! La coupai-je avec un petit sourire. Tu dois aussi me promettre que tu vas arrêter de t'excuser et de penser que tout est de ta faute d'accord?
Elle hocha la tête, restant dans mes bras, alors que ses pleures se calmaient petits à petits.
-Je t'aime tellement... Tu n'as pas idée à quel point ça m'a manqué de te prendre dans mes bras comme ça... Chuchotai-je contre son front en y déposant un petit baiser.
-Je t'aime aussi. Murmura-t-elle a son tour après de longues seconde. Merci...
-Chut... Souris-je en continuant de la bercer contre moi.

The Vampire DiariesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant