C'était Lui.
Je jetais le journal sur le bureau du directeur, ce dernier sursauta. Je m'assis sur ma chaise brusquement et regardais le directeur qui jetait un œil au tas de papier.
-Lisez, lui dis-je.
-Eh bien, c'est l'article qui parle de l'assassinat de la pauvre fillette, conclu-t-il. Pourquoi me montrez-vous cela ?
-Je suis certaine que son meurtrier est celui qui est ici. Euh... Le surveillant n'est-il pas supposé être déjà revenu ? Demandais-je en regardant l'horloge.
Il ne me répondit pas. Je regardais l'homme noter quelque chose sur un bout de papier. J'étais pour lui demander ce qu'il écrivait, mais un drôle de bruit attira notre attention vers la porte du bureau où il y avait une petite fenêtre.
Je reconnus le surveillant, quelqu'un lui fracassait le visage contre la vitre.
J'échappais un cri d'horreur et le directeur prit son téléphone pour appeler la police, mais cette dernière était de l'autre côté, dans l'un des couloirs de l'école, alors pourquoi n'intervenait-elle pas ? Le visage du surveillant se défigura à cause de la vitre qui se cassait, du sang s'échappait de partout. Je me retins de vomir mon maigre repas.
-Pourquoi les flics ne répondent pas !? se découragea le directeur.
Je ne perdis pas de temps et pris ma chaise pour barricader la porte. Je me remis à trembler et m'éloignais de la porte.
-Merde ! Dit le directeur en voyant le surveillant. Ne bloque pas la porte, il faut l'aider !
Je me jetais dans un coin de la pièce et fixais la porte. Pas question qu'il l'ouvre, je ne voulais pas que ce monstre se montre encore. L'homme hésita à ouvrir la porte ou non. Le surveillant s'était écroulé au sol de l'autre côté, son bourreau ayant fini ce qu'il avait à faire. Le directeur se décida finalement à mettre la main sur la poignée de la porte, mais un rire horrible le figea sur place. C'était son rire. J'arrêtais de respirer pendant un bref moment pour entendre le moindre bruit.
-Oh, on dirait que tu t'es pris une porte en plein visage ! Dit sa voix en riant. Je vais t'arranger ça !
Le surveillant était donc encore en vie, mais devait souffrir énormément en ce moment. Cette fois-ci, je ne voulais pas intervenir. Je ne voulais pas me retrouver sur son chemin. Je ne voulais pas encore vivre un cauchemar même si c'était ce que je vivais en ce moment même. J'entendis des hurlements de douleur qui venait de la victime du clown. Je me suis mise à pleurer, c'en était trop pour moi, j'avais trop vécu l'horreur aujourd'hui. Les cris du surveillant ne s'arrêtaient pas. Ses cris allaient me hanter. Ça semblait durer une éternité.
Puis les cris cessèrent. Silence total. Je n'entendais que mes sanglots.
Le directeur recula rapidement de la porte. Il avait enfin compris qui était de l'autre côté. Il jeta un regard inquiet vers moi, mes larmes lui répondirent. Il recula encore jusqu'à ce que son dos rencontre le mur du fond, près de là où j'étais.
-Les flics l'ont sûrement attrapé, pensa l'homme à côté de moi.
-Désolée de douter d'eux, mais je ne crois pas qu'ils l'aient eu, lui dis-je.
La porte s'ouvrit bruyamment et faillit éclater en morceaux. Je sursautais et regardais qui en était le responsable. Bien évidemment, c'était lui, mais je ne le vis pas. Seulement quatre badges de police volèrent dans la pièce pour atterrir près de nous. Ces badges appartenaient au groupe de flics qui observaient le corps de Jessica tout à l'heure. Ils étaient tous ensanglantés, c'était l'horreur.
« Aucune trace du meurtrier »
Je me rappelais bien avoir lu cette phrase dans l'article qui parlait de la fillette assassinée. Elle me revint en tête. Aucune trace, aucun indice, donc aucun témoin. Cela voulait-il dire qu'il voulait se débarrasser de tous les témoins, sans exception ? J'eus un rire nerveux.
-On va tous crever, soufflais-je.
-Ne pensez pas à ça jeune fille, on va trouver un moyen de sortir d'ici.
Il regarda autour de lui et vit la fenêtre, il s'en approcha et voulut l'ouvrir, mais elle semblait bloquée. Il la força, mais rien ne bougea. Il frappa le mur à côté à cause de sa colère.
-Merde ! Cracha-t-il.
Pendant qu'il tentait d'ouvrir la fenêtre, je fixais la porte grande ouverte. Je voulais sortir d'ici, mais c'était trop dangereux. J'avais tenté de réfléchir à un moyen, mais la peur m'en empêchait. Tout ce que je pouvais faire c'était fixer cette fichue porte. Je la regardais jusqu'à ce que je vois son ombre passer. Je ne bougeais plus d'un poil. Sa silhouette avait passé et n'était pas venue vers nous, pourquoi ? Une chance de sortir ? Je regardais le couloir qui était de l'autre côté de la porte. Les lumières s'étaient mises à clignoter. Problème de courant ? Ce n'était certainement pas la petite neige à l'extérieur qui en était responsable. C'était lui. Je me sentis attirée vers ce couloir. Ma tête me disait non, mais mon corps voulait absolument s'y rendre. Je me levais et marchais lentement vers la porte. Ignorant les avertissements du directeur, je me dirigeais vers le couloir tel un papillon de nuit étant attiré par la lumière d'une ampoule électrique. Ce fut lorsque le directeur tenta de me saisir le bras pour m'empêcher de sortir que je me débattis.
-Ne sortez pas de cette pièce ! Ça peut être dangereux ! M'hurla-t-il en tenant fermement mon bras.
-Lâchez-moi ! Dis-je en lui crachant au visage et en le frappant.
Je n'avais pas pris conscience de mon geste et je me défis de son emprise pour sortir du bureau. Il voulut me retenir une deuxième fois, mais dès que je passais le cadre de porte, il s'arrêta net. L'oiseau ne voulait pas quitter son nid. Je vis au sol une traînée de sang et un corps un peu plus loin. Le ventre du surveillant était grand ouvert et quelque chose le remplissait. Non, ce n'était pas des organes, c'était des bonbons.
-Revenez immédiatement dans le bureau, m'ordonna l'homme.
Je secouais la tête négativement. Je devais saisir ma chance de sortir d'ici. Cependant, un rire à glacer le sang me stoppa dans mon élan. Le directeur referma la porte de son bureau, ou plutôt ce qu'il en restait. Je me retournais et vis son ombre au fond du couloir, une arme brillait dans sa main. Une machette, pour être plus précise. Mes jambes étaient bloquées, mon corps refusaient de me laisser bouger, j'étais paralysée par la peur. Sa grande silhouette filiforme s'approcha de moi, très lentement. Ses yeux bleus aciers me fixant, je ne quittais pas son regard. Un sourire carnassier apparut sur son visage blanc. Il continuait toujours d'avancer et moi j'étais impuissante. Tout ce que je faisais c'était verser des larmes de peur. Il arriva à mon niveau et balada tranquillement sa lame sur la peau de mon bras. La tête baissée sur ce qu'il faisait, son regard était caché par ses cheveux noirs comme nuit. La lame de son couteau monta vers mon épaule pour ensuite venir vers mon cou. Il ne pressa pas sa lame sur ma peau, il ne faisait que la frôler. Celle-ci monta le long de ma gorge et arriva sous mon menton. Je dû lever la tête pour ne pas me faire couper. Le clown monochrome leva à son tour son regard vers moi, il n'avait rien de gentil ni de bon. Que de la pure folie se lisait dans ses yeux.
Plus rien n'existait autour de nous. Je ne voyais plus du coin de l'œil le bureau. Il n'était plus là, seul le noir régnait. Plus de lumières qui clignotaient, plus de traînée de sang. Que du noir et un meurtrier devant moi. Il approcha sa tête vers mon oreille et je pus sentir sa respiration.
-Wake up, my dear...
Je ne compris pas son message. Me réveiller ? Non, tout ça, c'était bien trop réaliste pour être un rêve, un cauchemar plutôt. Ou étais-ce vraiment que mon imagination ? Je fermais les yeux et entendis son rire lointain. Je sentis l'atmosphère se changer, l'air devenait de moins en moins lourd à respirer. Tout devint plus clair et j'ouvris les yeux.
Le petit attroupement autour de moi me confirma que c'était bel et bien un cauchemar. Je ne m'étais qu'évanouie, mais à quel moment ?
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Bloody Laughing {En correction/Terminée}
HorrorTout ce que je veux c'est un ami. Un ami avec qui parler, rire et oublier tous mes autres problèmes. Mon vœu s'exhaussa, mais pas comme je l'ai espéré. Notre rencontre ne fut pas des plus heureuse ni joyeuse. Ma vie a changé, mais pas du bon côté...
