Chapitre 6 (corrigé)

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Je relevais la tête et regardais les quelques personnes autour de moi. Je reconnus le directeur, le surveillant, mais pas la dame qui était en face de moi. Sa chemise blanche et son carnet dans sa poche me rappela vite que c'était l'infirmière de l'école. Une migraine me força à mettre ma tête entre mes mains. Sacré mal de tête. Mais c'était quoi tout ça ? Qu'est-ce qui s'était passé ?

-Que s'est-il passé ? Finis-je par demander en restant assise au sol, la tête entre les mains.

-Tu as trébuché en te dépêchant d'entrer et tu t'es cogné la tête contre le bureau, me dit le surveillant.

Je regardais la pièce autour de moi et vis que j'étais dans le bureau du directeur. Cela me prit quelques secondes à reprendre tous mes esprits. En fixant la porte, je me rappelais avoir vu le clown juste avant d'entrer. Oui, c'était ça, j'avais pris peur en voyant la silhouette du clown dans le couloir et je m'étais dépêchée à entrer dans la pièce, mais j'avais trébuché. Alors il n'y avait donc pas de surveillant mort, pas de trainée de sang, mais il y avait bel et bien une adolescente assassinée dans le couloir. Cette fille étant nul autre que Jessica. Ce monstre m'avait foutu une trouille bleue, mais alors, on pouvait rêver quand on était évanouie ? Il me semblait que non, mais c'était bel et bien ce qui s'était passé. Lui, c'est le responsable de tout ça, je le savais. C'était la seule chose qui me semblait logique dans tout ça. Ça ne pouvait pas être qu'un simple cauchemar.

-Tiens Maddy, me dit l'infirmière en me tendant de la glace dans un sac, mets ça sur ta tête. Ça va aider.

Je la pris et mis la chose froide sur ma tête, à l'endroit où la douleur était insupportable. Le bureau ne m'avait pas manqué, je ne l'avais pas manqué en fait, j'allais avoir un beau bleu sur la tête. Ma cuisse entaillée, mon bras plein de bleus, ma tête bossue, et quoi d'autre maintenant ? Je préférais ne pas y penser.

-Allez la conduire à l'infirmerie, ordonna le directeur à la femme.

Le surveillant jeta un regard dur sur moi. Il voulait tant m'accuser pour tout ça ? Non mais je rêve ! Il ne pouvait pas juste se convaincre que c'était de la peinture et non du sang sur ma veste et se la fermer ? Malgré son regard, il ne dit rien. Il regarda la femme et moi quitter la pièce pour s'engager dans le couloir. Il semblait avoir abandonné l'affaire, c'était une bonne chose. Je le vis quitter à son tour le bureau puis se diriger en direction opposée à la nôtre. Mon mal de crâne et la douleur soudaine à ma cuisse me fit vite comprendre qu'il ne fallait pas que je marche rapidement. Je ralentis l'allure, mais suivis tout de même l'infirmière. Elle m'inspirait déjà plus confiance que les deux autres hommes.

-Tu peux t'étendre là, me dit-elle en arrivant dans une pièce au mur blanc et en me pointant un petit lit.

La pièce étant blanche, elle n'était pas ennuyante du tout, elle était bien décorée et ne ressemblait en aucun cas à une chambre d'hôpital. En gros, c'était une belle petite pièce accueillante. Je m'étendis sur le matelas et remontais l'oreiller pour pouvoir m'y adosser. La femme sortit son carnet et l'ouvrit.

-Maddy... Maddy Cooper c'est ça ? Me demanda-t-elle en regardant une page de son cahier.

-Oui.

J'évitais d'hocher la tête, la douleur était toujours présente.

-Bien, ton absence en cours sera motivée. Je vais appeler tes parents pour venir te cher....

-Non ! La coupais-je.

Je m'étais soudainement levée et je la fixais. Elle écarquilla les yeux en me voyant.

-Comment ça, non ?

-Je ne peux pas rester ici ? La suppliais-je du regard.

-Tu vas être mieux chez toi, non ? Et puis avec ce qui s'est passé, il y a très peu de chance que l'école demeure ouverte aujourd'hui.

Si seulement elle pouvait savoir l'horreur que je vivais chez moi. Je me retins de dire les détails, mais je ne voulais vraiment pas retourner chez moi. Une autre chose me vint en tête, il était encore ici. Il était probablement caché dans l'ombre en ce moment. Quelque chose me disait qu'il n'avait pas encore quitté les lieux. Dans les deux cas, je me retrouvais en enfer. Se faire battre à la maison ou mourir assassinée dans un couloir de l'école par un psychopathe hors du commun ?

Je souhaitais tout de même rester ici le plus longtemps possible.

-Je préfère rester ici, lui dis-je.

Elle hocha lentement la tête et se remit au travail dans la paperasse de son petit bureau. Au moins, elle ne chercha pas à comprendre pourquoi. Je la regardais remplir des dossiers puis mon regard se posa sur la porte, elle était fermée, mais peut-être pas verrouillée.

-Est-ce que la mort vous fait peur ? Demandais-je au hasard à l'infirmière en fixant un point vide dans la pièce.

-Pourquoi cette question ? Me demanda-t-elle en me lançant un drôle de regard.

-Je ne sais pas trop...

-Eh bien, je n'ai jamais pris le temps d'imaginer ce que c'était après la vie, mais je préfère profiter de celle-ci au maximum avant qu'il ne soit trop tard. Je ne veux pas perdre mon temps à imaginer quelque chose dont personne n'aura la réponse un jour.

Je m'attendais à ce qu'elle me demande si j'avais des envies de suicide à cause de ma question, mais elle redevint silencieuse. Je fermai les yeux un instant pour essayer de faire disparaître mon mal de tête. Hélas, ça ne disparaissait pas comme par magie. Une pensée me fit rouvrir les yeux.

-Vous semblez bien tranquille, savoir qu'une fille a été tuée ici ne vous rend pas anxieuse ? Lui demandais-je.

-J'arrive à garder mon calme, les policiers s'occupent de l'affaire de toute façon, finit-elle par dire.

-Mais il devrait y avoir plus de flics sur le périmètre de l'école, non ?

-Ces temps-ci, il y a beaucoup d'appel pour déclarer des meurtres sanglants et il y a moins de police disponible pour intervenir. Cette dernière ne sait plus trop quoi en penser.

-C'est bizarre, conclus-je.

Je fis disparaître les pensées morbides de ma tête et je refermais les yeux pour me reposer. J'espérais ne pas m'endormir dans un cauchemar cette fois-ci. D'un côté, je voulais me reposer, mais de l'autre, j'avais peur qu'il revienne et me tue dans mon sommeil. Il fallait que je pense à autre chose, j'allais devenir folle si ça continuait.

Alors que j'étais pour compter les moutons, on toqua à la porte. Je me relevais soudainement. Pendant un instant, j'ai cru que c'était lui, mais lorsque l'infirmière alla ouvrir, je vis que ce n'était que la police. Je me détendis et écoutais leur conversation.

-Désolé de déranger, mais on doit évacuer l'école. Il y a eu un incident et tous les occupants du bâtiment doivent nous laisser le champ libre pour enquêter, dit la police.

Pas besoin de cacher la vérité, plus de la moitié de l'école savait ce qui s'était passé.

La femme me fit signe de la suivre et je me levais du lit pour la rejoindre. Le haut de ma jambe recommençait lentement à me faire souffrir. Je fis une légère grimace de douleur lorsque je me tins debout, mais ce ne fut pas assez discret pour l'infirmière de l'école. Elle me regarda puis ma jambe, je déposais mon regard sur celle-ci puis vis une tâche rougeâtre. Merde, la plaie s'était ouverte.

-Ça va, je vais bien, la rassurais-je.

Elle ne semblait pas du tout convaincue. Malgré la douleur, je sortis de la petite pièce et suivis un groupe de jeunes qui se dirigeait à l'extérieur. Arrivée dehors, je vis le directeur qui s'adressait à tous les adolescents. Il nous demanda de retourner chez nous pour rester en sécurité, les cours étaient suspendus pour un temps indéterminé.

Génial, je devais retourner en enfer.

Bloody Laughing {En correction/Terminée}Des histoires addictives. Découvrez maintenant