Chapitre 11

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«C'est un portail, lança Azael en désignant la grosse boule violâtre qui nous faisait face. Grâce à elle nous allons pouvoir nous rendre dans l'Autre Côté. Mais bon c'est un classique tu en as déjà entendu parler dans tous les livres et tous les films fantastiques. Mais ceux là sont un peu différents que tous ceux que tu as pu déjà rencontrer. En effet les vrais portails magiques, ne fonctionnent pas comme dans les films. Ils ne sont pas vraiment magiques d'ailleurs c'est plutôt une technologie avancée. En effet, tu dois rentrer dans la tablette juste ici, le nom de l'endroit où tu veux aller. Certains, les plus connus, sont déjà répertoriés. Tu n'as qu'à les sélectionner. Il faut néanmoins des pouvoirs magiques pour pouvoir voir et se servir des portails dimensionnels. Mais c'est pas sorcier ! vas y essaye.»

Ma main se positionne sur la tablette et mes empreintes sont immédiatement identifiées. Une photo inconnue de moi apparaît. Je ne me souviens pas l'avoir prise. D'ailleurs dessus, ma bouche tire une moue que je n'ai pas l'habitude de faire. Je laisse ces pensées de côté et m'apprête a sélectionner notre destination.

«Appuie sur Mabake»

J'exécute et enfonce la touche qu'il m'a indiqué. Soudain, le nuage violet se transforme en porte. Une porte toute en bois et entièrement recouverte de lière et de fleurs. Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi beau (a part peut être Azael). Je pose ma main sur la poignet et commence à la descendre doucement. Derrière, un magnifique paysage s'offre a nous. Une forêt, des montagnes, des papillons, l'image clichée d'une paysage extraordinaire. Je regarde Azael émerveillé. Lui n'as même pas jeté un oeil au paysage. Il est concentré sur moi et mon sourire. Je dois ressembler à une enfant de 2 ans qui apprends à marcher ! Après plusieurs pas dans la mousse, je continue mon chemin au milieu de cette jungle. De partout, des dizaines de lianes pendent des arbres. Des animaux au physique plutôt atypique vivent et évoluent en toute liberté. Rien ne peux les distraire. Pas même notre présence. On dirait qu'ils ont construit un véritable lien avec les humains. Enfin avec nous quoi. C'est incroyable. Azael me suit de près, il m'observe, attentif a chacun de mes gestes. Je sens qu'il est très protecteur et me demande de faire attention, de ne pas courir trop vite, de regarder là où je mets les pieds ..

«- Viens suis moi, je veux t'emmener dans un endroit très particulier. Tu as le vertige ?

- Pas du tout ! J'ai déjà fais une initiation à l'escalade !»

Et je ne mentais pas! Au pensionnat nous avions le droit à une initiation sportive par mois. J'avais adoré ma brève expédition sur les rochers. Cette impression de voler, mais en même temps ce frisson quand on aperçoit le vide dans lequel on pourrait tomber si rapidement. 
Après plusieurs minutes de marches, nous débouchons dans une clairière, les arbres ont laissés place à l'herbe et aux fleurs.

«Alors April, bienvenue dans le Lorange. Ici, la pesanteur ne fais pas effet, et ainsi, tes pouvoirs peuvent être exprimés sans les restrictions du monde magique. Mais ici, tu peux aussi ..»

Tout à coup il mit un pied dans le cercle d'herbe et instantanément, se mit à flotter comme un ballon.

«T'envoler ! reprend t'il fier de son petit effet. Tu n'as qu'à mettre un pied dans le cercle, et la magie fera le reste.»

Il me tendit la main, comme une invitation à le rejoindre dans ce monde féérique. Quand mes orteils rencontrèrent le sol dur, je sentis aussi que mon pied voulait quitter le sol. Lorsque mon corps entier pénètre dans le rond, plus rien ne me retient et je m'élève dans le ciel. Cette sensation .. c'est hallucinant ! Beaucoup de rumeurs confèrent aux vampires les pouvoirs de voler, ou se transformer en chauve souris. Mais nous ne pouvons faire ni l'un ni l'autre. Être un vampire consiste juste à réclamer du sang en permanence. Pas de force surhumaine, ni un pouvoir de séduction extreme. Juste l'appel du sang.D'ailleurs, cela fait longtemps que je n'ai pas ressentis le besoin d'avaler un peu de ce liquide rouge. Depuis mon arrivée à Atlasits, mes envies se sont calmées. 
Tout à coup, je sens des doigts frôlés les miens. La main d'Azael attrape doucement la mienne.

«-Tu es belle quand tu es heureuse. Je préfère le comportement que tu as aujourd'hui plutôt que celui que tu avais hier.

-Je ne comprends pas ... Je n'ai pourtant pas l'impression d'avoir été aussi désagréable que tu le prétends ..»

Et c'était la vérité. J'essayais tant bien que mal de me souvenir de la journée d'hier, mais rien a faire. Je ne me souvenais de rien. Ce paysage était d'ailleurs trop fantastique pour que je me soucis de quoi que ce soit d'autre des lèvres d'Azael qui se rapprochaient dangereusement des miennes.

April HolmesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant