PDV EMILY.
Elle avait mal. Terriblement mal. Tout son corps était traversé par une douleur telle qu'elle avait envie de pleurer. Mais elle ne pouvait pas. Elle était incapable de bouger, incapable d'ouvrir les yeux, incapable de parler même. Pourtant elle essayait. Elle essayait, encore et encore. Elle voulait voir si Aaron était vivant. Elle voulait savoir si ses enfants allaient bien. Elle voulait voir de ses propres yeux les dégâts que Doyle avait fait. Et surtout, elle voulait savoir si cette enflure était morte.
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Trois jours. Trois longs jours qu'elle était allongée ici, sans pouvoir bouger. Elle n'avait toujours pas réussi à ouvrir les yeux, malgré tout ses efforts. Chaque matin, une infirmière passait voir si tout allait bien, elle lui parlait, bien qu'Emily était dans l'incapacité de répondre. Et dieu sait qu'elle aurait aimé.
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Une semaine. Une semaine qu'elle était dans cette espèce de coma avec une douleur de plus en plus intenable, qui la cisaillait de part en part. Elle entendait le va et vient des médecins, sans jamais pouvoir réagir. Parfois, ils s'arrêtaient dans la pièce, discutaient quelques minutes puis repartaient.
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Quinze jours. Quinze jours qu'elle était ici et elle n'en pouvait plus ! Elle voulait bouger, ouvrir les yeux, se réveiller, crier au monde entier qu'elle allait bien. Elle voulait serrer Aaron dans ses bras, voir enfin ses bébés, rire, pleurer, souffrir, vivre.
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Trois semaines. Trois longuement semaines. Les médecins avaient choisis de la mettre dans le coma, pour éviter qu'elle ne souffre plus que nécessaire. La bonne blague. Bien évidement qu'elle souffrait. Mais bien sur, ça, elle ne pouvait pas le dire. Seulement, elle ne savait pas ce qui était le plus pénible entre la souffrance physique qu'elle ressentait ou bien celle morale, de ne pas savoir comment sa famille allait.
Elle se figea lorsqu'elle entendit un bruit, devenu familier au fil des semaines. La porte de sa chambre venait de s'ouvrir. Elle écouta, longuement, mais ne reconnu pas la démarche des infirmières ou des médecins. Elle entendit un bruit de chaise traînée puis, quelqu'un lui prit la main.
- Emily...
Cette voix... Elle la reconnaîtrait entre mille. Aaron. Il était vivant.
- Si tu savais comme j'aimerai que tu ouvres les yeux...
Elle le sentit dessiner des ronds sur le dos de sa main. Dieu qu'elle aimait ça... Elle pourrait rester ainsi pendant des heures et des heures, à juste sentir sa peau contre la sienne.
- Nos bébés vont bien. Ils ont déjà bien grandi et bien changé. J'ai pris des photos, pour te montrer leur évolution. Ils sont toujours à l'hôpital, mais leurs jours ne sont plus en danger. Notre fille te ressemble beaucoup. Elle a tes grands yeux noisettes et ton petit nez. Notre fils, lui, a la couleur de tes cheveux. Oui oui, il a déjà des cheveux. Ils sont tellement beaux. Jack est ravi d'avoir des frères et sœurs, ainsi que Leandro, même si il ne se rend pas bien compte de la situation. J'ai l'air complètement pathétique à te parler alors que tu ne peux pas me répondre et que tu ne m'entends probablement pas. Mais j'en ai besoin.. J'ai besoin de toi...
Elle eut un pincement au cœur. Il avait l'air tellement vulnérable... Elle sentit une larme s'écraser sur sa main. Il pleurait.
- Tu me manques tellement Emily... J'ai besoin de toi... Je veux que tu te réveilles... S'il te plaît... Tu me manques, tu manques à Jack, à toute notre famille. Leandro ne fait que pleurer, les jumeaux ressentent ton absence... Je ressens ton absence... Oui, moi aussi j'ai des émotions, ria t-il, malgré tout.
Emily aussi avait envie de sourire mais elle ne pouvait pas. Intérieurement, elle pesta. Elle sentit le lit bouger et se demandait ce qui se passait lorsqu'elle sentit son homme, blottit tout contre elle. Elle devinait sans mal qu'il s'agissait de lui. Son odeur, sa peau, son souffle... Petit à petit, son esprit cessa de vagabonder et sombra dans les bras du sommeil.
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Un mois avait passé, et elle n'avait toujours pas ouvert les yeux. Elle en avait marre d'être dans ce corps sans vie, prisonnière. Depuis une semaine, Aaron venait tous les jours. Il s'asseyait près du lit, prenait la main d'Emily dans la sienne et lui parlait. De tout, de rien, de leurs enfants, de la vie sans elle, de Doyle, de sa blessure, du fait qu'elle lui manquait. Parfois, il s'effondrait en larmes avant de se ressaisir et de la prendre dans ses bras.
Toute l'équipe avait défilé ces derniers jours. Emily avait appris que JJ essayait d'épauler Aaron, au même titre que Rossi. Elle éprouvait un certain soulagement de savoir son homme aussi bien entouré et elle ne remercierait jamais assez ses amis pour ça. Aussi, Morgan était sortit de l'hôpital, devant se reposer, malgré ses protestions. Apparemment, Garcia veillait au grain au repos de son beau brun, ce qui n'avait pas manquer de faire rire Emily, intérieurement. Reid quant à lui, était toujours ici. Mais son état s'améliorait de jours en jours, au grand soulagement de tous. Emily voyait encore le Kid s'interposer entre elle et Doyle. Mais qu'est ce qui lui était passé par la tête ?! Si il était dans sa phase « super-héros », ce n'était vraiment pas le moment ! Elle aurait pu le perdre, uniquement par sa faute... Jamais elle aurait pu se le pardonner.
Elle fut sortit de ses pensées lorsqu'elle entendit la porte de la chambre s'ouvrir. La personne avança, tira la chaise, et s'assit près du lit. Elle ne reconnaissait pas Aaron. Une odeur forte de parfum emplit la pièce si bien que ça en devenait presque écœurant.
- Emily...
La jeune femme écarquilla la yeux (ou du moins, sa conscience).
- Tes bébés sont magnifiques. Ils te ressemblent beaucoup, même si ils ont également les traits de leur père.
Elle pensait rêver. Si elle aurait pu, elle se serait pincée.
- Ma petite fille...
Elle entendit la personne sangloter.
- Nan mais je rêve ?! S'écria Emily, intérieurement. Il faut que je sois mourante pour entendre ma mère pleurer ?!
- Bonjour mon amour je... Oh ! Madame Prentiss !
Visiblement, Hotch venait de rentrer dans la pièce.
- Hotch.
Silence gênant. Un bruit de chaise traînée résonne dans la chambre.
- Je ne vous mets pas dehors.
- Je préfère vous laisser. De toute façon, je suis à Quantico pour un moment. Je repasserai.
Emily eut envie de rire lorsqu'elle les entendit se dire au revoir de façon maladroite. Le silence prit alors place dans la chambre jusqu'à ce que Aaron reprit sa place habituelle, sur la chaise, à côté du lit. Avec amour, elle le sentit caresser sa joue et elle frissonna, de façon imperceptible. Puis, comme à son habitude, il se mit à lui raconter sa journée, à parler de l'évolution de leurs bébés. Comme à son habitude, elle l'écouta, incapable de répondre. Elle se mit à la regarder dans les yeux, se noyant à l'intérieur. Aaron avait cessé de parler et elle se demandait pourquoi. Pourtant, elle continuait de le fixer. Lorsqu'elle vit une larme couler le long de la joue d'Aaron, elle ne comprit pas. Elle essaya d'étendre sa main pour lui effacer mais elle en était incapable, bien trop faible.
- Emily... Murmura t-il.
Elle ferma les yeux, afin de savourer ses paroles, avant de les ouvrir à nouveau. Une minute. Les ouvrir ?! Elle jeta de rapides coups d'œil autour d'elle avant de regarder à nouveau Aaron.
- Je... Je suis...
Elle n'arrive pas à continuer, sa voix était beaucoup trop rauque et cassée pour qu'elle puisse parler. Un long silence s'installa mais pas un silence gêné, non. Un silence reposant, calme, pendant laquelle ils avaient entamé une discussion silencieuse, dont eux seuls avaient le secret. Il attrapa sa main et la caressa en douceur.
- Bonjour Emily, souria t-il, les larmes aux yeux, la voix tremblante.
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Emily : "La fin d'une histoire est aussi le commencement d'une autre. La seule chose, c'est qu'on l'ignore à ce moment-là."
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Retrouvailles
FanfictionCe qui devait être à la base une sorte de OS ou de mini-fic s'est transformé en véritable fanfiction et ce grâce à vous, qui m'avez poussé à continuer. Je ne vous remercierai jamais assez car je prends un plaisir immense à écrire cette fic. Et merci...
