Le coeur.

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Jeudi, 10 septembre.

Je n'ai pas rêvé cette nuit, probablement parce qu'il faisait trop chaud. Je me suis réveillé à 5 sans être capable de me rendormir.
Mon premier cours était à 8 heure.
Mais mes cours sont terminés.
Je trouve debout près de mon arrêt de bus. La musique de mes écouteurs copient le rythme des gouttes de pluies qui tombent sur le sol. La mélancolie d'une journée ombrageuse et terne se pointe dans les yeux des piétons qui pensent anxieusement au confort de leur lit et au désastre de cette triste journée. Les routes sont sombres, les bâtiments s'affaissent sous les assauts incessantes de la pluie et du ciel qui gronde. Celui-ci manque de couleur, le bleu se transforme en gris. Tout cela est pimenter du léger noir des nuages qui vient engouffrer la ville de sa puissante torpeur.

Maintenant assis dans le bus, le fond de celui-ci fut ma première attirance, les pieds accrochés sur le banc devant moi et mes oreilles dans le confort de ma musique. J'essaie d'essuyer les larmes qui se posent sur la fenêtre. Ces goûtes aussi intenses que les larmes d'une peine d'amour effleurant notre visage en y sculptant le nom de notre plus grand amour. Les gens dans le bus sont aussi fades que la météo, leur visage visé sur leur cellulaire et leur écran qui illumine leurs yeux d'une lumière apaisante. Nul ne se regarde, nul ne se parle ou ose déranger le son du moteur qui vibre. Rien ne s'active et tout se détend, lentement, sûrement, pendant que je sombre dans un sommeil éveillé.

***

- Est-ce que tu sais pourquoi tu m'aimes?
Le foyer est éteint, les bûches manquent de se faire calciner. L'air frais commence longuement à se faire ressentir.
Elle pose sa joue sur mon torse et recouvre le haut de sa poitrine nue du drap. Elle a du attraper froid, encore.
- Je ne sais pas.
Elle affiche une mine déçue.
- Oh...
- C'est pas moi qui choisit.
- C'est qui?
Son regard innocent s'illumine.
- On peut dire que mon cœur à choisit d'aimer le tiens.
Elle sourit à pleine dents et me regarde dans les yeux avec joie et tendresse. Elle enfoui sa tête dans mon cou, enroule ses bras autour de moi et y sert son corps dénudé. Je place à mon tour mon bras dans son dos, caressant légèrement ses cheveux et dépose un baiser sur son front. Sa respiration suit la mienne. Son souffle vient me caresser délicatement la peau. Je peux admirer ses charmantes lèvres et les fins traits de son doux visage. Je peux m'épanouir à cette vue et examiner son innocence. Ses yeux fermés, inconsciente que je l'a regarde avec passion. Inconsciente de ce qui ce passe autour, inconsciente des étoiles dans le ciel noir, inconscient de la neige qui s'apprête à fondre et de la lune qui plombe. Je l'a regarde et souris. Je souris à pleine dents et sens l'air froid à travers mon corps. Ce sentiments de bien-être qui noie mon coeur dans le bonheur et qui se dirige lentement mais sûrement vers mes yeux touchant pour la première ce que je ressens profondément. Une larme coule sur ma joue. Et une autre. Et une troisième.

Je sens pour la première ce que peut être l'amour.

***

Le bruit du bouton d'arrêt retentit et me sort de ma torpeur. Le bus s'arrête.
Je rêve encore, je rêve toujours.

Je prends mon fardeau, pousse avec rage la porte du bus et me retrouve dehors sous la souffrance de la pluie. Le ciel est noir, mes yeux aussi.
J'arrache mon sac de mon épaule et l'envoie sur la cabine de bus. Le son atteint à peine ma rage.
Ce n'est pas assez. J'en veux plus.
Je fourre furieusement mon poing dans la vitre. Un vacarme se fait entendre pendant que la jeune femme assise dans la cabine croise ma foudre et part en courant. Ma respiration s'accélère au même débit que les gouttes de pluie. La douleur atteint finalement ma main, me donnant enfin l'impression de ressentir quelque chose.
Je prends un pas de distance, l'instance, la glace est intacte et mon reflet y apparaît. Mes cheveux châtains se présentent, tournant presque noir résultat de la peinture de l'eau qui tombent. Mes yeux bleus, aujourd'hui foncés, dévisagent une silhouette; moi.

Moi.

Je serre mon poing, grince les dents et baisse la tête avec aversion. Les goûtes de pluies s'étouffent sur ma peau, une par une, glissant, gisant sur ma joue et se déversent sur le sol. Inerte mais pleine de vie, elles meurent tous de vie comme je meurs de douleur.
Une par une, les goûtes tombent et se transforment tristement en quelque chose d'acide, rongeant le tour de mes yeux, jusqu'à rendre claire ma vision, et viennent se déverser autour de mes lèvres.
Une par une. Toujours une par une, comme plusieurs coups de couteau dans le dos, d'autre sur le cœur. Les goûtes gravent mon visage avec haine, se frayant un chemin sur ma peau comme l'océan fait avec les rives. L'océan se fraie toujours un chemin. L'océan de l'amour détruit tout sur son chemin. La pluie m'a emporté, mes larmes m'ont détruites.

Je lève la tête avec peine et regarde ce qui reste de moi. Le peu qui reste se glisse devant moi pour la première fois dans un mélange de haine et d'effroi. Mes cheveux essaie de cacher mes yeux. Mon sombre regard vient se cambrer dans son reflet et emporte sa colère dans l'ombre de cette journée.
J'y vois ses yeux, son visage, sa main dans ma main et ses lèvres qui effleurent les miennes, son sourire vient finalement blanchir mes yeux. Mon poing se lève, levant les yeux aux ciels tel les vents d'été, mes yeux se mutilent, mon cœur se crispe. Ce qui s'est levé vient haineusement se perdre dans la fragilité de la vitre. Le miroir se fracasse et les morceaux scintilles sur le sol. Mon cœur brisé se relâche et y voit autre chose que des débris. Mon poing saigne, mes yeux feignent devant ce tourbillon d'éclats. Une dernière larme coule sur mon visage. Un dernier souffle de tristesse transperce mes poumons. Le ciel tombe comme un mirage. Ma bouche s'ouvre et laisse sortir un dernier son:

-"Je t'aime, Sofia."

Titre [En cours d'écriture]Des histoires addictives. Découvrez maintenant