Mardi, 11 septembre 2017.
Je suis confortablement assis dans la salle à manger et je lis mon livre de littérature que je dois terminer pour mardi prochain.
- Ça va? dit Émilie en sirotant son thé.
Je tourne la page.
- Oui vraiment, lui répondis-je en souriant aux nouvelles pages qui se trouvent devant moi.
- Étonnant.
Je dépose le bouquin, lève brusquement les yeux vers Émilie qui, elle, a les yeux rivés vers la télé, et replonge mon esprit dans les mots. Je lis quelques lignes et je commence à perdre le fil. Les mots s'évaporent dans ma tête et mes yeux tournent autour des consonnes. Rien ne rentre et rien ne veut sortir. Je dépose une autre fois le livre et ma tête commence à peser une tonne. Je fourre ma tête dans la paume de ma main droite et écoute le silence qui sautille. Le soleil éclaire encore la fenêtre et la chaleur vient m'irriter. Entre chaque intonation sonore je perçois un dérangeant silence. Je me lève furieusement, lance mon livre dans mon sac, prends celui-ci et me dirige vers la porte d'entrée.
- Tu t'en va o...
La porte claque et le soleil se trouve devant moi. Je marche vers ma voiture et m'enfonce à l'intérieur. Le chant des oiseaux s'adoucit et le bruit de la ville aussi. Je sors mon cellulaire de ma poche gauche et signale le numéro de Nev. Après cinq sonneries elle décroche:
- Hey, dit-elle
Je frissonne juste à attendre sa voix.
- Hey.
La chaleur se dissipe lentement.
- Ça va?
« Non. »
- Ouais. Tu es libre ce soir?
- Non pas ce soir je ne peux p...
- Je viens te chercher dans 20-25 minutes.
Quelque seconde.
- Okay.
- À tantôt.
- On va où?
- À tantôt.
Elle soupire.
-"D'accord à tantôt."
Je raccroche, laisse tomber mon cellulaire sur le siège passager et lâche à mon tour un soupir. Les arbres et le léger vent suivent mes plaintes pendant que quelques feuilles viennent se poser sur le pare-brise. Un jeune homme se déplace, sur le trottoir de l'autre côté de la rue, avec la tête baissée laissant croître derrière lui un nuage de désarroi. Il arrive devant les marches de ce qui semble être sa maison et s'assoit. Il ne bouge pas et plonge sa vue dans le néant. Ses yeux visés sur rien d'intéressant. Il plonge sa main droite dans ses cheveux pendant que je plonge la main gauche dans les miens. Il tourne la tête vers moi et m'aperçoit à travers la légère brume des vitres teintées. Sa tristesse est apparente, sa misère est agressante. Son regard est vide, perdu dans quelque chose ou quelque part, comme s'il était enchaîné, prit prisonnier, hanté. Je frissonne de manière aiguë et froide. Je ressens sa mélancolie, sa plus profonde tristesse et son fardeau qui vient peser sur le mien. Je détourne ma vision de son tourment. Son regard m'a emporté dans sa sombre torpeur. C'est lourd, noir, vide de lumière, assoiffé de souffrance. Son regard plane la vie comme les corbeaux font sur un champ de bataille. Je frissonne encore une fois et sens une forme de tristesse m'envahir, comme lorsque j'ai une impression de déjà-vu. L'homme se lève, remballe son malheur et disparaît lentement dans la noirceur de sa demeure.
Je le connais.
Je démarre l'auto et laisse le moteur rouler pendant quelque minutes pour prendre le temps de réfléchir à où est-ce que j'aurais pu avoir vu ce mec. J'étouffe la réalité et plonge dans ma mémoire au complet, mais ne trouve rien. Absolument rien.
-"Fuck!"
Je cogne mon front sur le volant, démarre rapidement l'auto et m'enfonce sur la rue. Première vitesse, deuxième, troisième. Une voiture qui se perd dans mon rétroviseur. Mon sang qui coule s'écoule, et mon cœur qui bat avec vigueur. Une deuxième voiture qui prend le bord et ma poitrine qui émet encore plus fort. Les lumières passent, les voitures se dépassent. Les pneus s'activent et hurlent leur désespoir sur la chaussée. Le temps s'arrête et j'étouffe ma colère sur les minutes écoulées.
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Titre [En cours d'écriture]
Storie d'amoreOn t'a peut-être déjà dit: "Hey toi, t'as tu un rêve?" puis la seule réponse que t'as eu fut de lever les yeux au ciel espérant que ce soit écrit quelque part dans les nuages. T'as cru que c'était ça y croire. Que tes rêves étaient trop grands pour...
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