Chap 1 ( 3e partie )

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A l'extérieur de la grande demeure, les gardes-du-corps faisaient les cent pas. Certains tournaient en rond près des voitures, en plein milieu de la seconde cour; et d'autres, près de la deuxième barrière.

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Maison de La Doña, à la salle à manger|_M.D.Sa

Felipe s'excusa auprès de sa belle-soeur de ne pas les attendre pour passer à table; il s'était précipité sur le repas. Sans doute, avait-il faim suite à cette séance quasi-mortelle de baise qu'il venait de passer dans la chambre de son épouse.
Il enchaîna :
- Mais bon, tes mets sont délicieux!
- Je suis contente que ça te plaise. Et, tu n'as pas à t'excuser hein, c'est bien pour toi que je l'ai cuisiné, ce plat. Bien sûr, pour ton anniversaire, je veux dire.

Regina qui se tenait de l'autre côté de la table, le regardait déguster chaque morceau porté à sa bouche.

- Je t'en remercie, belle-soeur. C'est très très bon. Il prit une petite fourchette avant de dire : tes petits plats m'ont toujours réanimé, tu sais.
- J'en suis heureuse, fit-elle.
Elle prit l'une des chaises en face de lui, et s'assit, intriguée.
- Mais bon, pourquoi devrais-tu être ranimé?

La conversation devint plus sérieuse.
Felipe machait encore le bout d'aliment qu'il avait prit quand il explica :
- Parce que c'est très dur pour moi d'arriver à comprendre ta soeur.

Regina voyait bien où il voulait en venir: sa femme ne lui donnait pas la confiance, l'appréciation, l'attention et l'amour dont il avait besoin.

- Nous avons à peine cinq ans de mariage, et je la sens chaque jour un peu plus élognée de moi. Je ne sais plus comment la combler.

Felipe joignit ses doigts. Pendant un moment il laissa parler l'homme politique qui résidait en lui, celui qui analysait tout et se savait leader de tout et tout le monde; celui qui avait sous son contrôle quel que soit la situation. Mais, malheureusement il ne l'avait pas sur sa vie maritale comme il croit l'avoir sur sa vie professionnelle. Felipe pressentait que son mariage partait en couille.

Regina chercha à le rassurer.
- Eh bien... c'est peut-être parce qu'elle a beaucoup à faire au boulot...
- C'est précisément ça, le problème. Elle s'intéresse beaucoup trop au travail et au pouvoir. Parfois, je me demande même si elle est avec moi parce qu'elle m'aime ou pour ma carrière politique.

Regina savait tout de sa soeur; elle savait très bien comment est Altagracia. Et, malgré son admiration pour Felipe et la tendresse qu'elle lui porte, elle ne lui dit rien. Elle aimait trop sa grande soeur pour trahir ainsi leur secret. Altagracia et sa fille sont tout ce qu'elle reste au monde. Si elle sa femme ne lui a rien dit, c'est peut-être parce qu'elle ne veut pas qu'il soit au courant.

Le Député ajouta :
- Et, à dire vrai, ça me préoccupe beaucoup, d'où pourrait la mener son ambition.

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•~_M.D.Sd

Pieds nus, couverte d'une chemise de nuit fin tissu noir laissant paraître tout son corps, Altagracia se dirigea vers son coin de vêtements. Tout était à sa place, dans ce dressing. Il était presqu'aussi grand que la chambre. La partie faite de bois polie, d'où il y avait de grands miroirs, ses accessoires de maquillages, ses parfums et tout, était située bien en face de la chambre. Puis venait l'autre, celle de droite, peinte de blanc; là, étaient placés tous ces habits si luxieux, ses sacs à main et, ses nombreuses paires de chaussures. Altagracia poussa légèrement l'une des grandes armoires blanches sans portes, confondues au mur, vérifia que personne ne l'espionnait et referma le passage. Après quoi, elle s'orienta vers un couloir ténébreux, et s'y faufila doucement. De là, elle parvint à sa pièce secrète; cette pièce représente son intimité, la vraie Altagracia. N'étant éclairé que par des bougies jonchant le sol, et des lampes pourvues d'une pareille lumière, c'était un endroit aussi sombre que son passé. À sa gauche, il y avait accroché trois photos : en premier lieu venait celle d'un adolescent, deuxièmement celle d'un homme, suivie de celle d'une femme. C'était de modestes gens. Il y avait des bougies parterre, partout éparpillées. Mais, il y en avait surtout dans l'autre pièce ajointée à la première qui, positionée en face d'une troisième, formait le symbole trinitaire. Mieux encore, cela pyramidait la mythologie égyptienne. Altagracia s'installa au beau milieu. Elle représenta alors l'oeil de Horus.

La Doña 3 Où les histoires vivent. Découvrez maintenant