Chapitre 14 : L'incandescence

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Alors que le paysage forestier s'urbanisait peu à peu, le regard des jeunes gens fut de nouveau attirer par l'extérieur, les vitrines des magasins qui illuminaient les rues, les explosions de couleurs à chaque parcelle de ville, la foule pressante, les bruits de la circulation, tout leur revenait, c'était si familier et pourtant, si lointain, si étranger, tout ce monde autour d'eux avait bel et bien continué de tourner, d'avancer, de grandir, c'était beau et étrange, inquiétant et attirant, tant d'éléments contradictoires qui se bousculaient dans leur tête. Les deux adultes émirent un léger rire à la vue du comportement enfantin des deux pensionnaires, deux gamins qui redécouvraient la vie, le monde réel, et c'était touchant.. Le véhicule une fois stationné, le petit groupe sort dans l'avenue bondée de monde à cette heure ci, par réflexe Thomas s'accrocha au bras du plus grand pour se trouver un repère.

"Ne vous inquiétez pas tout se passera bien tant que vous resterez avec nous. fit Guillaume à l'attention des deux garçons avec un sourire rassurant."

Les concernés répondirent simplement par un hochement de tête, si cette phrase semblait officiellement seulement avoir pour but de détendre un peu les deux protagoniste, officieusement elle les avertissait surtout que s'ils s'enfuyaient tout risquait de dégénérer rapidement.. Mais ils n'avaient nullement l'intention de se faire la malle, à quoi bon d'ailleurs..? Ils n'avaient nulle part où aller, et puis ce monde inconnu ne leur ferait pas de cadeau, il n'avait aucune chance de "survivre" là dehors..

Les quatre hommes se murent alors dans la masse grouillante d'individus aux milles visages, si semblables malgré leurs différences.. Effrayant, c'était le seul mot qui pouvait qualifier cette masse qui se mouvait dans les rues de la ville aux yeux de Thomas et Damien. Ils avaient tous l'air si triste, ils étaient libres eux pourtant, ils pouvait aller où bon leur sembler, ils pouvaient aimer sans interdictions, ils avaient le droit d'être heureux sans qu'on les en prive.. Alors pourquoi paraissaient-ils tous si mornes, si pâles malgré les rayons de soleil dont il pouvait profiter sans privation..? Tout ça leur parut aberrant.. Leurs vies, ils en rêvait tout les deux, pourquoi n'en profitaient-ils donc pas ? La vie est trop courte pour ne pas être vécu pleinement, surtout quand on a la chance d'en avoir une bien rangée, un destin tracé, une famille aimante, un entourage à vos cotés.. Et pourtant, on aurait dit qu'aux yeux de tous ces gens, leur existence leur avait laissé un gout amer dans la bouche, qu'ils avaient cessé de croire au bonheur, que plus rien ne pouvait les satisfaire..

Les deux pensionnaires furent tirés de leurs réflexions par Tom qui les attira dans une boutique d'apparence classieuse, quelques clients, principalement des hommes d'âge mur se trouvait à l'intérieur, observant les tringles ou discutant avec un vendeur, ils ne levèrent même pas les yeux sur les nouveaux arrivants lorsqu'ils franchirent la porte, seul une jeune femme derrière la caisse leur adressa un bonjour sympathique avant de se diriger vers eux. Alors qu'elle s'avançait vers la petite troupe, ils purent la détailler un peu plus, elle était d'assez petite taille malgré ses talons aiguilles reluisants qui lui donnaient un peu plus de hauteur, elle avait une silhouette fine et élégante, ses longs cheveux acajou semblaient flotter derrière elle et contrastaient avec le gris-bleu de ses grands yeux joliment maquillé par un fard à paupière aux teintes violines, un sourire timide mais sincère étirait ses lèvres agrémentées d'un rouge à lèvre discret, sa tenue elle, paraissait être une formalité et sur son chemisier blanc impeccablement repassé était épinglé une sorte de petite carte portant pour inscription "Alice".

"Enchanté Messieurs, vous devez être les employés de Briarcliff n'est ce pas ? demanda la jolie vendeuse à l'égard à l'égard des plus âgés. Et si je ne me trompe pas.. vous deux vous êtes Thomas et Damien ? ajouta t'elle avec un sourire innocent, elle ne semblait nullement effrayée par la présence de deux meurtriers à ses cotés.

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