La voilà donc partie. Le début a été difficile à vivre. Surtout après un de ces appels, où, paniquée, elle m'apprenait son altercation verbale, et presque physique, avec son colocataire, dans la ville d'Arequipa. Je bouillais à l'intérieur de moi. Je n'avais qu'une seule idée en tête : prendre le prochain avion pour le Pérou et descendre ce fils de pute. Fort heureusement, le frère de J. et un de ses amis étaient avec elle. Bien qu'âgés de 18 ans seulement, il sont pu régler la situation. Je les en remercie. Mais la donne avait changé pour J. Elle ne souhaitait plus rester dans cette ville, et devait donc annuler son stage, et en trouver un autre dans une localité différente. A partir de ce moment, je ne peux plus affirmer que je suis sur à un minimum de 90% des sentiments de J. Pas pour moi, mais de ses sentiments en général. J'avais l'impression que cet incident l'avait marquée psychologiquement, et peut-être déstabilisée. Bien entendu, je n'ai jamais été certain de ce qu'elle avait sur le coeur et dans la tête, personne ne le peut. Mais en étant physiquement avec elle, l'exercice devenait plus facile et je me trompais rarement. Après tout, je commencais à bien la connaître. Au Pérou, il est difficile de communiquer, le pays n'étant parfois pas bien équipé pour les échanges numériques. Et puis vous connaissez désormais son malaise à dire ce qu'elle a sur le coeur par message ou par téléphone. Mais je ne pouvais pas me plaindre, elle m'appelait quand même dès que possible, faisait preuve d'affection, et me prévenais avant de partir en pleine nature, où elle n'aurait absolument aucun moyen de me joindre.
Je rencontrais un problème de taille pour partir au Japon : je n'avais toujours pas de visa. Très angoissé, j'en parle à J., qui me dit que je peux toujours la rejoindre au Pérou et y trouver un stage. Une idée qui me plait beaucoup. Mais bon, je dois d'abord aller au bout de mon engagement au Japon, l'entreprise ayant mis en place un nombre important de choses pour moi, pour lesquelles je lui suis très reconnaissant : appartement, salaire, carte de transport en commun. Je pars donc pour le Japon, sans visa, et à la douane... ça passe ! Ouf, je peux rester 90 jours dans le pays. J'en informe J., elle me répond qu'elle se réjouit pour moi, et qu'elle m'aime. Ce sera la dernière fois que je lirai ces mots. Je dois commencer mon stage quelques jours plus tard, et le matin venu, on "skype" avec J. Je lui fais le stupide reproche de ne pas m'avoir dit de mots affectueux de tout le weekend. Pourtant, je sais comment elle est, et ce serait venu tôt ou tard. Je n'aurais pas dû la mettre sous pression, lui demander de ne pas se comporter de manière naturelle, mais j'avais tout de même besoin de soutien, la situation étant émotionnellement éprouvante pour moi, avec ce déménagement à 10000 km de chez moi, ce nouveau travail, bref, cette nouvelle vie. Elle a mal pris cette remarque, et je me suis excusé, en lui expliquant la chose. J'ai beau être d'une grande gentillesse, et ne pas dévoiler mon malheur, je reste humain, et parfois mon coeur a mal. Dans ces moments, j'ai besoin du soutien de mes proches. Elle comprend et promet de faire des efforts.
Mais dans la nuit de vendredi à samedi, après ma première semaine de travail, elle m'appelle, et m'explique ses doutes quant à notre couple. Elle se sent emprisonnée, bien que je n'ai rien fait pour cela. Elle demande une "pause de communication", c'est à dire une certaine période pendant laquelle on ne doit pas se parler. Elle en a besoin pour se retrouver seule avec elle-même. Je mets ça sur le compte de l'incident survenu avec son ancien colocataire, et j'accepte. Non sans effort. La situation est très bizarre, et j'aurais eu besoin de son soutien à ce moment là. J'en parle à quelques amis, qui estiment tous que je dois lui laisser un peu de temps, que c'est une passade, et qu'elle ira vite mieux. Je dois rester cool. Ils se trompent tous.
Cinq jours plus tard, elle m'écrit. Je comptais lui écrire le lendemain, avec simplicité et légèreté, simplement pour lui signifier que j'espérais qu'elle allait bien. Elle veut m'appeler le lendemain, pour discuter. Le lendemain, elle me contacte a nouveau, et on convient de s'appeler le weekend, pour des raisons pratiques. Avant d'aller au lit, elle m'annonce la chose suivante : elle m'a écrit un texte. Et me demande si je veux le lire. Bien entendu ! Voici ce texte :
YOU ARE READING
J.
Não FicçãoRécit autobiographique de ma dernière rupture amoureuse, qui m'a profondément marqué. Vous pouvez, bien entendu, donner votre avis ou juger mon comportement, son comportement, notre relation, notre rupture, mais je vous demande simplement d'être re...
