TINTAGEL ;
CORNOUAILLES
le 27 décembre
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Cher Dean,
J'ai pleine conscience que cela ne fait que deux jours que nous nous sommes séparés, mais — tu m'en excuseras ! — la perspective de t'envoyer une lettre était trop tentante pour être laissée « à plus tard ». Car, bien malheureusement, ces mots-là ne sont très souvent l'euphémisme de « jamais ».
Cependant (nul n'en disconvient), ce n'est pas pour te régaler de piètres salades philosophiques que je vous importune, toi et ma chouette. C'est plutôt pour te coucher, en ces parages d'encre et de papier, toutes les phrases trop longues pour n'avoir d'autre destin que la fumée du sortilège qui me lie au monde.
Et je vais t'avouer quelque chose Dean, t'annoncer une certaine réalité. Une réalité certes plus charmante dans sa forme immatérielle, mais que sa niaiserie — une fois devenue palpable — ne m'empêchera pas de la retranscrire ici même : j'ai de plus en plus l'impression que mon monde se résume à toi. Je n'en oublie ni ma famille, ni Hannah Abbot, et Susan et Seamus encore moins que les autres. Je les chéris autant que quiconque d'autre pourrait chérir sa mère, sa sœur et ses amis, que nul ne s'en inquiète ! Toutefois, je me rends compte que tu as acquis un emplacement spécial. Que nous avons créé, à nous deux, un lien sur lequel les plus hauts linguistes de l'univers ne sauraient apposer de mots. Car, en t'abaissant à m'aider dans la destruction de mon excessive timidité, tu n'as fait qu'élever le socle où ta bonté t'avait placé.
Et c'est précisément pour cela que je t'aime de tout mon cœur. Bien sûr, je me porte garante de ne jamais le faire en amoureuse ; je trouve que notre relation est bien trop belle pour chuter sur la platitude d'une romance. Mais s'il est possible de t'aimer des mille autre façons existantes, eh bien, je le fais fièrement ! Je t'aime en tant que frère, en tant que brasier, en tant que lueur, en tant que modèle autant qu'en tant qu'adulateur.
Je crois fermement que tu es une personne en or, Dean, méritant par là des égards en or, et non les paroles de plomb vulgaire que te réservent certains... C'est pour cela que je te livre cette lettre, en vérité. Je voudrais que tu te souviennes de ses mots dès lors que jaillira l'adversité en travers de ton chemin. Et je voudrais également que tu me communiques tes problèmes, au lieu de me laisser les deviner ! Tu ne devrais pas leur concéder la chance de te miner de l'intérieur. Tu es trop important pour ça.
En attendant, je te souhaite un très joyeux Noël !
Bien à toi,
AILENE.
P.-S. : tu ne seras pas sans remarquer la présence d'un paquet joint à ce message. ce sont des brioches à la cannelle, que maman te passe de même que son bonjour ! j'espère que le trajet ne les aura pas trop saccagées...
sinon, as-tu pu écouter le dernier morceau des Bizarr'Sisters ? ma sœur dit qu'il est géant ! personnellement, je me contente de bien aimer les paroles !
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fusains et cannelle
Fanfiction❝ce n'était nullement sa condition peu aisée qui l'attirait tant vers elle ; seulement le fait qu'aucun - à l'exception de ses camarades de maison - ne semblait lui porter le plus quelconque des intérêts, en dépit de cette douceur timorée qui l'auré...
