Adieu le monde

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Cher/e/s tout le monde,
Je sais que c'est inutile de lutter

(-Qu'est ce que tu fais ma chérie?
-j'écris.
-Quoi?
-RIEN! Va t'en tu me soûle! )

Et que la vie ne m'a pas gâté

(-Elle se renferme, je ne peut rien en tiré!
-Tu as essayé le psychologue? )

La vie... Tu me disais, maman, que la vie c'est la nuit. Car le jour est plat et morne, c'est la mort. Mais la nuit est tendre et jolie, c'est la vie! Tu disait que le bonheur, c'est un rêve éternel, et que le malheur est un cauchemar passager. Vision idéaliste! j'y ai cru. Puis est arrivé le collège...

(-En fait, c'est depuis quand?
-Le collège
-Ah! Fait pas attention! C'est sa crise! Ma Pauline a fait la même chose!)

Les adultes qui disaient que ce n'était rien. Bien sûr que c'était rien. Si tu es aveugle. Comment ne pas les voir? Je m'énerve à chaque fois que j'y pense.

(-Je voulais juste savoir si il y avait quelque chose de.. disons, alarmant en se qui concerne ma fille?
-Pas du tout, je vous rassure! Très bonne  note, très active en cours! Que de chose rassurante!)

Pour les profs, je n'était qu'une moyenne et une présence. Alors ils ne voyaient rien. Mais j'était bien plus je crois. J'ai essayé de minimalisé, je n'y arrive pas.

(-Ah, les parents qui s'inquiète pour rien ça me rend dingue!
-Oui, on est pas aveugle non plus! Si il se passait quelque chose on le verrait!)

Et puis il y a eu ce retournement de situation. Ce gars là auquel je n'avait pas prêté attention se faisait soi disant harceler. Petit message à faire passer par les profs. Le traditionnel  "quels adultes voulez vous devenir?" Auquel je répondait, dans ma tête, je ne suis pas sucidaire, je ne deviendrais JAMAIS adulte.

(-Ces gosses! Ils sont terrible! Comment peuvent-ils s'en prendre à un élève qui n'a rien fait?
-Clair! Je ne comprends pas!)

C'est alors qu'une question m'est venu. Pourquoi ils avaient vu pour un gars et pas pour moi? La réponse ne m'est jamais parvenue... Mais une réponse, ce n'est rien! Je me suis mis à essayer. Essayer de s'en sortir. Et quand il faut essayer de s'en sortir à douze ans, ce n'est pas normal. Enfin, c'est comme ça que je l'ai vécu.

(-Louise n'est plus très active en cours, nous ne comprenons pas
-vas t'elle bien ?
-comment pourrons nous le savoir? C'est votre rôle!)

Je n'était jamais à la maison, je ne pouvait pas en parler! Pourquoi étais je partit à perpete les oies? Pourquoi étais je partit en internat? Tu ne me voyais pas donc tu psychotais, maman . Depuis le début de cette lettre, vous avez dû le remarquer, je parle au passer. C'est pour une raison très simple, quand vous lirez cette lettre je ne serais plus là pour expliquer les points d'ombres. Je vais revenir sur une phrase plus haut : je ne suis pas sucidaire! Et bien si! Il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis. Je ne suis pas conne. Et je suis morte!

(-Je n'oublierais jamais ce que m'a dit ma fille juste avant de mourir.. je vais vous lire notre échange:
-Pourquoi tu t'acharnes? C'est ce que j'ai décider ! C'est mon avis!
-Tu l'as dit toi même! Il n'y a que les con qui ne change pas d'avis!
-et les gens intelligents garde leur conviction!
-Pas dans ton cas! Tu n'as pas le droit de mourir!
-Pas le droit de mourir?! Tu rigolé?! J'ai le droit de mourir et même de choisir ma mort si je le veut!
À ce moment là, elle était près de la fenêtre ouverte de l'hôpital. On était au troisième étage. Elle a répété  calmement:
-J'ai le droit de choisir ma mort... Je me suis toujours dit que la meilleure mort serai celle où tu aurais le temps de voler avant.
Je n'ai rien eu le temps de faire, elle avais déjà sauté. )
 

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