- Chapitre 19 -

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- FLASHBACK -

Je me suis enfin installée. Je m'assois sur ce lit qui sera le mien à présent, mauvais point, elle grince. Je sens déjà que je vais avoir du mal à m'habituer, le moindre bruit me réveille. De toute façon, ça ne va pas changer, je ne dors plus très bien.

Nowtown City, une banlieue pas très bien réputé. À vrai dire, ça ne m'inquiète pas trop. Ce n'est qu'une réputation, je pari que ce taux de criminalité est là pour de la frime.

Je soupire, et m'allonge. Je vais devoir aller au lycée demain, je n'aime plus l'école. Bon en fait, je n'aime plus rien. Le goût de vivre, c'est quoi déjà ? Laissez-moi rire, vivre est un mot remplis de foutaises, de conneries. Ce mot est ridicule. Vivre dans quel but ? Le seul mot qui devrait exister dans cette catégorie est survivre.

Ne nous attardons pas trop sur ce sujet ridicule.

J'entends la porte claquée violemment en bas, sûrement ma sœur, bourrée bien sûr.

Je me redresse, et descends. Je dois m'occuper d'elle, maintenant qu'elle est seule, et qu'elle déprime chaque seconde, il n'y a plus mon frère pour s'occuper de nous. En fait, il n'a jamais été là, et je sais qu'il ne reviendra pas. J'ai cessé de le considérer comme un frère, car un frère est censé être là, pour ses sœurs, sa famille. Mais lui a fuit à la première occasion.

Je le hais de toute mon âme.

- Tu dors pas encore toi ?

Sa voix pâteuse décris son état. Elle porte une jupe courte en cuire, et un top blanc simple. Cette femme est belle, mais elle se rend moche en se comportant ainsi. Je l'admire quand même. Au moins, elle, elle est restée.

- Non, je t'attendais. J'ai fait un poulet rôti, avec des pâtes. Tu dois manger.

Elle me toise du regard, s'approchant plus près de moi.

- Et si je veux pas ? Tu vas me mettre au coin peut être ? Me dit-elle haineuse.

- Non, mais je veux que tu manges. Tu as maigris.

- Alors comme ça je dois manger ? Écoute jeune fille, tu n'es personne pour me dire quoi faire. Donc fou tes ordres où je pense, j'ai pas besoin de ta "gentillesse".

Elle me regarde de haut en bas, avant de passer son chemin en me bousculant bien entendu. Je soupire, fatiguée. J'aimerai l'aider, mais elle ne veut pas être aider. Comment aider une personne qui ne veut pas d'aide ? On ne peut pas.

Alors je jette l'éponge, essuyant encore un échec, et je remonte dans ma chambre. Je mets mon pyjamas avant de m'engouffrer dans mon lit grinçant. Je plonge ma tête dans le cousin, et crie. Je cris de toute mes forces. Et je pleure. Bien entendu l'un ne va pas sans l'autre chez moi.

Ma colère attire tristesse. Et ma tristesse attire colère. C'est comme ça que je fonctionne.

Je pleure, les cordes vocales douloureuses. Je ne réussis pas à m'endormir. Le sommeil ne m'a pas atteint depuis bien longtemps. J'ai définitivement quitté Morphée...

Le lendemain, je me prépare sans grande conviction. Il est neuf heure, et je devais être là-bas à neuf heure. L'école ne me motive pas, rien ne me motive, je suis un cocon vide.

Je mets un short, avec un débardeur noir, puis j'enfile ma veste en cuir noir et mes vans. Je passe mes mains dans mes cheveux, les brossant un peu de cette manière, puis je descends. Ma sœur est étalée sur le canapé, toujours avec les habits d'hier. Je la recouvre comme il faut, avant de prendre mes clés et de partir.

TERRAIN DANGEREUXOù les histoires vivent. Découvrez maintenant