14 ans plus tard

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14 ans plus tard, je me réveille dans un lit bon marché, dans une chambre de 10 m². Contrairement aux jeunes de mon époque, je n'ai ni téléphone, ni console de jeux. Il y a juste une petite télé au milieu de cette minuscule salle qui nous sert de salon.
En sortant de ma chambre, je vois ma mère, avec un regard aussi vide que celui d'un aveugle, en train de poser ses yeux sur un feuilleton. En passant devant elle, j'eus l'air inexistant. Mais je me rendis compte que ce manque d'attention ne fut pas dû au fait d'avoir gâché sa vie, loin de là. C'était cependant dû à sa dose hebdomadaire de stupéfiants qui lui faisait voir la vie en rose. Elle reste calme par nostalgie peut-être, je ne sais pas. Cette scène sourde, pourtant routinière, me rendit muet à la longue. On pense qu'on finit par s'y habituer, mais en fait on ne peut pas. C'est comme si je me mordais la langue inconsciemment de manière infinie.

Durant le long du trajet me menant à l'école, je fus plongé dans mes pensées, oubliant même la présence de mon cher ami Finn. Ce dernier me fait une tape à l'épaule en criant :

-Ham...HAM !

-Oui !?

-A quoi penses-tu !?

-Oh...rien de spécial.

-Attends t'es sérieux là ? Tu es muet depuis qu'on est dans le train et tu dis qu'il n'y a rien de spécial ?

-Tu sais, des centaines de millions de bêtes meurent de nos mains sans pour autant se plaindre. C'est pourquoi je n'étalerai pas de plaintes qui ne feraient que pousser à créer des pensées négatives ou encore des regrets.

-Ah tout s'explique ! C'est encore à propos de ta m-

-Plus un mot je t'en prie, dis-je d'un air intriguant.

Finn, d'un air contrarié, finit par se taire. Soudainement mon visage s'est empli de doute et de culpabilité, accompagné d'une légère douleur venant du cœur.

-Pardon, dis-je avec culpabilité.

-C'est rien, ne t'inquiète pas pour ça.

A l'entrée de l'école, je perçois Angela, une amie de longue date dans la foule :

-Hey Angie ! Criai-je de toute voix.

Elle se retourna mais ne sachant point de qui il s'agissait, faute au surpeuplement à l'entrée du bahut. Elle continua sa route sans trop se poser de questions.
Je ne pouvais pas lui en vouloir. Cela fait plus de trois ans qu'on s'est perdus de vue. Contrairement à moi, Angela vient d'une famille aisée. Par conséquent, à cause du travail de son paternel, elle était obligée de quitter la ville. Peut-être qu'elle m'aurait oublié. « Certaines amitiés ne sont pas éternelles », disent-ils. Et je crois qu'ils ont raison.

LOST IN THE MISTOù les histoires vivent. Découvrez maintenant