Accalmie

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«Ça, tu vas nous le payer, connard !»

Il n'aura suffi que de ces quelques mots pour transformer ce malentendu en baston inégale. J'aurais attendu la venue de mes chers amis,mais en vain. «Où ont-ils pu aller ?», me demandais-je.

Mais au même moment, Tyrone se mit à foncer vers moi. «À gauche ou à droite ?», «Protéger mon corps ou mon menton ?». Je réfléchissais trop. Au moment où je commençai à me mettre en garde, il me prit par le col, pivota à 180° tout en se fléchissant afin de me projeter au sol. Je vis soudainement ma vie courte défiler du premier pas au dernier soupir.
Et bim ! J'eus le dos en compote,un mal intense au crâne et le talon de mon pied gauche criait au secours.

«Ouh !» s'écria la foule.

- Alors, c'est déjà fini, p'tit con ?

Vu la technique qu'il a appliquée, il devait pratiquer du judo. Ayant un casier judiciaire long comme le bras, il avait été dans de nombreuses écoles avant de se faire renvoyer d'elles toutes pour une seule et même raison : Coups et blessures. À 16 ans, il s'est farci élèves, professeurs, proviseurs, agents de police et j'en passe. Il est bien plus fort que son chef. Ce dernier est toujours dans les vapes et il a Angela de son côté qui essaie de le relever. Et pour ce qui est d'Aaron, il s'est assis sagement pour profiter du spectacle.
Pris de fierté et d'orgueil, je finis par me relever et me mettre en garde.

- Oh, ça ne fait que commencer, dis-je fièrement.

Il attaquait encore plus rapidement,mais je ne pouvais pas me faire avoir par la même technique. Quand il essaya encore une fois de me saisir par le col,je finis par le pousser assez fort pour qu'il se cogne sur le mur.
Je n'ai pas hésité à m'approcher pour enchaîner une technique de boxe : deux jabs du poing gauche et un crochet du droit. Il parvint à esquiver les deux premiers mais le dernier l'attrapa de plein fouet !

«Oh !», s'écria la foule de nouveau.

Pour eux ce n'était qu'un jeu,un divertissement, mais pour nous, combattants, c'était une question de vie ou de mort.

Après mon coup, Aaron écarquilla soudainement les yeux puis sourit légèrement. Il vit sa montre, se leva et dit : «La récréation est terminée».

Il prit une garde à une main et dit à Tyrone de manière hautaine : « Ty, laisse moi faire».

«Allez Turner ! Viens jouer avec moi !», criait-il avec un trop plein de confiance.

Il se déplaçait tel un boxeur professionnel, mais celà ne me faisait pas peur. Pour sauver l'honneur de ma mère je serai prêt à gravir des montagnes, à traverser un torrent, à marcher sur des pointes et des pics, à tuer. Je serai prêt à tout miser, même ma vie.
Je fonçai droit vers lui jusqu'à ce que, subitement, il lâche sa garde pour me foncer dessus à son tour. Il fut assez rapide pour esquiver mon direct. Et c'est là que tout a commencé à aller très vite, trop vite. Je ne pus rien faire.

Une saisie suivie d'une projection. Un coup, deux coups ,trois coups, quatre, sept, neuf...je ne me mis plus à compter. J'eus l'impression que ses poings étaient des fouets bourrés d'épines, prêts à me scarifier de la tête aux pieds. Vu son regard, il avait l'air d'y prendre un grand plaisir.

«Ça fait mal ! Pourvu que ce soit le dernier !», me disais-je après chaque coup.

Au moment où je me mis à perdre connaissance, j'entendis Aaron déclarer :
«Allez, finissons-en en beauté ! N'ayez point d'interrogation, je ne veux que de l'exclamation, car voilà trois poings de suspension...et le poing final.»

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