Je compris que mes craintes furent vaines au moment où je me réveillai en sursaut de cette prison de sommeil et que je revis enfin mes amis. Vu leurs paupières, ils ont dû passer des heures à s'inquiéter pour moi, voire des jours. Les voir réunis dans cet hôpital me réchauffe le cœur, je me sens moins seul tout d'un coup. Cependant je me sens dans l'incapacité de tous les discerner car j'ai encore la vue brouillée, l'ouïe trouble et le corps en bouillie. J'aimerais bien répondre à leurs questions, mais tout ce que je peux faire pour le moment, c'est sourire.
-Assez rigolé, il est temps de le laisser se reposer. Ce n'est pas facile de sortir d'une commotion cérébrale, dit une voix féminine.
Vu ce mélange de rigueur et d'hospitalité, je suppose que c'est l'infirmière.
-On veut rester avec Ham, nous !, énonce une voix légèrement âpre avec un accent étranger. Ce doit être Delph.
En effet, Delph vient d'un pays proche du nôtre. Ils sont tous deux séparés par un fleuve de 1500 mètres de long. Ses parents, ayant fui la guerre, se sont installés dans notre conté en reprenant tout de zéro. Ils sont, pour moi, un exemple à suivre.
-Non, il doit se reposer, c'est primordial ! réplique-t-elle en les mettant à la porte.
Je crois qu'elle a raison, un peu de repos me fera du bien. Je finis par piquer un somme pour me rétablir.
Dans mon sommeil, j'eus à repenser à la scène où ils étaient tous là à me réconforter dans ce lit d'hôpital. Soudainement, une étrange question me vint à l'esprit : Mais, qui a donc payé pour mes soins !? Cela ne peut pas venir de ma mère, elle ne saurait que faire de ma vie ! Que ce soit l'un de mes amis m'étonnerait encore plus, mais dans cette vie tout est possible. Je finis par avoir la conscience tranquille en me rappelant à quel point les parents de Green sont charitables. J'eus à fermer les yeux, encore une fois.
Quelques heures plus tard, je décide enfin de me lever. Mes sens semblent rétablis et les douleurs anéanties. Mon premier réflexe a été de demander l'heure à la soignante. « 18 heures 53 », me répond-elle.
-Et combien de temps ai-je passé dans cet hôpital ?
-Cinq jours et onze heures.
-COMMENT ?
-Vous avez passé cinq jours et onze heures, monsieur. Vous souffrez d'une commotion cérébrale, c'est pourquoi vous devez encore vous reposer quelques jours.
-Vous pouvez me tutoyer, dis-je en souriant.
Commotion cérébrale... J'ai du mal à vous comprendre. Cela veut donc dire que je vais mourir ?
-Oh que non !, répond la dame en haletant de rire.
Ton cerveau a reçu un choc et tu as perdu connaissance. Aussi par simple vigilance, nous avons décidé de te donner des médicaments pour que tu puisses dormir la tête reposée pendant un bon bout de temps. On l'a fait pour que tu puisses récupérer de tous tes maux. Mais cela ne veut pas dire que tu es guéri à 100%.
-Ne vous inquiétez pas, je sens que je vais déjà mieux.
Dès que mes pieds ont touché le sol, mon corps a perdu tout son equilibre. Inquiété par cet état, je fus immédiatement rassuré par l'infirmière que ce n'était qu'un effet secondaire de ce choc et qu'un peu de repos rétablirait mon équilibre.
-Ouf, soulagé ! Mais combien de temps s'est-il passé entre le moment où j'ai repris connaissance et maintenant ?
-Ah, tu parlais de ce temps là ? Désolé, je n'avais pas compris ta question.
Elle prend alors un carnet de suivi et se met à lire avec hésitation : «Alors, entre le moment de sa reprise de conscience et maintenant, Hammer Turner a passé, euh, trois jours et quelques heures auprès de nous, infirmières, au Hygeia Medical Center. »
Je finis par rester calme. J'étais tellement stupéfait par l'idée d'avoir passé cinq jours dans l'hôpital le plus cher de la ville, un hôpital dans lequel une nuit coûte aussi cher qu'une vie, que des larmes se mirent à couler progressivement.
L'infirmière me regardait d'un air compatissant. Elle ouvrit la bouche mais ne put dire aucun mot.
-Je sais que je n'ai pas le droit de pleurer comme ça, dit il en larmoyant, parce que je suis un homme. Mais me dire que des gens ont été aux petits soins pour un paria comme moi m'émeut. Cependant, par ma faute, un élève sera déscolarisé à vie.
-Tu es loin d'en être un, me rassure-t-elle.
Que s'est-il donc passé ?
Je finis par lui expliquer toute l'histoire, de A à Z. Elle finit par retrouver le sourire.
-Cette fille vous aura causés beaucoup de problèmes, à tous les quatre.
-N'empêche, si je n'avais pas fait preuve de jalousie à leur égard,tout ceci ne serait jamais arrivé.
*dring*
-Il est 19 heures. C'est l'heure des visites. Tes amis ont l'habitude de venir te voir.
-C'est gentil de leur part. Et ma mère ?
-Ta mère n'a jamais mis les pieds dans cet hôpital. On se demande même si elle est tenue informée de ton séjour ici. On a tenté de la téléphoner, mais en vain.
-Venant d'elle, ce n'est pas très étonnant. J'espère juste qu'elle n'a pas fait une overdose.
-Overdose ? De quoi donc ?
Mince, me voilà dans une situation très embarassante. Que vais-je donc lui dire ? Ah, j'ai une idée !
-De sucre en fait. Elle en raffole tellement que ça lui donne une étrange envie de dormir.
-Pour son âge, elle ne devrait plus consommer autant de sucre. Faudrait lui dire d'arrêter d'en prendre en forte dose
-D'accord, je lui passerai le mot !
*toc toc*
-Je suis venu donner des fleurs à Ham ! dit la voix féminine qui s'apprêtait à passer la porte. Cependant cette voix ne m'était point inconnue, c'était bien elle !
Elle entra et ferma la porte légèrement sans se soucier que derrière, je serais déjà éveillé et en train de la fixer froidement. Au moment où elle s'en rendit compte, elle fit tomber, par étonnement, les beaux lilas qu'elle était venue m'offrir.
-Ham, quel bonheur de te revoir sain et sauf ! Dit-elle embarrassée.
-Que fais-tu ici... Angela ?
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LOST IN THE MIST
General FictionVoici les péripéties d'Hammer Turner, un fils de pute malgré lui.
