Elouan contempla le paysage. C'était beau. Les collines vertes, les ruisseaux... C'était un paysage magnifique.
Mais si il se retournait, il ne voyait que la ville. A perte de vue. Jusqu'à l'horizon.
Il n'avait pas le droit de venir ici. Les orphelins ne doivent pas quitter la ville. Pourquoi ? Il ne savait pas. C'était comme ça et il n'y pouvait rien.
Il s'assit à l'ombre d'un grand arbre et sortit de son sac a dos un livre. C'était tout ce qui lui restait de ses parents. C'étaient eux qui l'avaient écrit. Il y avait des images d'anciens livres, des calculs, des hypothèses... Ses parents étaient passionnés par la Terre, cette vieille planète, tout comme lui.
Il ouvrit le livre à la page d'un paysage. Il était semblable a ce qu'Elouan avait sous les yeux.
Quand la Communauté était arrivée sur le Nouveau Monde, ils s'étaient tous rendus compte qu'elle était ressemblait à la Terre. C'est ce qu'on pouvait appeller la "jumelle de la Terre".
Elouan resta longtemps assis dans l'herbe profitant du vent dans ses cheveux bruns. Puis, il se leva.
Il devait rentrer. De retour dans la ville, on comprenait pourquoi Elouan enfreignait la règle pour profiter du paysage. Les bâtiments bloquaient la vue. Des passants se bousculaient. Des voitures passaient en faisant un bruit assourdissant.
Elouan passa par le marché. La ce n'était plus des voitures mais des marchands qui criaient pour interpeller les passants. Elouan n'aimait pas la ville. Mais il n'avait pas le choix.
Un orphelin, ici, c'est un peu comme un criminel. Il ne peut rien choisir. Il doit subir, tout simplement.
Elouan arriva a l'orphelinat. C'était un bâtiment sombre et miteux. L'Etat ne donnait presque pas d'argent pour les orphelins. A quoi bon bien traiter des gens qui finiront a la rue ?
L'intérieur était aussi accueillant que l'extérieur. Froid, sombre, moche.
Elouan salua un de ses amis, Vincent. Ici, il n'y avait que des garçons. Les orphelinats n'étaient pas mixte. Ça rendait les problèmes plus nombreux disait-on.
Bref, Elouan n'avait jamais fréquenté de fille. Les seules qu'il voyait étaient des passantes dans la rue, et il n'avait jamais ni l'occasion, ni l'envie de parler avec l'une d'elle.
Les éducateurs surveillaient les adolescents sur le chemin du réfectoire. Là, on leur servit des restes. Les restes des personnes riches. Ceux qui acceptaient de faire un "don". Elouan mangea sa maigre portion d'haricots froids.
Puis les orphelins sortirent dans la petite cour en mauvaise état.
L'orphelinat n'était pas grand. Environ 25 orphelins y vivaient. Ce n'était pas beaucoup. Maintenant, sur cette nouvelle planète, les maladies étaient plus courantes. Alors les gens mourraient jeunes et les orphelins étaient nombreux.
Alors qu'Elouan discutait avec Vincent, les surveillants vinrent les chercher.
- La douche. Vous avez pris votre douche ? Demanderent-ils, agressifs
- Non. On y allait.
La douche. Un bien grand mot. Dans une pièce où tous les orphelins se trouvaient, de l'eau de pluie glaciale était mise à disposition.
Elouan pris sa douche sans grande conviction. Il ne voyait pas l'intérêt. Alors qu'il retournait dehors, une sonnerie retentit.
C'était une sonnerie bruyante, qui donnait l'impression qu'elle sortait du crâne. Elouan se retourna précipitamment et couru jusqu'au dortoir. Un dortoir pour 25.
Il fonça près de son lit et grimpa sur le lit superposé. Loïc s'installa en dessous. Trente secondes après, les surveillants vinrent vérifier que les orphelins étaient couchés. Certains n'avaient pas eu le temps de rejoindre leurs lits. Ceux là étaient frappés par les surveillants.
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Objectif : Terre
Science FictionEn 3136, la Terre est vide. Tous les humains sont partis. Mauvais climat, plus assez de place... Enfin ça, c'est ce qu'on dit. Partis sur une nouvelle planète, là où la vie serait plus propice. Mais alors pourquoi les Hauts Dirigeants de la Communau...
