Chapitre 8

9 6 9
                                        

Les deux amis se regardèrent. Ils pensaient à la même chose. Et si ce qui avait tué cet homme était encore dans les parages ? Ils se mirent à courir aussi vite qu'ils le pouvaient, sans réfléchir un instant. La peur avait prit le dessus et Elouan ne réfléchissait plus. 

 Le temps d'un instant, il avait vu le visage de Vincent. 

Au bout d'un moment, ils arrivèrent sur le bord d'une rivière. Elouan n'était jamais venu ici, et ne savait plus où était le camps. Mais il ne s'inquiéta pas de ça. Léonor s'assit sur un rocher pour reprendre son souffle. Elouan observa les lieux le temps de retrouver sa respiration pour pouvoir parler. 

La rivière coulait paisiblement sous les pieds de Léonor. De chaque côté de la berge, des grands arbres se dressaient. 

Elouan s'assit brutalement près de Léonor et contempla l'eau. 

-C'était qui ? De quoi est-il mort ? Pourquoi est-ce qu'il était là ? Tous les êtres humains sont partis pour le Nouveau Monde, non ? questionna Léonor, même si elle savait que Elouan n'avait pas les réponses. 

-J'en sais rien... Ce visage... C'était un homme, c'est sûr. Mais pourquoi est-ce qu'il est resté ici ?

-Peut-être que au moment de quitter la Terre, ils n'ont pas pu emmener tout le monde. A ce qu'on dit, la Terre était très peuplée. Et même si des centaines de personne sont mortes sur le Nouveau Monde, on n'est pas si nombreux. Peut-être que certaines personnes n'ont pas pu venir pour se sauver de la Terre. Mais pourquoi est-ce que les Hauts Dirigeants nous disent que ce n'est pas le cas ? Et comment a-t-il pu survivre à tout ce qui s'est passé ? Les catastrophes naturelles et nucléaires, les maladies... 

-J'en sais rien. C'est bizarre. Il faut en parler aux autres, trancha Elouan

-Tu te souviens du chemin qu'on a fait pour trouver le cadavre ? demanda Léonor

-Oui. Mais je ne sais plus comment on s'est retrouvé là. Je t'avoue que là, je suis perdu... 

-Ne t'inquiètes pas, je sais où se trouve le camps, le rassura la jeune fille. 

Les deux amis se relevèrent. Elouan restait troublé par ce qu'ils avaient vu. Il avait beau chercher à comprendre ce qui était arrivé, il n'y comprenait rien. Léonor guida son ami à travers la forêt. 

-Comment tu fais pour te repérer aussi bien ? Je n'ai aucune idée de l'endroit où  on est ? demanda Elouan

-Je le fais à l'instinct. C'est un peu comme si j'avais une carte dans ma tête. Le camps est au milieu, et je l'améliore à chaque fois que j'explore un nouvel endroit. 

-Cool ! Moi, je n'ai pas de sens de l'orientation, mais je me souviens du chemin qu'on fait. du coup, je retrouverais le cadavre. Ne t'inquiètes pas. 

-Oh, je ne m'inquiètes pas, je sais que tu y arriveras. Mais je me demande si on aurait pas du rester près du cadavre et explorer les environs. 

-Je sais pas. On aurait pu se mettre en danger. Et puis, je dois t'avouer que j'ai eu peur. J'ai vu Vincent à la place de l'homme. 

-Vincent, c'était le garçon châtain qui passait son temps avec toi ? C'était ton meilleur ami ?

-Oui. Lui et Loïc m'ont protégé quand j'allais mal. Ils étaient mes grands frères. 

-Je suis désolée. Moi aussi j'ai cru un moment que c'était le corps de Morgane. Elle me manques. Je la considérait comme ma sœur. On venait du même orphelinat et on nous surnommait les deux jumelles, même si ce n'était pas le cas. 

-J'ai cru que vous étiez sœur moi aussi. Vous vous ressembliez beaucoup. 

Léonor sourit, mais elle ne dit plus rien. Les deux adolescents continuèrent leur chemin en silence. Peu après, Elouan entendit les échos du campement. Visiblement, une énième dispute avait éclatée entre Camille, Adrien et Elise. 

Objectif : TerreOù les histoires vivent. Découvrez maintenant