Le matin, la même sonnerie tira Elouan de son sommeil. Il était impatient que le soir arrive pour préparer son départ. Malheureusement, ses amis ne voulaient pas venir. En fait, peu d'orphelins étaient intéressés. Juste un ou deux n'avaient pas donné d'avis.
La journée fut la même que les autres. Elouan était partagé entre l'impatience et la déception. Il allait quitter ses meilleurs amis, ses seuls amis. Parviendrait-il a s'en faire de nouveaux ? Elouan n'avait jamais été très sociable.
C'était Vincent et Loïc qui étaient venus le voir quand il était arrivé a l'orphelinat à l'âge de quatre ans. Il n'avait pas de souvenirs de ses parents. À ce moment là, Vincent et Loïc l'avaient accueilli et prit sous leurs ailes. Ils avaient à ce moment là sept ans et connaissaient le centre par cœur. Depuis, ils ne s'étaient plus quittés.
La séparation l'angoissait. Mais il ferait avec.
Le soir arriva. Dans le hall, Elouan attendait avec Daniel, le seul à avoir accepté de venir. M. Colson arriva. Il fronça les sourcils.
- Ils sont où les autres ?
- Ils n'ont pas voulu venir. Répondit Daniel
M. Colson fit une grimace. Puis il se dirigea vers le bureau du directeur.
Quelques minutes après, des surveillants arrivèrent avec les adolescents convoqués hier. M. Colson prit la parole :
- Bien. J'ai changé d'avis. Vous n'avez plus le choix. Enfin si vous l'avez encore. Ce n'est juste plus le même. Sois vous venez, soit vous accepter de mourrir. Je ne peux pas vous laisser en vie si vous connaissez notre secret et de plus, j'ai besoin de pas mal d'adolescents. J'espère donc que cette condition vous motiveras. Vous avez toujours le choix bien sûr je ne peux pas vous forcer. Qui veut toujours ne pas venir ?
- C'est du chantage ! S'exclama Kilian
Un surveillant s'approcha de lui pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas a prendre la parole comme ça.
M. Colson n'intervient pas. Elouan ferma les yeux. Kilian poussa un cri et tomba au sol. Après un dernier coup de pied, le surveillant recula et laissa Kilian se relever.
- Effectivement, tu as compris. Malgré tout tu as le choix. A toi de choisir. Quelqu'un ne veut pas venir ?
Personne ne protesta. Personne ne souhaitait mourir. Malgré tout ce que M. Colson pouvait dire, ils n'avaient pas le choix. Elouan frissonna. M. Colson était effrayant.
Ce voyage était il une chance ou au contraire, un arrêt de mort ? Et si la mort que proposait M. Colson valait mieux qu'une mort sur la Terre ? Et si ce n'était pas de qu'Elouan rêvait ?
Mais il ne pouvait pas dire non. Il ne pouvait pas accepter de mourir alors que sur Terre, il y avait une micro chance qu'il s'en sorte.
- Bien. Allez cherchez vos affaires dans le dortoir, on s'en va.
Personne ne bougea. Les orphelins n'avaient pas d'affaires à aller chercher. Ils ne possédaient rien. Comprenant son erreur, M. Colson enchaîna :
- On part maintenant. Dites au revoir à vos amis, vous ne le reverrez peut être plus jamais.
Dans sa voix, Elouan comprit qu'il n'y avait aucune chance qu'ils revoyent leurs amis.
Triste, et inquiet de prendre la mauvaise décision, il adressa un salut avec sa main a ses camarades. Ceux qui restaient se demandaient pourquoi leurs amis partaient mais ceux qui avaient le malheur de poser la question, le regrettait amèrement.
Le matin même, il était enjoué a l'idée de partir. Mais le changement d'avis de M. Colson lui avait fait comprendre que ce n'était pas forcément la meilleure chose.
Elouan était tout de même content que Vincent et Loïc viennent avec lui même si ils étaient forcés.
M. Colson les fit monter à l'arrière d'une petite camionnette bleue. Elouan n'eut pas le temps de lire ce qui était écrit sur le côté de la voiture. Il monta et s'assit sur un banc.
Vincent et Loïc s'assirent a ses côtés. L'impatience qui l'avait habitée toute la journée l'avait quitté.
Elouan sentit la camionnette démarrer. Il n'y avait pas de fenêtre. Il profita du voyage pour regarder ceux qui avaient été choisi car la veille il n'avait pas eu le temps.
Il y avait Vincent et Loïc, respectivement, un chataing aux yeux marrons et un blond aux yeux bleus. Ils avaient seize ans tous les deux.
Ensuite il y avait Daniel, un chataing aux yeux marrons foncés, âgé de quatorze ans, comme Elouan. C'était le seul à être venu au rendez-vous de son plein gré avec Elouan.
Il y avait Kilian, blond lui aussi, aux yeux verts et de quinze ans. Souvent il s'attirait des ennuis avec les surveillants car il ne supportait pas qu'on lui donne des ordres. Il était arrivé a l'orphelinat un an après Elouan.
Il y avaient aussi Ben et Jack, les deux jumeaux. Les deux étaient identiques et Elouan peinait a les différencier. Seule la taille permettait de faire la différence entre les deux rouquins. Ben était légèrement plus petit.
En face se tenait Yann, un brun musclé âge de dix-sept ans, ce qui faisait de lui le plus âgé.
Et en dernier, il y avait le plus jeune, William, douze ans. Il était timide et maigre. De plus sa petite taille ne l'aidait pas beaucoup. Il était châtain.
Et Elouan, brun aux yeux verts. Quatorze ans depuis deux jours. De taille assez petite, sans Vincent et Loïc, Elouan ne s'en serait jamais sorti vivant.
Ils étaient tous assis dans le fourgon, la tête basse, avec l'impression qu'ils étaient des prisonniers. C'était d'ailleurs peut être le cas. Elouan frémit a cette idée.
Ils roulèrent longtemps. William et Daniel s'étaient endormi et Jack semblait sur le point de les imiter.
Une mauvaise odeur flottaient dans l'air. Il faisait noir et Elouan avait perdu le compte des heures. Tous avaient le ventre qui gragouillaient.
Puis soudain, la camionnette freina. Elouan faillit tomber et William, qui dormait, s'écrasa au sol malgré Ben qui essaya de le rattraper. Le jeune se réveilla en sursaut.
Un homme ouvrit la porte du fourgon et fit descendre les orphelins. Elouan voulut voir où il était mais la nuit l'empêchait de discerner les lieux. Quelle la façade d'un bâtiment se détachait dans la pénombre. Elouan en déduisit qu'ils devaient être près de l'État, là où les Hauts Dirigeants se réunissaient.
L'homme les guida a travers les couloirs du bâtiment. Elouan remarqua que toutes les portes étaient fermées par des verrous.
L'homme les emmena dans une pièce où ils les laissa. Elouan entendit le cliquetis d'une clé dans la serrure. Kilian essaya vainement d'ouvrir la porte.
Elouan examina la pièce. Elle était petite, sentait le renfermé et elle n'était pas aménagée.
Visiblement, ils étaient toujours traités en temps qu'orphelins.
Yann donna un coup de poing dans le mur pour évacuer sa colère.
Elouan s'assit dans un coin. La joie qui l'avait habitée depuis une journée avait disparu. Il frissonna, il avait froid. Vincent et Loïc s'assirent de part et d'autre de leur ami. Vincent le réconforta.
Ils passèrent la pire nuit de leur vie. Enfin, c'est ce qu'ils croyaient. Ils ne savaient pas encore ce que les Hauts Dirigeants avaient décidé pour eux...
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Objectif : Terre
Science FictionEn 3136, la Terre est vide. Tous les humains sont partis. Mauvais climat, plus assez de place... Enfin ça, c'est ce qu'on dit. Partis sur une nouvelle planète, là où la vie serait plus propice. Mais alors pourquoi les Hauts Dirigeants de la Communau...
