CHAPITRE 4: la proie

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J'entre dans ma nouvelle salle de classe. Tous les regards se tournent vers moi, détaillant ma tenue et mon visage. J'ai envie d'être invisible ; je file prendre la quatrième place de la rangée près de la porte. Je regarde le programme une dixième fois pour passer le temps et essayer de ne pas tenir compte des remarques que mes camarades déclarent à mon sujet. Le professeur de biologie entre et dépose ses affaires. Je prie qu'il ne me remarques pas, j'ai pas envie de me présenter.
  - bonjour, es ce que vous avez passé un bon weekend ? Nous allons entamer le chapitre portant sur la reproduction.
Je baisse la tête pour pas que nos regards se rencontrent.
  - tiens donc, nous avons une nouvelle élève, levez...
Non pitié, pas ça !
La porte s'ouvre brutalement, ce qui coupe le professeur. Un mec grand, habillé tout en noir, casque au oreilles et queue de cheval fait son apparition.
  - monsieur Rogers, vous avez 15 minutes de retard !
Le mec se tourne vers l'enseignant et le regarde de la manière la plus psychopathe que j'ai jamais vu. Des mots voulurent sortir de la bouche du prof, mais il se ravisa et baissa la tête sur ses fiches. Si je possédais se regard, ma mère allait un peu se calmer. C'est qui se type? Il a trop d'influence. Mes camarades se retournent à son passage et les filles le tema d'une manière très explicite. Je n'arrive pas à décrocher mon regard de lui, comment faire pour avoir autant d'assurance ? C'est lorsque qu'il se tourne vers moi que je me rends compte que je suis en train de le regarder comme un fantôme. Il me fait une grimace en m'envoyant un doigt d'honneur. Je détourne mon regard vers mon cahier et je prends les notes sans regarder le professeur. Au moins ce Rogers m'a sauvé de l'humiliation. L'heure du déjeuner arrive en fin et je retrouve Maria à la cantine.
  - c'était comment tes premiers cours ?
  - j'ai passé la majeure partie à fuir les regards de tout le monde, sauf un
  - qui ?
  - c'était un certain Rogers. Il a fermer la bouche du prof de biologie en un seul regard.
  - humm !
  - quoi ? C'est lui qui nous a crié dessus le matin ?
  - non, il parle pas beaucoup, mais comme je te l'ai dit il fait partie des gens pas fréquentable.
  - pourquoi tous ces stéréotypes ? À cause de son physique ou ses fréquentations ?
  - c'est un bourreau des coeurs, un bad boy,  a ce qui paraît, il avait kidnappé une fille et l'avait retenu de force chez lui puis il l'avait violé.
  - sérieux ?? J'étais choquée.
Elle me donnait les détails en partant s'asseoir.
  - toujours en train de faire des ragots,?
  - ce n'est pas le comportement d'une sainte vierge, non?
Le visage de ma nouvelle amie se décomposa. Deux garçons, aussi dark que Rogers vinrent derrière elle et un déposa sa main sur son dos. Subitement je sentis la main de quelqu'un se glisser autour de ma taille, tel un serpent.
  - ce n'est pas la nonne de la matinée ? Tu croyais courir jusqu'où ? C'est mon territoire ici tu sais ?
Je ne pouvais pas parler. J'ai juste secoué ma tête pour donner mon approbation. C'était la personne qui m'a menacé le matin. Je n'arrivais pas à voir son visage, je n'osais pas. Il était derrière moi et me sifflait des mots dans mon oreille.
  - alors, tu n'as pas de blaze ?
Je hocha ma tête positivement, avant de changer d'avis. Ça voulait dire quoi blaze ?
  - tu veux nous le cacher ?  Dit il avec rire sadique.
On joue à quoi là ? Je fais l'effort de passer inaperçue, mais on me cherche toujours. Je regarde mon amie, elle me dit non de la tête. Désolé. Je me retourne pour connaître la personne qui me fait chier depuis un moment en essayant d'imiter le regard de mon camarade. Je tombe à moins de 10 cm du visage d'un mec. Il a des piercings, à la lèvre, au dessus du sourcil gauche et des tatouages sur le cou. Ses yeux son noirs, non, ils sont sombres. J'en ai jamais vu des comme ça. Avant que je ne commence à brûler à petit feu, je sort la première chose qui me vient en tête.
  - quand tu t'adresses à moi, tu pourrais utiliser une langue reconnu par une institution ? Même un enfant pourrait poser une question en anglais.
Il fait un sourire au coin, pendant quelques secondes, juste assez pour diviser par quatre mon taux de confiance.
  - tu viens de me traiter d'idiot, que je peux pas m'exprimer dans notre langue nationale ?
  - je te dis juste de ne pas me causer ghetto.
  - qui es-tu, toi la nouvelle ??
Mon répondant est mort. Je peux plus rien dire. Mes complexes et ma peur des gens remontent. Il se rend compte que je suis perdue et affiche un large sourire, de tueur.
  - tu ne sais pas ce que tu viens de déclancher, me dit il avant de partir.
                     L'abandon est ma nature,
                     Le silence, ma signature.

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