Chapitre 2 : Dans la forêt

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Au bout d'une quinzaine de minutes de marche dans la forêt majestueuse et immense, le nain s'arrête et s'accroupit près d'une flaque d'eau.

-Et papy c'est pas l'heure de la pause !

La voix féminine de derrière le fait sourire et il rétorque.

-J'ai pas de cheveux mais je suis pas vieux pour autant.

La blonde regarde le sol et s'esclaffe.

-Lui il est plus froid que le poulet de l'autre à midi.

Des têtes curieuses se regroupent autour d'un cadavre de lièvre. Il a la colonne recourbée et le corps tendus. Le plus étrange est la légère mousse blanche qui entoure sa gueule. Le gringalet a le front plissé et regarde les alentours.

-Il a eut quoi ?

Le nain se tourne vers le gringalet et hausse les épaules.

-Je sais pas trop, on dirait qu'il a fait une sorte de crise. Ptêtre qu'il a bouffer un truc qui fallait pas, bon après je suis pas véto. Et puis ça nous concerne pas trop. Si on voit que y en d'autre, on le signalera au garde-forestier.

Ils se remettent en marche tranquillement parlant de tout et de rien. Le chauve reste en arrière et s'accroupit devant la flaque ; il veut juste vérifier quelque chose. Il la sent mais ne note rien d'anormal. Il veut confirmer ses doutes, y trempe ses doigts et les porte à ses lèvres. Le goût au début normal, devint âcre au bout de quelques seconde et il le recrache aussitôt. Le même goût que la pluie qui avait ruisseler sur ses lèvres ce matin. Il reste songeur un instant et s'empresse de rejoindre les autres. Dès qu'ils seront rentrés, il alertera le garde-forestier, la forêt lui semble étrange depuis quelques jours.

Ils travaillèrent toute l'après-midi à couper cette plante invasive qui envahit les bords de rivière. Le jeune homme observe les alentours et note sur son calepin, s'intéressant beaucoup au cours d'eau. Il regarde pensif la rivière déchaînée et boueuse

-C'est la première fois que vous la voyez ?

La voix du vieil homme à la barbe le surpris. Il se retourne et voit des yeux bleus brillant et interrogateur qui l'observent.

-Oui.

Le barbu s'assied sur une jeune souche coupée près de lui. Il respire calmement et ses yeux pétillent.

-Quand il n'a pas fait mauvais elle est très belle cette rivière. L'eau transparente et pure se colore de reflet vert, turquoise et bleu. On y voit à travers ses pierres colorées et arrondies par le courant. Elle scintille lorsque les rayons du soleil rencontrent son eau cristalline et le fond pétille du à des fragments brillant dans ses pierres. C'est une merveille de la nature

Il se tourne vers son interlocuteur et son visage à changer d'expression

-Mais veillez-vous! Son eau est glacée et ses courants sont traîtres. Ils vous entraînent vers le fond où ils vous coincent dans un trou qui deviendra votre tombe !

Le jeune homme la regarde quelques temps encore et s'apprête à faire demi-tour mais le barbu le retient.

-Vous êtes déjà venu pour quoi dans cette forêt? Pour observez les travaux du domaines primaires ?

Ses yeux d'un bleu perçant semble lire en lui.

-Euh ouais.

Il se dégage de l'emprise ferme du vieux et s'empresse d'aller nerveusement regarder la fille et le gringalet travailler. Les remarques du vieillard l'ont mis sur les nerfs. Pensif, le barbu hèle le chauve.

-Tu trouves pas que c'est bizarre ces temps ?

Le nain se tourne vers lui surpris.

-T'as aussi remarqué ? Je croyais être le seul...

-Non, ça fait un mois que je me doute qu'ils trament quelque chose...

-Un mois ? Un mois que cette saloperie est dans nos forêt ? Et comment tu sais qui est le coupable ?

-Oh ça fait un peu plus longtemps et pour les coupables c'est assez logique. Je t'expliquerai ce soir.

Le chauve ouvre la bouche mais la referme. La curiosité le taraude. Il hausse les épaules et se remet au travail.

Après des heures d'acharnement et des litres de transpiration, il finissent le boulot avec une demi-heure de retard. Le jeune homme peste car il est bientôt sensé s'envoler.

-Relax Max !

La bûcheronne le lui dit amicalement avant de lui asséner une tape gentille dans les omoplates. Il garde pour lui la réflexion que l'impression qu'elle lui fait, est le contraire de relaxation. La quasi joyeuse compagnie reprend la route pour rentrer au cabanon et rejoindre les hélicoptères afin de retrouver lez zones habitées.

Les prisons de feuOù les histoires vivent. Découvrez maintenant