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Chapitre 5: La fuite

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Les bûcherons se mettent à quatre pour transporter l'outil énorme le plus rapidement possible. Leurs sacs, emplis de combinaison anti-feu, sont tant chargés que leur lourdeur cisaille leurs épaules. Alors qu'ils s'enfuient se perdre dans la majesté de dame forêt, le jeune homme se tourne une dernière fois, et frissonne en voyant au combien le feu dévore rapidement la forêt d'un appétit devenu des plus gargantuesque.

Au bout de cinq minutes de course intense il supplie pour une pause.

-Hey ...on peu quand même souffler...on voit déjà plus de lueur rougeoyante...

-Ho ! L'ami... ! On doit ...arriver à la rivière ...avec pas mal .. pas mal d'avance pour scier un tronc à temps.... et le faire péter... !

Ils continuent leur course sans regarder si le citadin les suit. Il n'a pas d'autre choix que d'ignorer sa douleur et de continuer à courir. Petit à petit la distance grandit. Pris de désespoir il s'arrête et les conjure de l'attendre. Ils lui crient au loin de continuer tout droit sans s'arrêter jusqu'à la rivière et repartent de plus belle. Il appuie ses avant bras sur le tronc et tente de maîtriser son souffle. Il hait l'endurance. Il a passé des heures à la salle pour prendre de la masse musculaire mais dans un but principalement esthétique. Sans compter. Qu'il souffre depuis sa tendre enfance d'un asthme. Certe léger, mais tout de même handicapant. Au bout de six-sept minutes d'intense concentration sur sa respiration, il peut à nouveau respirer normalement. Il se lève pour repartir. Alors qu'il s'apprête à reprendre la course, son sang se glace dans ses veines. Il n'est plus sûr de la direction exacte prise par les autres.

-Non...non... non non non non! ...c'est pas possible !!! Il se prend la tête entre les deux mains et sent la panique s'insinuer dans chaque fibre de son corps.

-Chier, mais chier ! ...Crever pour une connerie pareil ?!! Réfléchis, réfléchis,...

Il entend au loin un craquement assourdissant d'un arbre vaincu par le feu. Il doit partir. Maintenant. Il prie le Dieu en quel il ne croit pas, ferme les yeux, inspire, prend la direction qui l'inspire le plus. Désormais, il court comme s'il avait des ailes, jamais il n'a senti un tel désespoir. Il court pour avoir mal et ignorer la douleur du stress et de l'angoisse. Le doute le ronge. La panique lui donne la nausée. Après des instants interminables, il entend au loin le grondement de la rivière. L'espoir frémit sous son torse et apaise ses tourments. Lorsqu'il atteint les berges, il veut faire éclater sa joie avant de constater que les autres n'apparaissent nulle part. Après son ascension de joie, il chute à nouveau dans la peur. Il halète, reprend son souffle et gueule à s'en déchirer les poumons dans l'espoir de ne pas avoir trop dévié et que les autres soient proches. Rien. Pas la moindre réponse. Ils doivent être plus loin. Au fond, il n'a qu'à suivre la rivière. Revigoré par cette réflexion. Il se sent d'attaque pour repartir. A l'instant de s'élancer, il stoppe net. Il regarda en amont de la rivière puis en aval. À gauche...ou à droite ?

-C'est une blague ?! Putain j'ai fait quoi pour mériter ça ?! Plus jamais ! Plus jamais ! Si je sors vivant...Si je sors vivant je vais t'emmerder patron de merde !!! Tu pourras aller te faire foutre avec tes journées de travail plutôt sympa! Un beau travail dans la nature ! Le grand air bénéfique, la paix de la nature.. !! T'as jamais été un bon père pour moi !! C'est avec ...c'est avec ...

Il se laissa tomber au sol et des larmes coulent sans effort le long de ses joues pour continuer à glisser dans son cou ou tomber sur ses cuisses. Il marmonne pendant un moment, se jurant qu'il changera de métier. Un truc calme. Sans stress. Fini le monde des requins. Promis. Il en finira avec ça. Et tant pis pour son salaire, pour sa fierté et pour son père.

Il n'a pas la journée pour pleurer et se lève à grande peine en frottant ses manches sur son visage.

-Bon à droite, je suis droitier..

Il part comme une bombe avant de ralentir. Il se retourne...il a une chance sur deux... Gauche est un peu en descente, plus facile pour courir.

-Tu vas te décider ptit con ?!! Prends de l'initiative dans ta vie pour une fois !!!

Il se tourne résolu, prend à gauche et dévale la légère pente. Alors qu'il courre, le doute le ronge. A-t-il fait le bon choix ? Son erreur lui coûterait la vie s'il s'est trompé. Les secondes s'égrènent et rien ne lui indique qu'il fait bonne route. Faire demi-tour ? Il le peut, mais les autres sont peut-être un peu plus loin, et il les manquerait pour peu. Plus il s'éloigne, plus il se dit, STOP demi-tour tu en as encore le temps.. Et pourtant, il maintient sa direction. Soudain, il entend un frottement lointain... Celui du fer qui ronge le bois...Son coeur bat plus vite. Il les appèle... Il courre... Non il vole...Ses pieds se sont pris dans une racine et sa vitesse cumulée à la pente du terrain font qu'il s'écrase. A l'instant où son torse touche le sol, une explosion éclate à proximité. Sonné, il entend des éclats de voix autour de lui. Il sait qu'il les a retrouvé.

-Les gars !! Si vous saviez comme je suis heureux de vous ...

Il n'a pas le temps de finir sa phrase car des mains le saisissent violemment. Il sent qu'on l'emmène rapidement. Bousculé dans tous les sens, épuisé, meurtri, il perd connaissance.

Les prisons de feuDes histoires addictives. Découvrez maintenant