Felix
La nuit me paraît interminable. Je me tourne, me retourne, encore et encore sous la couette : impossible de trouver le sommeil. Mon inquiétude pour le week-end est mêlée à l'impatience d'être lundi, en plus de toutes ses blessures qui me brûlent.
Je ne peux même plus prendre mon téléphone pour aller sur les réseaux sociaux jusqu'à m'effondrer de fatigue. J'aurais bien aimé explorer l'Instagram des deux chats pour en apprendre plus sur eux. Oui, je dois être de ceux qui ne connaissent même pas les influenceurs de leur lycée.
Bon. Je réveille mon corps engourdi et me lève : je sais que de toute façon je ne dormirai pas. Je me mets devant ma fenêtre et regarde la pluie qui tombe sur le béton de la ville.
Tout est allé si vite. Ma réputation est vraiment tombée en chute libre. Tout cela à cause de ma fatigue qui m'a fait faire des trucs cons.
"Non."
Tout cela à cause de ces abrutis qui m'ont volé mon téléphone.
Je sors de ma chambre et pars vers la cuisine pour prendre un sac de glaçon que je mets sur ma joue.
"2 heures du mat'..."
Je comprends maintenant pourquoi l'heure est écrite sur les fours. Bref, heureusement que je pourrai dormir autant que je veux demain matin.
Après avoir calmé mes douleurs, je retourne dans mon lit et somnole sans vraiment m'endormir.
La lumière du Soleil qui se lève sur la ville entre dans ma chambre et se plante directement dans mes yeux. Elle me réveille, et j'ouvre lentement mes yeux. Je suis à moitié couché hors de la couette, qui elle est presque tombée sur le sol.
"Uuuhh..." Je baille et reste couché sans bouger.
Je n'ai même pas la force de me lever pour aller déjeuner. Je commence à me rendormir lorsque quelqu'un toque à ma porte assez violemment :
"Felix, n'espère pas pouvoir rester enfermé dans ta chambre toute la matinée. Sors de la et prépare-toi."
"Me préparer à quoi... ?" Je demande avec une voix fatiguée.
"Tu viens à la salle aujourd'hui avec moi, et non tu n'as pas le choix."
"Aaaaah..."
Quoi de mieux le matin que la voix de son père qui nous oblige à faire des trucs ? J'entends ce dernier s'éloigner de ma chambre, replongeant la salle dans le silence.
Je fouille dans mon armoire pour trouver la tenue la plus sportive que j'ai chez moi.
"Ça fera l'affaire, je suppose."
Je mets un short noir et un haut un peu au hasard, puis sors de ma chambre. Je déjeune rapidement, et mon père m'emmène directement à la salle.
"Pourquoi est-ce que tu veux que je viennes sinon ?" Je lui demande.
"Regarde-toi avant de demander."
Je suis extrêmement maigre, je ne peux pas le nier. Seulement, c'est à moi de choisir si je veux faire du sport ou non.
"Je vois pas pourquoi je pourrais pas faire 1m80 et peser 50 kilos !"
* * *
Je souffre. Littéralement.
Ça fait environs deux heures qu'on est là, et mon père fait tout pour me pousser à bout. Exercices sur exercices, encore et encore. Chaque partie de mon corps ne répond de moins en moins. J'agonise presque, et l'autre le voit très bien. Il l'ignore visiblement et m'oblige des mouvements toujours plus difficiles.
Alex rentre alors dans la salle. Je le remarque tout de suite. Son pelage rayé m'est presque devenu familier, comme si je le connaissais par cœur. Il marche devant moi et nos regards se croisent. Dans ce simple regard semble se cacher toute une discussion.
"Sors moi de là... pour l'amour de Dieu..."
"Si seulement je pouvais t'aider..."
Il ne s'arrête pas pour ne pas attirer l'attention et va sur une des machines proches de celle où je suis. Je reporte mon attention sur mon père, et vois qu'il regarde autre chose. J'en profite et observe le corps d'Alex.
Sa grande taille, accompagnée de muscles gonflés qui tressaillent sous sa tenue au rythme de ses gestes me donne envie d'encore se coller contre ce corps qui m'attire de plus en plus, de le serrer dans mes bras, de sentir son pelage sous mes mains.
Je contemple chacun de ses membres lorsque mon père détruit ce moment.
"Eh ! Si tu veux devenir comme lui, alors t'as encore beaucoup de travail !"
Je n'y ajoute rien.
Après cette séance pour le moins douloureuse, on repart vers la maison. Je le vois bien : mon père est fier. Fier de quoi ? D'avoir exploiter jusqu'au bout chacun de mes muscles alors qu'il a bien dû voir toutes mes blessures, certainement. Il serait aveugle s'il n'avait pas vu l'énorme tâche noir sur mon visage.
Je m'effondre encore une fois sur mon lit, les poils gras de transpiration. Quand est-ce que j'aurai enfin la paix ? Après cette semaine pour le moins éprouvante, je n'ai qu'une envie : dormir autant que je le peux.
Cependant, je dois l'avouer, outre mon père et les blessures, j'ai aimé la musculation. J'ai beau être à bout, je me sens... un peu mieux ? Et puis, je ne veux pas qu'Alex me trouve trop frêle, trop faible pour lui. Je veux être accepté par le titan.
Le midi, toute la famille mangent autour de la table. Je n'écoute, comme toujours, que le quart de tout ce qu'ils disent. Qu'ils parlent de moi ou non, je ne me sens même pas concerné.
"Hein, Felix ?" La question de mon père me sort de ma pensée, ce que je déteste par-dessus tout.
"Quoi ?" Je lui réponds d'un ton sec, presque méprisant.
"J'ai dit, on a bien travaillé, n'est-ce pas ?!" Toujours avec cet air et cette envie de me rabaisser.
"Ah, ouais, si tu le dis..."
"Mais pourquoi t'as tout le temps besoin de nous parler comme ça en fait ?! On est ta famille t'es au courant ?" Ma sœur décide de s'inviter dans la discussion avec ses valeurs que personne ne partage.
"Déso de pas aimer causer avec vous."
La gifle est partie. Mon père avait fait attention de bien se mettre à côté de moi pour me surveiller.
"Alors ferme-la et mange"
Je le fais, je n'ai d'autres choix pour l'instant.
Je replonge dans mes pensées jusqu'à la fin du repas. Il me semble que ma mère a parlé de l'idée de l'appartement, mais je n'ai pas daigné regarder la réaction des autres. Ils ont dû se dire que je veux faire l'adulte mais qu'au fond je ne suis qu'un ado en crise, alors que j'ai 18 ans.
L'après-midi, je suis plus libre. Je dessine, pense beaucoup à Alex, écrits mes pensées en tas dans un carnet. Je fais encore une insomnie le soir et me réveille le matin à 10 heures, le corps entier ankylosé et courbaturé.
"Putain de vie."
Je prends presque une heure à me lever, pour une journée que je ne voudrais honnêtement pas vivre.
Le dimanche passe relativement vite, mon père m'oblige à faire des tâches dans la maison, ranger ma chambre, etc. Le soir, j'arrive enfin à dormir assez tôt, et rien ne se passe dans mes rêves.
VOUS LISEZ
[FR] {COMPLETE} Les Abysses de la Vie (Furry Bxb)
General Fiction"J'ai toujours pensé qu'on pouvait te faire confiance." Même si ces mots viennent de quelqu'un qui m'est presque inconnu, ils resteront toujours gravés dans ma mémoire, comme ce jour où tout a commencé à s'effondrer autour de moi. (Ma première histo...
![[FR] {COMPLETE} Les Abysses de la Vie (Furry Bxb)](https://img.wattpad.com/cover/206098265-64-k806254.jpg)