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<<J'ai envie de tuer.>>

Tu avais prononcé ses mots comme si ils étaient normal. Enfin, ils le sont pour nous. Alors j'ai souris à l'écran de mon téléphone où ton visage calme s'affichait. Tu étais loin, en France, profitant un peu de ta famille.

Je sais que tu aurais préféré être avec moi, tuer sans réfléchir et jouer avec mes chairs qui n'attendaient que toi. Tu devais avoir l'air normal, passible, tu as accepté l'invitation pour faire guise de couvertures. Ainsi tu avais l'air de quelqu'un qu'on ne pourrait pas suspecté d'avoir arraché plein de vie. En partant ainsi, tu donnais à notre vie un aspect de deux jeunes adultes qui s'aiment, qui seront heureux au retour de l'autre. Une joie d'apparence amoureuse et pure, alors qu'au fond elle ne serait que l'excitation de tuer.

Tuer ensemble. Liant nos âmes par le sang chaud, les cris étouffés et les larmes versées.

<<Je te promet que tu pourras tuer dès ton retour.>>

Ce fut ton tour de me sourire, un sourire noir et fou, tes yeux se sont légèrement dilatés. J'ai rigolé quelques secondes et le moment de nous quittés est venue. Tristement, j'ai éteint l'appele, effaçant les traces de nos conversations qui ont été pour la plupart une partie de plaisir. Nous touchant sans pouvoir atteindre l'autre, sans possibilité de toucher du sang tiède d'un cadavre, n'importe lequel. C'était étrange, c'était comme un amuse gueule que j'allais approfondir ce soir.

Sans toi, tristement.

Mais j'en est terriblement besoin.

Sans attendre je me suis levé et j'ai parcourue notre appartement bien plus propre que nos âmes. J'ai pris un couteau de cuisine, refusant de prendre le tiens que nous cachions sous notre matelas. Je voulais aucunement utiliser ta lame, pas sans toi à mes côtés pour partager le délice de l'hémoglobine coulant sur la peau froide de nos proies.

J'ai enroulé le couteau dans un linge à vaisselle et j'ai fourré la chose dans la poche de mon pull. La forme était ainsi aucunement suspicieuse, et si je glisse mes mains dans les poches, on dirait qu'il n'y a rien.

Je dévale les marches de l'immeuble sans capuche, en souriant, je m'arrête à un palier et observe une notification instagram avant de continuer ma route. J'ai l'air d'une personne normal, j'effectue ce trajet pour la deuxième fois cette semaine et je me dirige toujours vers le même endroit pour me faire filmer par les caméras que j'ai sélectionné dans ma tête. Celles qui donnent l'impression que je vais dans la boîte de nuit du quartier, alors qu'en réalité je descend dans nos abysses personnelles.

Arrivé sur le long du chemin de fer, je le suis en jouant de mon équilibre sur le rebord en métal. je bifurque à droite après un moment et cours dans les hautes herbes. Je tend mes bras chacun d'un côté et laisse la verdure couper mes mains sans douleur, je ne la ressens plus, elle est devenue un plaisir.

Je m'enfonce dans notre cachette et regarde le corps déjà affaiblit devant moi, endormie. Je voulais t'attendre pour l'utiliser, mais maintenant mon coeur me dicte de m'amuser comme jamais.

Tu ne m'en voudrais pas de toute façon, tu serais même très fier que mes pulsions viennent sans ton aide.

~Psychopathe~ [Reno AU]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant