« Les Dieux nous ont parlé. L'heure est arrivée. Cela fait près de 80 ans depuis la fin de la grande guerre... et vous avez préféré nous oublier. Depuis 80 ans, nous nous préparons, nous ruminons notre colère, notre rage et notre haine envers votre...
Au bord des remparts de Zion se tenait un homme vêtu d'une armure dorée très finement sculptée et orné de pierres précieuses autour du cou. Cette armure était recouverte d'une longue tunique noire, les manches étaient amples et cachait ses bras laissant seulement apparaître des gantelets d'or étincelants.
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Ses cheveux blancs laissaient deviner son âge bien qu'il avait encore le physique d'un homme dans la fleur de l'âge. Ses rides lui donnaient un air sévère et étaient signe de nombreuses expériences de vie. L'homme avait le regard figé vers l'ouest et semblait perdu dans ses pensées. Un soldat vint à lui.
- Votre majesté.
L'homme ne détourna pas le regard et marqua un silence.
- Qu'y-a-t-il ? demanda-t-il d'un ton désintéressé.
- Le seigneur du nord est arrivé. Ils sont tous là à présent.
- Très bien, rassemblez-les.
Cet homme, qui jusqu'alors était resté bien calme, se trouvait être le Roi de Zion, le Roi de tout Acleon. Il se dirigea avec un air sérieux dans la salle du trône, se préparant à devoir assumer sa supériorité face à ses sujets. Les seigneurs attendaient silencieusement et contemplaient chaque détail de la salle. Les piliers étaient de marbre et bordaient la salle jusqu'à deux escaliers identiques qui se joignaient à quelque mètre du sol et donnaient sur le trône du Roi. Ainsi, la place du souverain était signe de pouvoir et de supériorité. Le Roi de Zion prit place sur son trône, mettant dans le même temps son diadème qui était bien moins travaillé que la plus pauvre des habitations de la cité. Ce diadème fut le diadème du premier Roi de Zion. Alakei Dandeleon avait proclamer qu'il symbolisait l'humilité que se devait d'avoir un bon roi.
Tous les seigneurs d'Acleon avaient été appelés à Zion pour la mise au point annuel de la distribution des ressources et des armes. Le seigneur de Baelum, seigneur de l'ouest, était humblement vêtu, il portait une simple tunique de couleur bleu et non une armure comme ses alliés. La ville de Baelum étant le plus à l'ouest, elle n'était pas habituée à combattre ni se défendre contre de potentiels ennemis. Cependant, sa position était dans le même temps un avantage économique important car elle disposait d'immenses ressources de la mer et de la terre. Le seigneur de Myalo, seigneur de l'Est, était quant à lui vêtu d'une armure d'argent finement taillée. Presqu'aussi impressionnante que celle du Grand Roi, elle avait été façonnée par les meilleurs forgerons d'Acleon, utilisant des pierres de lunes et un minerai très pur. Les longues épaulières en pointe laissaient apparaître une longue cape d'un rouge sang qui traînait au sol. Le seigneur du nord était un homme âgé d'une vingtaine d'années seulement. Forcé de lever les yeux vers le roi, il tenait à la main son manteau de fourrure et ne portait qu'une simple tenue de cuire brun où une corneille était gravée sur le torse, les ailes déployées. Tous s'agenouillèrent devant le roi qui était accompagné de ses plus fidèles guerriers et de sa main qui prit la parole :
- Vous êtes en présence d'Ademar Ier de la maison Dandeleon, troisième roi de Zion et roi d'Acleon.
Les seigneurs se relevèrent et restèrent silencieux.
- La réunion va commencer dans quelques instants et aura lieu dans un endroit plus convenable. Avant cela, auriez-vous des requêtes à nous soumettre ? ajouta la main du roi.
- Les requêtes attendront la fin de la réunion Beloran. Le temps presse, dit le Roi.
Sur ces mots, le Roi, les seigneurs et la main Beloran se dirigèrent dans une salle plus confortable où tous pouvaient s'asseoir autour d'une grande table ronde. Ils prirent place.
- Bien, nous devons nous occuper du manque de ressources à Ishgar, à Elessar et sur l'Ile aux Corbeaux. Malheureusement nous disposons encore de trop peu pour plaire à chacun. Ainsi je vous demande à vous, mes seigneurs, de prêter main forte à la couronne en attendant que les temps redeviennent comme ils étaient et vous rendre ce qui vous sera dû, annonça Beloran.
- La ville de Baelum peut vous dédommager pour quelques semaines. Les temps sont également difficiles chez nous, la faune se fait de plus en plus rares et les navires sont obligées de partir en mer plus longtemps qu'auparavant, dit le seigneur de l'ouest.
- Nous pouvons vous procurer quelques navires de la flotte royale si cela peut vous aider, répondit le Roi.
- Ce serait en effet plus que nécessaire votre majesté.
- Combien vous en faudrait-il ?
Le seigneur de Baelum marqua un silence.
- Une quinzaine serait parfait.
- Une quinzaine ? Cela représente un tiers de notre effectif. Vous demandez beaucoup, avança Beloran d'un ton sérieux.
- Nous allons avoir besoin de beaucoup si vous voulez que votre peuple ne meure pas de faim.
Le Roi soupira alors que Beloran se tût, les deux autres seigneurs restaient encore silencieux.
- Très bien, vous aurez vos navires, dit le Roi. Qu'en est-il de vous Silma ?
Le seigneur de l'Est se racla la gorge avant de lui répondre :
- Nous n'avons nul besoin de ressources, nous avions été prévoyant grâce aux dieux. Seulement nous ne pouvons malheureusement pas vous donner ce que vous voulez, autrement ce sera mon peuple qui en pâtira.
- Je vois.
Soudainement, un soldat entra brusquement dans la salle de réunion. Il se dirigea vers le Roi et lui murmura quelque chose. Les yeux d'Ademar s'écarquillèrent. Il se leva, s'excusa auprès de ses sujets puis parti à grand pas. Il se précipita dans ses quartiers et entra dans une chambre. Son visage devint pâle, sous le choc, il avança doucement vers le lit où une femme du même âge était allongée. Les prêtresses à côté d'elle nettoyaient les draps tâchés de sang. La femme était faible. Trop faible.
- Miria... murmura le Roi alors qu'il alla au chevet de sa femme.
- Ademar... je... je suis désolée...
- Où est l'enfant ? dit-il en retournant la pièce des yeux.
- L'enfant n'a pas survécu, majesté... et... la reine...
- Sortez.
- Majesté...
- Sortez !
Les prêtresses laissèrent le Roi seule avec la Reine.
- Ademar... tu dois... te remarier...
- Ne dis pas ça.
- Tu as besoin d'un héritier... je t'en prie... je... je ne peux plus... je n'en peux plus...
Ademar prit sa femme contre lui, la serrant aussi fort qu'il le pouvait. Des larmes coulaient sur ses joues. Sa voix vacillait alors qu'il tentait de la rassurer. Il le savait, elle allait mourir. Là, ici, ce jour-là, dans ses bras.
La Reine Miria mourut sans donner d'héritier au troisième Roi de Zion. Ce mariage d'amour, qui avait pourtant été une grande joie pour tout Acleon, ne porta jamais fruit. Le temps se couvrit. Même les Dieux de ce monde pleuraient... tous sans exceptions... alors que le pire était encore à venir.