Voilà c'est finis...tout simplement...

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Isabelle :

Je suis assise sur le canapé, mes mains serrant les bords de mon sac. Il est lourd, trop lourd, mais pas autant que le poids qui pèse sur ma poitrine. Je sens mon cœur se déchirer doucement à chaque regard furtif que je lance autour de moi, chaque recoin de cet appartement qui me semble soudainement étranger.

C'est ici que j'ai cru pouvoir tout construire, que j'ai cru être aimée. Mais tout ça, c'est fini. Je suis fatiguée, épuisée, dévastée. Et pourtant, une partie de moi, une toute petite partie, comprend. C'est fini, mais c'était écrit, n'est-ce pas ?

La porte d'entrée s'ouvre. Je n'ai même pas besoin de le voir, je le sais. Je n'ai pas besoin de ses paroles. Je l'entends sans même le voir, son pas qui s'arrête net, ses yeux qui tombent sur le sac à mes pieds. Il sait, bien sûr qu'il sait. Il a compris, il a vu les signes. Il n'a plus besoin d'être un génie pour savoir que tout est en train de se briser.

"Nous avons, je crois, à parler, toi et moi."
ma voix est basse, hésitante, comme si j'avait peur que le simple fait de dire quelque chose le brise lui aussi. Mais ça ne me touche plus. Ce n'est plus le moment pour les excuses. Ce n'est plus le moment pour les regrets. Je suis à bout. C'est moi qui l'ai décidé, c'est moi qui me lève et qui dis stop. Pas lui. Moi.

Je lève la main avant qu'il puisse faire un pas de plus. Je ne veux pas qu'il vienne, pas maintenant. Si je le laisse s'approcher, je vais craquer. Si je le laisse faire, il va me dire quelque chose qui va me donner de faux espoirs, quelque chose qui va me faire penser qu'il est encore possible de tout réparer. Mais non, ce n'est pas possible. Ce n'est plus possible.

"Je suis allée à l'hôpital... j'ai tout vu, tout entendu,"

mes mots sont secs, froids, mais à l'intérieur, c'est un tourbillon. Un mélange de douleur, de colère, et surtout de déception. J'ai cru en lui, j'ai cru en nous, et tout ça pour quoi ? Pour que tout s'effondre dans une pièce d'hôpital, une simple scène, et je me retrouve là, à tout quitter.

Je soupire profondément avant de continuer.

"Je suis allée voir Rose pour des explications. Je les ai eues."

Je me sens comme un fantôme, en dehors de moi-même. Chaque mot que je prononce me pèse.

"Je suis aussi allée la voir, Océane. Elle est belle, Rick... même pâle, fatiguée, elle est belle. Bien plus que moi..."

C'est un coup de poignard. Ça fait mal de l'admettre, ça me fait mal de le dire. Mais il faut bien que je le fasse. Je ne veux plus de mensonges, ni de faux-semblants. Je veux la vérité, même si elle est dure. Même si elle me brise. Je relève les yeux vers lui. Il a l'air désolé, coupable... mais ça ne change rien, rien du tout.

"Je pense qu'elle ne le sait même pas, hein ? Enfin... peu importe. Je te quitte. Ce n'est pas toi, c'est moi. Laisse-moi au moins ça."

Je me lève, mes jambes tremblent, mais je fais comme si tout allait bien. Je fais comme si tout allait bien parce que je n'ai plus le droit de pleurer devant lui. J'ai pris toutes mes affaires. J'ai pris ce qui était à moi, et je vais partir. Je lève les yeux, je le regarde, et je lui pose la question qui me brûle les lèvres, une question qui, je le sais, ne changera rien, mais que j'ai besoin de poser.

"M'as-tu aimé, au moins ? Même un petit peu ? Non... tu sais quoi ? Je n'ai même pas besoin de le savoir."

Je suis dévastée, et pourtant, au fond, je comprends. J'ai compris depuis longtemps. Cette place dans son cœur, elle n'a jamais été pour moi. Elle a toujours été pour elle, pour cette Océane. Je ferais n'importe quoi pour être celle qu'il aime. Mais je ne le suis pas. Et ce n'est pas de sa faute, ni de la sienne, c'est juste... la vie.

"Votre histoire est tellement compliquée... mais elle est belle. Je vous envie, vraiment."

Je sens mes lèvres trembler. Je lutte pour ne pas pleurer, mais la tristesse me submerge. J'ai envie de hurler, de tout casser, mais je ne peux pas.

"J'aurais tellement voulu être cette femme pour toi... mais je ne suis pas elle, n'est-ce pas ?"

Je suis épuisée. Je suis fatiguée de me battre pour un amour qui n'était pas destiné à moi. Fatiguée d'être celle qui reste dans l'ombre, de toujours devoir jouer ce rôle secondaire, celui qu'on oublie.

"Je ne suis que moi. Et c'est déjà bien suffisant. J'ai pris toutes mes affaires. Il n'y aura plus de traces de moi chez toi, et Rick... Je ne regrette rien."

Mais je suis brisée. Complètement. Je me tiens debout, mais à l'intérieur, tout s'écroule. Chaque mot que je dis, chaque phrase, est comme un dernier adieu.

"Isa, je..."

Je le coupe, brutalement. Parce que je sais ce qu'il va dire. Parce que tout ça, toutes ces paroles qu'il pourrait prononcer, ne changera rien. Ce n'est plus le moment des excuses.

"Tu n'as pas besoin de m'expliquer. Pas besoin de te justifier. Je ne veux plus rien savoir. Je veux juste fermer cette parenthèse de ma vie, et essayer de t'oublier. Ça ne sera pas facile. Je le sais."

Je prends une grande inspiration et déglutis difficilement, me forçant à terminer ce que j'ai commencé.

"Mais j'espère qu'un jour, je trouverai quelqu'un qui m'aimera comme tu l'aimes, Rick. Je vous envie tellement."

Il me regarde, ses yeux pleins de regrets, mais ça n'a plus d'importance. Ce n'est pas ce qu'il ressent qui compte maintenant, c'est ce que je ressens, et ce que je dois faire pour moi.

"Ce n'est pas grave, Rick. Je t'assure."

Mensonge! mais je ne lui dirais jamais!

Je contourne Rick, je me dirige vers la porte. Un dernier regard, une dernière image de tout ce que j'ai cru pouvoir être. Je tourne la poignée, j'ouvre la porte. Je me retourne une dernière fois, et je la ferme doucement. Chaque mouvement est lourd, chaque geste me brise un peu plus, mais je dois continuer.

Je m'appuie contre la porte, fermant les yeux un instant, pour retenir les larmes, mais elles viennent. Elles coulent, chaudes, amères, mais je les laisse faire. C'est la fin. La fin de tout ce que j'ai cru. La fin de moi avec lui.

Je me redresse, essuie mes yeux, et je m'éloigne. Les rues sont vides, sombres, silencieuses. Je marche lentement, chaque pas me déchire un peu plus, mais je continue. Parce qu'il n'y a plus de place pour nous. Il n'y en a jamais eu.

Je m'efforce de ne pas regarder en arrière. Mais je ne peux pas m'empêcher de me demander si j'aurais un jour un jour la chance d'être aimée comme ça. C'est la fin, mais est-ce que ça va aller ? Est-ce que je vais un jour m'en sortir ?

Je ferme les yeux, une dernière fois. Je respire profondément. C'est fini tout simplement...

Seule, tome 2 : Ils veulent que je réaprenne a vivre !Où les histoires vivent. Découvrez maintenant