Rick :
Je suis là, devant la porte, mon cœur battant à tout rompre. Je sais qu'elle est réveillée, mais je n'ose pas franchir ce seuil. Que lui dire ? Comment lui dire ? Les mots me manquent, et je me sens comme paralysé par la peur, l'incertitude... La peur de la perdre encore. Mon esprit vacille entre deux pulsions, l'envie de la serrer contre moi pour la protéger et la folie de la faire disparaître à jamais de ma vie.
Finalement, je prends une grande inspiration et pousse la porte. Un frisson me traverse quand je la vois là, sur ce lit, si fragile, si petite... Elle me manque tellement que ça me serre la poitrine. Elle est pâle, presque translucide. Je m'approche doucement, chaque pas lourd de tout ce que j'ai gardé en moi pendant ce temps sans elle. Je m'assois près d'elle, observant chaque détail de son visage, cherchant des signes de vie, comme si je n'osais pas croire qu'elle soit là, que ce ne soit pas un rêve.
Elle dort, mais dans son sommeil, elle est si belle, si paisible. Je caresse tendrement sa joue, ce geste me fait du bien, comme un retour à la maison. À la fois doux et douloureux. J'ai tellement souffert sans elle.
— Océane, pourquoi ? Pourquoi m'as-tu laissé seul ? Pourquoi m'as-tu abandonné dans cette douleur insupportable ? Je n'étais pas seul à porter cette culpabilité, tu le sais, n'est-ce pas ? Moi aussi, je me suis senti comme un monstre, comme un homme détruit... mais je n'étais pas seul à porter la faute. Je ne pouvais pas le supporter, mais tu ne l'as jamais su.
Je reste là, à la regarder, un torrent d'émotions déferlant en moi. Elle est revenue... Enfin.
— Es-tu revenue pour rester, Océane ? Ou vas-tu encore partir ? M'abandonner encore ? J'ai essayé, tu sais... J'ai essayé de t'oublier. De te laisser partir. De reconstruire ma vie. Mais au fond, je savais que c'était impossible. Parce que je n'ai jamais cessé de t'aimer. Jamais. Tu es la partie de moi, celle qui me fait respirer, celle sans qui je suis perdu. Depuis un an, j'ai vécu sans pouvoir respirer, sans pouvoir vivre vraiment. Mais là, maintenant, je sens cet air frais dans mes poumons, je sens que la douleur s'évapore.
Je la regarde intensément, avec un besoin presque viscéral de savoir qu'elle est là pour moi, qu'elle ne m'abandonnera plus.
— Je ne te laisserai plus jamais partir, Océane. Peu importe où tu iras, je te suivrai. Même si tu ne m'aimes plus, si tu me rejettes, je t'aimerai pour deux. Mais ne me laisse plus jamais derrière toi... Parce que, sincèrement, je ne crois pas que je survivrais à ça. Je t'en prie, ne pars pas.
Je la contemple, mon cœur battant la chamade. Et c'est alors qu'elle bouge, lentement. Un frisson m'envahit. Je me penche vers elle, mes lèvres se posent sur les siennes, un baiser doux, presque timide, mais rempli de tout ce que je ressens pour elle. Quand je me redresse, je croise ses yeux. Ils sont là, ancrés dans les miens, et tout mon être se serre d'un coup. Elle est là... enfin, elle est là.
Isabelle :
Je suis là, figée, ma main sur ma bouche pour étouffer le son qui s'échappe malgré moi. La scène que je viens de surprendre... c'est comme une gifle en plein cœur. Tout ce que j'entends, tout ce qu'il dit... C'est elle. Elle, Océane. Pas une ex, non, bien pire... l'amour de sa vie.
Et moi dans tout ça ? Moi, qui l'aime depuis huit mois, qui pensais que j'étais enfin celle qu'il avait choisie, celle qu'il désirait, qu'il chérissait... Je suis quoi, dans son histoire ? Rien, je suppose. J'ai cru que nous étions un couple, mais je me rends compte que je n'ai jamais compté. Jamais.
Je n'ai jamais entendu ce regard, ce ton, cette tendresse dans sa voix pour moi. Il lui dit tout, il lui donne tout... et moi, qu'est-ce qu'il me reste ? Que suis-je, à part une ombre, un substitut ?
Je recule, le cœur brisé, mon esprit confus. La douleur m'envahit, me ronge. Je n'arrive même pas à respirer. J'ai le ventre en feu, serré comme un étau. Je comprends tout. Tout. Toutes ces petites pièces du puzzle, elles s'emboîtent enfin. Il ne m'a jamais aimée. Il l'a toujours aimée. Et moi ? Je suis la fille de trop, la fille qui se fait avoir.
Je n'ai pas le droit de pleurer. Pas maintenant. Pas comme ça. Je prends une grande inspiration pour ne rien laisser paraître, mais c'est trop fort, trop cruel. Je me retourne brusquement et je m'en vais. Je me jette dehors, sans un regard en arrière.
Mais alors que je monte dans ma voiture, je me sens dévastée. Le silence autour de moi est insoutenable. Tout est trop lourd, trop intense. La vision de lui, si tendre avec elle, me poursuit. Ce baiser, ce regard, cette chaleur... tout ce qu'il m'a toujours refusé mais qui lui a offert à elle, comme si j'étais inexistante.
Je ferme les yeux, je serre les poings, mais je refuse de pleurer. Pas devant lui. Pas maintenant.
Je mets le contact, la voiture démarre. Rose. Il faut que je parle à Rose, que je comprenne. Je veux tout savoir sur cette Océane celle qui m'a tout pris en un claquement de doigts , celle qui m'a volé l'amour de ma vie. Celle qui a pris tout ce que j'avais cru être à moi. Je veux savoir pourquoi, je veux tout entendre. Parce que là, maintenant, je sais une chose : je l'ai perdu.

VOUS LISEZ
Seule, tome 2 : Ils veulent que je réaprenne a vivre !
RomansMon histoire ne se termine pas dans un drame absolu. Elle est loin d'être achevée. Après tout l'enfer que j'ai traversé, je dois désormais réapprendre à vivre. C'est, malheureusement, un nouveau combat que je dois mener... mon combat.