La Vivre Card d'Ace.

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PDV SAYERA


C'est maintenant que je me dis que j'aurais du faire plus attention au monde qui m'entoure. Oui, car je suis en ce moment même sur le navire de l'homme le plus fort du monde, enfin de ce qu'on m'a dit. J'ai donc un pourcentage plus élever de mourir que de survivre. C'est assez triste quand on y pense, mais je suis habituée. J'ai passé tellement de temps à m'enfuir de prison et à battre mes agresseurs que plus rien ne m'étonne. Bon, plus rien ne devrait m'étonner...

- Donc si j'ai bien compris, je suis en danger... Dis-je en marchant maladroitement aux côtés de Marco dans les couloirs du bateau.

- Ça dépend de tes actions, yoi. Sur le Moby Dick, l'équipage est assez convivial, surtout envers les femmes. Il me jette un regard en coin et me fais un clin d'œil.

-Je vois... Je réplique, indifférente. Ce n'est pas la première fois qu'on me fait ce genre d'allusions.

Perdue dans mes pensées, je manque de tomber, mais le blond me rattrape sans peine et me remet droite comme si de rien était. Cet homme dégage une drôle d'aura. Mais bon, il m'a sauvé alors je le respecte. D'ailleurs, s'il est enclin à m'aider d'avantage, je pourrais peut-être lui demander de me déposer sur une île tranquille... En parlant de destination, je ne sais pas où Marco m'emmène, mais je commence à être intriguée. Je veux dire, ça faut au moins deux bonnes grosses minutes que nous arpentons les couloirs. J'ai eu l'occasion d'admirer la grandeur du Moby Dick et j'ai cru en avoir fait le tour. Il faut croire que je ne suis pas sortie du bois...

- Si tu te posais la question, je t'emmène voir Père. La voix de Marco résonne entre les murs.

- Père? Je demande à voix haute ce qui fait rigoler le pirate. Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle pourtant...

- Tu verras, yoi! Sourit-il alors que nous débouchions enfin sur le pont. Mes yeux, habitués à la pénombre de mes paupières closes, s'embuèrent de larmes. Contente de retrouver la chaleur du soleil? Je hoche doucement la tête faisant bouger quelques mèches de mes cheveux noirs.

Après avoir recouvré mes esprits, mon regard se met à arpenter les alentours. La place est immense, illuminée par le soleil de l'après-midi et bondé de monde. J'ai de la difficulté à croire que ce simple navire puisse contenir un tel nombre d'hommes, mais bon vu la grosseur... Les regards sont tous posés sur mon corps. Certains tentant de m'analyser, d'autres me fixant avec avidité. J'ai l'impression d'être une bête de foire. Je ne suis pas du genre à être facilement désarçonnée, pourtant je sens mon coeur se mettre à battre rapidement. Le bout de mes doigts est froid même si je meurs de chaud. Ce n'est pas très agréable comme sensation.

Je me rapproche légèrement de Marco, le talonnant comme s'il était ma bouée de sauvetage. Soudain, mon guide se stoppe. Je lui fonce dedans, me demandant pourquoi il s'était soudainement arrêté. Tout le monde se met à fixer un point devant Marco et étant cachée derrière lui je ne cromprends pas pourquoi. Je décide donc de me décaler vers la gauche et je réalise enfin le pourquoi du comment.

Un homme. Gigantesque et doté d'une étrange moustache blanche. Baraqué et charismatique. En somme, le type d'homme à qui on ne devrait pas se frotter. Mes iris bleus entrent en contact avec ceux de cet immense pirate qui doit être le capitaine de cet équipage. Il me fixe avec intérêt. Ne devrait-il pas se méfier de moi? Ne devrait-il pas m'enchaîner? Je n'ai pas la prétention de dire que je suis plus forte que lui, mais je représente tout de même un danger! Est-ce parce qu'on le surnomme "l'homme le plus fort de monde" qu'il ne semble pas plus inquiété que ça? Il est vrai que, même branché à toutes ces perfusions, il dégage une puissante aura...

- Père, je vous l'ai amené comme convenu. S'exclame finalement Marco en me désignant d'un mouvement de tête.

Il me fait signe d'avancer, ce que je fais avec hésitation. Je suis maintenant face à Barbe Blanche qui, malgré le fait qu'il soit assis, fait trois fois ma taille. Sous un de ses ordres, un de ses subordonnés lui tend une bouteille d'alcool. Il s'en empare, la finit en une seule gorgée et reporte de nouveau son attention sur moi.

- Quel est ton nom, ma fille? Fait-il de sa voix grasse et rauque.

Je ne relève pas le fait qu'il m'ai appelé sa "fille" et essaie de soutenir son regard. Sayera... Je répond, de plus en plus mal à l'aise.

- Pour une fille qui a commis l'un des plus grands crimes sur Terre, t'as l'air timide! Gurarararara!

Ce qu'il vient de dire tilte dans ma tête. Je recule d'un pas.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez! Je cris, ce qui en soit, est très suspect. Barbe Blanche hausse un sourcil et se met à rire. Moi, je ne ris pas. Il n'y a rien de drôle!

- Je suis au courant de pas mal de choses, ma fille! Plus que tu ne le crois. Bi'no, la relique, le siècle oublié... Il reste évasif. Le genre d'informations qui ne doit pas tomber entre les mains de n'importe qui.

- Et comment êtes-vous au courant? Pour mon île et la relique? Je m'exclame d'un ton brusque. Personne n'est supposé être au courant de ça! On me recherche seulement parce que j'ai une prime élevée!

Je fronce les sourcils et avance de quelques pas. L'air commence à se faire lourd et l'ambiance pesante. Marco m'attrape par les épaules ce qui me calme légèrement. Ils m'ont sauvé, je ne dois pas m'emporter...

- Je connais quelqu'un qui s'y est déjà rendu. Continu l'homme en face de moi. Je suis prêt à te faire part de ce que je sais, à une seule condition...

- Laquelle? Dis-je, surprise, de un parce qu'il connait quelqu'un qui a mis les pieds sur Bi'no et de deux parce qu'il me fait du chantage.

Le pirate sourit, fier de lui, et sort de la poche de sa cape un petit bout de papier. D'un geste lent, il me le tend et je m'en empare. La feuille est assez petite, carrée et dépourvue de toutes écritures.

- J'aimerais te donner une mission... Commence-t-il et laisse ensuite la parole à son second, Marco.

- Nous aimerions que tu nous aide à retrouver l'un d'entre nous. Il est parti à la recherche d'un de nos anciens frères qui a commis un grave péché... Marco baisse les yeux. On a tenté de le convaincre, mais il n'en fait toujours qu'à sa tête!

- Donc vous aimeriez que je le retrouve et le convainque de revenir? Ils hochent la tête. J'ai une dette envers vous pour m'avoir sauvé, mais je ne vois pas ce que je peux faire de plus... Surtout avec ce papier vierge!

- C'est une Vivre Card, ou un carte de vie si tu préfères. Elles sont conçues à l'aide d'un ongle. D'ailleurs, un morceau déchiré pointe automatiquement vers le donneur de l'ongle qui possède la carte initiale. Ce "papier" est la Vivre Card d'Ace.

- Si je comprends bien, elle me permettra de retrouver ce "Ace"? Je demande, peu sûre. J'ai du mal à croire qu'une simple feuille puisse me servir de guide... Marco acquiesce. Mais pourquoi vous n'essayez pas de le retrouver vous-même?

- Parce qu'il est borné. Soupire le commandant de la première flotte. On a déjà tout essayé et, de plus, nous sommes connus. Nous ne pouvons pas nous permettre de trop attirer l'attention.

- Je vois... Bon, je peux bien le faire, mais seulement parce que je vous suis redevable! Je me tourne ensuite vers le vieux et le fusille du regard. Maintenant je veux savoir!

- Soit...

Et alors que tous les hommes présents sur le pont ont ordre de nous laisser seuls, le ciel gronde...

Despite Them|Ace x OcOù les histoires vivent. Découvrez maintenant