Lucie s'empressa de tenir l'échelle pour que Winston puisse redescendre pour la réconforter. Néanmoins, il était aussi serein qu'elle, c'est-à-dire pas du tout. La situation le préoccupait mais il tentait de ne pas le montrer.
La nuit commençait à s'installer et ils n'avaient ni feu ni confort auxquels le duo d'amis douillets de la ville était habitué. Winston descendait l'échelle avec rapidité :
- J'ai froid, grimaça Winston. Malgré tous mes efforts, j'ai froid.
- J'ai peur, chuchota Lucie d'une voix tremblante. Je fais de mon mieux... Mais j'ai peur.
Les deux amis ne s'entendaient pas mais ils se ressentaient, ils ressentaient les troubles de l'un comme de l'autre. Winston se trouvait désormais en bas. Ils s'empressèrent de se prendre dans les bras. Les deux désiraient protéger l'autre. Ils venaient de faire d'une pierre, deux coups. D'un côté le réconfort que les deux s'apportaient était immense et de l'autre ils se réchauffaient dans l'optique de pouvoir reprendre l'ascension vers la cabane.
Winston glissa ses mains dans celles de Lucie avec toute la délicatesse du monde et remarqua :
- Comme c'est bizarre, sa peau est encore plus froide que la mienne. Elle est gelée.
Après de longues minutes, bras dans les bras et éclairés par seulement deux lampes torches dans l'obscure forêt, Lucie reprit l'appareil photo argentique qu'elle avait posé sur un sac de couchage. Dans l'obscurité, elle pointa du doigt la voiture à peine visible :
- Éclaire la voiture s'il te plait, dit-elle en tendant sa lampe à Winston. Je vais prendre en photo la voiture histoire d'avoir un souvenir de ce drôle de moment, lâcha-t-elle avec légèreté.
Étrangement, la pression descendait peu à peu, une forme de sérénité reprit forme entre les deux amis alors que les bruits de la forêt résonnaient avec écho dans la vallée noire.
Lucie photographia deux fois le véhicule rouge pour être certaine que l'un des clichés serait bon pendant que Winston continuait d'éclairer silencieusement la voiture avec ses deux mains. Puis, le duo d'amis décida de se dépêcher de monter dans la cabane avec tout le matériel afin de retrouver un confort qu'ils jugeaient primordial.
Lucie entreposa le réchaud sur l'un des sacs de couchage qu'elle replia ensuite pour empaqueter leur unique source de chaleur pour la longue nuit qui s'annonce. De la même manière, elle déposa deux parts de pizza emballées ainsi que l'appareil photo dans le deuxième sac de couchage. Elle noua les sacs afin de former deux paquets que Winston s'empressa de faire monter là haut avec un système de corde et de poulie.
Tout à coup, des bruits différents se firent entendre dans la clairière. Des bruits anormaux dans une forêt. Des bruits du même style que celui qui fit sursauter Lucie et Winston un peu plus tôt... Ces sons stridents que l'on entend que dans sa propre tête se sont répétés deux fois en une poignée de secondes. Néanmoins, à un détail près : le deuxième et plus récent était tout proche d'eux.
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En bas dans la forêt
Short StoryUne sensation d'être observé en marchant dans les bois ? Dans une forêt dans les montagnes, je vis une voiture rouge se frayer un chemin - non sans difficultés - dans les branchages. Après avoir dépassé un petit ruisseau qui se faufilait entre les g...