Partie II

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Winston progressait rapidement et avec précaution. Il prenait une pause pour chaque mousqueton dépassé pour soulager ses bras contractés dans l'effort. Ses pauses ne durèrent pas plus de dix secondes mais il en profitait pour observer la clairière d'un point de vue différent que celui que l'on pouvait avoir en bas. Il pensa si fort que des mots sortirent de sa bouche :

- C'est plus facile que je ne le croyais, chuchota-t-il haletant pour se donner du courage.

Ce n'était pas sa première session d'escalade, toutefois, c'était la première fois qu'il venait ici. C'est Lucie, sa nouvelle connaissance de travail qui l'attendait en contrebas qui l'avait convaincu de venir avec elle voir la cabane perchée de sa jeunesse. D'en bas, elle photographiait la montée mais se laissait porter par la diversité des oiseaux qui logeaient ces bois comme une distraction de la faune environnante. Lucie observa des envolées de petites grives des bois, des piverts qui trouaient les écorces ainsi qu'une corneille qui marchait sur le sol épineux à quelques pas devant elle.

Lorsque Winston arriva environ vers les sept mètres de haut, il se concentra plus encore sur les mousquetons pour trouver lequel était abimé et risquait de le faire chuter.

Il était là devant ses yeux, il le regardait concentré comme un renard à l'entrée du terrier d'un lapin, à l'affût de sa proie. Le grimpeur le saisit à une main et passa délicatement sa corde à l'intérieur puis continua de monter un geste après l'autre. On aurait dit une sorte d'automate qui ne savait faire qu'une tâche à la fois de manière régulière avec une précision chirurgicale. Il était à présent à mi-chemin de la cabane.

Lucie qui l'observait d'en dessous était rassurée. Winston avait passé avec succès le mousqueton défectueux alors elle se retourna pour faire un dernier aller-retour vers la voiture parce qu'un en-cas et du matériel de camping pour passer la nuit dans la cabane s'y trouvaient encore.

Elle marchait de retour vers le grand arbre les mains chargées de deux sacs de couchage, d'un réchaud, de deux lampes torches et deux parts de pizza bien emballées lorsqu'un bruit derrière elle lui provoqua un sursaut... En proie à la terreur, elle lâcha tout ce qu'elle transportait et cria aussi fort qu'elle pût.

En bas dans la forêtOù les histoires vivent. Découvrez maintenant