Si nous étions si différents, aurait-il été possible d'étudier le comportement de l'homme pour le cerner, l'aider, le soigner, le conseiller et par dessus tout, le comprendre comme les psychologues le font ? Les profanes de ce domaine affirmeront que cette science inexacte n'est qu'un jeu de hasard entre ces spécialistes et leurs patients lors de leurs séances alors que c'est tout à fait le contraire pour les habitués et les connaisseurs. Pour ces derniers, nous sommes similaires pour ne pas dire pareils, allant du plus démuni au plus riche, du plus désintéressé au plus avide, du plus mécréant au plus croyant, du plus dérangé au plus stable.
Chez le sage, résident les pensées les plus sombres et les envies les plus malsaines.
Chez le plus déséquilibré, résident de meilleurs sentiments et le besoin de bien faire les choses.
Alors qu'est-ce qui pourrait nous différencier les uns des autres ? C'est l'usage de notre pouvoir, celui d'agir.
Pour ne pas parler de vertus et de vices, on pourrait bien être d'accord sur le fait que chacun se forge une personnalité qui lui est propre.
DIX ANNÉES AUPARAVANT........
C'est la fin de l'année scolaire ou ma dernière année à l'école, je me mets derrière mes camarades pour la photo de classe.
Pourquoi ? Parce que je suis grosse, laide et très noire.
Je rentre seule, comme d'habitude, sans attendre le goûter partagé car je n'ai pas amené ne serait-ce qu'un bonbon.
Pourquoi ? Parce que ma mère me voit comme un fardeau pour qui les trois repas quotidiens devraient amplement suffir.
Je réajuste ma longue jupe évasée ayant des figures géométriques comme motifs et tiens dans chaque main un pan de mon boubou avant de traverser la route.
Pourquoi ? Parce que mon père considère qu'une fille de mon gabarit doit s'habiller de cette manière pour cacher son corps alors qu'en réalité je me vois comme une paysanne.
Arrivée dans notre quartier, mon coeur se met à battre de plus en plus fort malgré le fait que ce soit l'endroit où j'ai passé toute mon enfance.
Pourquoi ? Parce que j'ai été le sujet de moquerie pour toutes ces personnes qui me servent de voisins. Ne dit-on pas que les voisins devraient être une seconde famille à qui on pourrait s'adresser en cas de besoin?
Je baisse la tête pour ne pas répondre s'ils me lancent des méchancetés.
Pourquoi ? Parce qu'à chaque fois que les parents de mes bourreaux viennent faire des représailles auprès de ma mère, elle me demande pourquoi je suis née.
Je souffle à nouveau lorsque je franchis le seuil de notre maison après avoir esquivée leur ballon de foot.
Je dis bonjour avant de me réfugier dans ma chambre. Chez moi, ils ne me parlent que pour m'envoyer à la boutique ou pour faire les corvées. Mes soeurs et cousines jouent et sortent entre filles mais la seule à ne pas avoir été invitée une seule fois c'est moi.
Mon passe-temps favori, le seul d'ailleurs c'est de repasser sur mes vergetures avec une lame. Je saigne à flot et je m'imagine entrain d'entailler tous ces enfants qui se sont une fois moqués de moi.
MAMAN: Pourquoi tu ne m'as pas salué ?
MOI: Désolé maman je ne t'ai pas vu dans la cour et tu m'avais interdit d'entrer dans ta chambre.
MAMAN: Prépare tes affaires pour demain, tu pars chez ta grand-mère au Fouta. Ton père te déposera à la gare.
Le lendemain, je me suis retrouvée chez ma grand-mère qui était dans un très mauvais état. Pour une vieille dame de quatre-vingt ans, son corps était tellement maigre et collé au lit qu'on pourrait jurer que personne n'a pris le soin de lui faire couler un bain et de lui donner à manger.
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Apparemment maudite
CasualeUne vie presque parfaite! Assez parfaite pour faire envier plus d'un . Considérez cette phrase comme étant employée au passé. Avec des sentiments brusquement mitigés et partagés entre douleur, peine, tristesse dont aucune richesse pourrait y remédie...
