Chapitre 3 : surprise

6.2K 304 6
                                        

Je reste bouche bée.  Quand Stanley parlait d'étage il ne plaisantait pas. Les portes mmécaniques de ma cage de fer cinq étoile ne se sont pas ouvertes dans un couloir sombre.  La première chose que mes yeux rencontrent sont le haut des grattes-ciel qui entourent le nôtre. Je suis face à une immense baie vitrée qui s'étend sur plus de dix mètres de chaque côté. 

Je sors un peu plus de la cabine de l'ascenseur pour découvrir un espace immense. Je me trouve dans un grand salon. Des canapés en velour qui sont incomparables à la vieille banquette mitteuse jaune citron où il nous arrivait de nous réunir pour regarder un film. Quand je repense à ces moments vécus en famille l'image de mon père me vient en mémoire. Son sourire, son visage, ses mains, je trouvais tout admirable en lui. Il était resplendissant. Un soir après une forte dispute avec la mère il sortit en claquant la porte,  quand le lendemain il revint pour s'excuser,  ma mère lui annonça qu'elle ne voulait plus le voir, qu'entre eux ce n'était plus possible. Mon père accepta sa décision mais je lu malgré mon jeune âge que cela le déchirait du plus profond de son coeur de nous abandonner toutes les deux. Lorsqu'il franchit pour la dernière fois le seuil de cette porte j'avais tout juste 4 ans,  un an plus tard ma vie serait à nouveau bouleversée et cela à jamais. C'est le plus lointain souvenir que je possède. Je m'efforce souvent de me le remémorer pour n'oublier aucun détail. Je revis continuellement cette scène depuis 13 ans. Je sais que j'en souffre beaucoup et qu'il faudrait que j'oublie, que cela me libérera du passé mais je ne le souhaite pas. Ma souffrance me fait du bien. Elle me rappelle qu'il existe. Que ce père n'est pas le fruit de mon imagination et qu'il est quelque par dans ce monde. Beaucoup pleureraient dans ces moments là mais cela fait longtemps que je ne verse plus de larmes pour cela.  J'ai été traitée par un grand nombre de personnes d'insensible mais ils se trompent tous. Si je fais cela c'est pour prouver à mon père que je suis forte et que je suis digne d'être sa fille. Je n'ai toujours pas pardonné ce que lui a fait ma mère et je prends sa trahison et son abandon comme si c'était à moi qu'elle l'avait fait. Bien évidemment nous n'avons pas arrêté de nous parler mais à l'âge de les 6 ans, un soir elle est rentrée à la maison après avoir passé la soirée en ville, me laissant seule car elle ne voulait pas payer de nounou, avec un homme. Elle semblait être ivre comme son compagnon.

"Chérie je te présente Stanley! me dit-elle en riant, il reste dormir ici cette nuit!"

Stanley passa sa main dans mes cheveux et partit avec ma mère dans la chambre. Le lendemain il était encore là, le surlendemain également, puis une semaine passa, puis deux, puis vinrent les mois suivirent des années... Et je voyais tout espoir de revoir un jour mon pere revenir à la maison être réduit à néant.

Je sors de mes pensée en découvrant que l'appartement est également équipé d'une grande cuisine, une chambre immense et d'une salle de bain équipée d'une fontaine dont l'eau se déverse dans une baignoire creusée dans le sol telle une piscine. Il y a également un jacuzzi de l'autre côté de la pièce.  J'ai l'impression de me trouver dans un palais. Je ne sais plus ou donner de la tête. Je commence à me questionner sur la réelle nature de mon beau-père. Cet homme vit a nos côtés depuis que j'ai 6 ans et j'ignore beaucoup de choses il me semble sur lui...  Soudain ses paroles me reviennent en mémoire. Je ne dois pas quitter l'appartement sauf pour sortir de limmeuble pour aller au lycée. Si j'ai besoin de quoi que se soit je n'ai qu'à appeler pour que l'on me l'amène. Ce magnifique lieu me semble alors vide. Cet endroit risque de devenir une prison pour moi si je ne déroge pas à la règle rapidement. Suis-je vraiment seule ici?  Pourquoi avons-nous aménagé ici? Et pourquoi ma mère ne vit pas dans le même appartement que Stanley?  Tant de questions se chamboulent dans ma tête que je ne sais pas par laquelle commencer. Mon téléphone se met à vibrer. Ce n'est ni le numéro de ma mère ni celui de son conjoint...  Je ne connais pas ce celui-ci . Je décroche prudente.

"Allô? "

"Storm? Tu es seule? "

Je sursaute à l'utilisation de ce nom.

"Un instant."

Je vérifie que personne ne se trouve dans la pièce puis je m'enferme dans la salle de bain et me rapproche le plus possible de la petite fontaine pour que le bruit de l'eau dissimule ma discution avec mon interlocuteur. "Je vous écoute...

double identitéDes histoires addictives. Découvrez maintenant