Crise de nerf

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Aujourd'hui c'est mercredi, et j'ai vraiment pas envie de faire les cours avec Bastien. Je n'ai toujours pas envie de me retrouver seul avec lui après ce qu'il s'est passé, même si mardi il ne m'a pas relancé la discussion. Enfaite c'est simple, je ne veux pas le voir. J'en ai marre de ce prof, j'ai pas besoin d'un baby-sitter. Il est beau et tout mais je veux pas qu'il vienne comme prof. Je veux qu'il vienne pour moi, non pour ma culture générale. Mais ça, ça risque pas de se faire.

Mon père est parti tôt pour son boulot ce matin. Heureusement car il ne voit pas le retard de Bastien. Ça fait une heure que je l'attends dans le salon, rien. Je commence à m'inquiéter. Il habite au bout de la rue, je devrais peut-être aller voir si c'est juste une panne de réveil ? Dans le pire des cas, il serait juste très surpris de me voir devant sa porte.

Je me décide d'y aller quand soudain, la porte se met à toquer. J'ouvre et je vois Bastien, la tête basse mais avec un léger sourire.

- Désolé du retard Liam. J'ai eu un soucis pour me réveiller, la fameuse panne de réveil.

Il rigole mais je vois bien que c'est pas trop ça. Mon inquiétude devait se lire sur mon visage car il ajoute :

- Ne t'inquiètes pas, c'est rien de grave, je me suis couché tard hier. Je suis parti boire un verre avec des amis.

Je me détend un peu. Normal, il est humain après tout. Je le laisse entrer. Même s'il garde sa bonne humeur habituel, mon cœur ne le suis pas cette fois. On monte dans la chambre et on s'installe. Je le regarde préparer ses affaires. J'ai envie de le taper. Enfaite non, j'ai envie de pleurer. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais mes nerfs sont à bout, ils en peuvent plus.

On commence le cours, sans grande conviction. Bastien a remarqué que je ne suis pas en forme mais il a pas relevé. Tant mieux, j'ai pas envie de lui parler. Même s'il me fait un peu de peine, je ne peux pas lui parler, sans quoi je lâcherai.

Au bout de deux heures de cours, on fait une petite pause. Je prends mon bouquin et ouvre à la page où j'en étais. Un silence s'installe. Bastien le brise :

- Tu as des amis ? Une vie extérieur ?

Je le regarde. Il veut vraiment aborder le sujet là ? Voyant mon air douteux, il se tourne entièrement vers moi, s'appuie sur ses genoux et s'explique :

- À chaque fois que je viens, tu es soit dans les bouquins, soit en train de réfléchir mais tu n'écris jamais a personne. Pourquoi ?

- Parce que j'ai pas d'amis. On peut pas tous être entouré de gens parfait.

- Personne n'est parfait.

- Oui mais c'est bon, tu m'as compris !

Je hausse le ton. Il m'énerve à vouloir tout savoir sur moi, il n'y a rien d'intéressant à partager.

- Pourquoi tu es seul ?

Un sourire en coin d'énervement, je lui réponds sans baisser la voix :

- À cause de pastés.

- C'est qui?

- C'est pas tes oignons !

Mince, il m'énerve lui alors ! Il me regarde, baisse la tête et rigole.

- Très drôle comme réplique, faut que je retienne. Sinon, pourquoi tu n'essaye pas de te lier à quelqu'un, en tant qu'ami évidemment.

- Mais tu veux me faire un interrogatoire ou comment ça se passe ?!?! Qu'est-ce que ça peut te faire que je n'ai pas d'amis ?!?!

Sur ces mots, je ferme mon livre avec violence et le claque sur la table. Je fixe Bastien, attendant à ce qu'il lâche l'affaire, comme tout le monde. Il soutient mon regard, sans se décourager, il me dit :

Prof particulierOù les histoires vivent. Découvrez maintenant