Chapitre 5

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Plaine des dieux, quelque part au-dessus de Theos

La déesse au long cheveux blancs poussa un profond soupir. Son regard éteint contemplait la vaste prairie qui s'étendait devant elle, et un voile de tristesse couvrait son beau visage. Autour d'elle, la nature semblait ressentir ses émotions négatives, car un vent violent agitait l'herbe de la plaine et de lourds nuages chargés de pluie s'amassaient à l'horizon. Malgré les fortes bourrasques et le froid qui s'installait progressivement, la déesse demeurait stoïque semblant attendre quelque chose. Ses longs cheveux étaient ballotés par le vent, et formaient de délicates volutes derrière elle. 

Au milieu des éléments qui se déchaînaient, la créature divine semblait être un fétu de paille, pouvant s'envoler à tout moment. Sa silhouette longiligne était soulignée par la longue robe blanche qu'elle portait et qui volait autour d'elle, soulevée par le vent violent qui soufflait sur la prairie. Sa fragilité apparente fut exacerbée par de discrètes larmes qui vinrent perler au coin de ses yeux argentés. Elle les essuya d'un geste fébrile pour ne pas montrer sa faiblesse, et son regard fut alors empli de remords et de regrets. De nouveau ses yeux brillèrent, mais elle parvint à contenir son émotion en inspirant profondément pour redevenir maîtresse d'elle-même.

Soudain, un éclat blanc illumina la plaine, écartant ainsi les sombres nuages qui menaçaient à tout moment d'éclater. À sa place se tenait une déesse qui semblait elle aussi être agitée par de profonds tourments intérieurs. Mais pour elle, ce n'était pas la tristesse qui guidait ses pas, mais plutôt la colère et l'incompréhension. Balancia qui venait d'arriver, scrutait en effet la prairie d'un regard sombre à la recherche de Skorpia. Quand elle la vit, elle fit de grandes enjambés dans sa direction et une fois qu'elle fut à portée de voix, elle lui cria :

— Comment as-tu pu faire ça ? Je ne te pensais pas aussi inconsciente !

Skorpia la regarda calmement, toute trace de son désarroi d'il y a quelques instants ayant disparu, et lui demanda d'une voix douce :

— Est-ce que quelqu'un d'autre que toi est au courant ?

Balancia toujours furieuse secoua négativement la tête, et la déesse aux cheveux blancs ne put retenir un soupir de soulagement. Son interlocutrice, d'une voix rendue tremblante par l'ire qui enflammait son être lui dit alors, d'une voix rendue blanche par la fureur :

— J'étais la seule à surveiller Theos à ce moment, tu ne te rends pas compte de la chance que tu as eue ! Si c'était quelqu'un d'autre, il t'aurait directement dénoncé ! Qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête ?

La déesse des Libra avait attrapé le bras de son amie tandis qu'elle avait prononcé sa dernière phrase. Outre de la colère, son regard laissait également transparaître de l'inquiétude devant le geste insensé de Skorpia. Cette dernière se dégagea de la prise de la femme aux courts cheveux bruns et recula de quelques pas. Ses yeux reflétaient la peine qu'elle éprouvait en entendant son amie la sermonner de la sorte.

— C'était l'unique solution pour sauver la galaxie, je n'avais pas le choix Balancia. Essaie de me comprendre...

Sa phrase eut l'effet inverse de ce qu'elle désirait. Au lieu de calmer Balancia, celle-ci fit éclater sa fureur et hurla sur Skorpia :

— Tu as enfreint les règles les plus importantes de la galaxie, que nous avons édictées il y a des centaines d'années. Ton geste est extrêmement grave, je ne comprends même pas pourquoi je suis venue te voir pour tenter d'arranger les choses alors qu'il est déjà trop tard !

Skorpia regarda la déesse brune s'époumoner et une lueur de déception traversa son regard. Si elle avait cru que quelqu'un serait de son côté, elle aurait parié sur Balancia, qui avait toujours été là pour elle. Elle répondit d'une voix froide au sermon de son amie :

Ophiucus, L'éveil T1Des histoires addictives. Découvrez maintenant