Prologue

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L'herbe de la plaine ondulait gracieusement sous la caresse du vent printanier. Partout de petites fleurs bleues et violettes s'épanouissaient et diffusaient un délicat parfum qui embaumait l'air frais. Les arbres encadrant la prairie voyaient leurs feuilles produire une gracieuse mélodie sous l'effet du vent qui s'infiltrait le long des branches et qui parcourait les troncs centenaires. De petits animaux se prélassaient paresseusement au soleil tandis que de minuscules oiseaux jaunes et rouges effectuaient un ballet parfaitement chorégraphié dans le ciel azur.

Cet endroit respirait la magie : dans chaque feuille d'arbre, dans chaque pétale et même à l'intérieur de toute cellule végétale ou animale que l'on retrouvait ici, on pouvait ressentir un flux magique qui ne cessait de battre. La tranquillité de ce lieu résultait de l'harmonie parfaite que ses créateurs, les douze dieux de la galaxie Zodiak, avaient voulu produire.

Cet endroit hors du temps avaient rarement quitté sa douce sérénité, si bien que seuls les arbres les plus âgés se souvenaient de l'agitation et de l'effervescence qui avait autrefois agité la belle vallée. Pourtant aujourd'hui l'ambiance n'était pas aussi légère qu'à son habitude. Un mince soupçon de peur paraissait flotter dans la plaine et bien que la plupart des êtres semblaient ne pas le ressentir, tous savaient qu'une forte perturbation allait survenir.

Ils n'eurent pas à attendre longtemps pour comprendre qui était la cause de ce changement d'atmosphère. Quand les douze coups de midi sonnèrent, un bref éclat blanc illumina la vallée. Les animaux apeurés se réfugièrent alors sous les grands magnolias qui bordaient la plaine. A la place de l'intense lumière blanche se tenait un homme aux yeux argentés et à la haute stature. Son regard semblait perdu et un fort sentiment de perplexité mêlé à une peur sous-jacente semblait l'agiter. Il marmonna à voix basse quelques phrases intelligibles et paraissait hésiter. Finalement il redressa la tête et dit :

— Ce n'était peut-être qu'un rêve mais je me dois de les prévenir. Je crains qu'il ne soit de retour.

Aussitôt il sembla fureter autour de lui à la recherche de quelque chose qui se trouvait au sol. Il poussa un cri de contentement quand il finit par trouver ce qu'il convoitait. Il s'agenouilla et ramassa l'étrange objet en murmurant d'un air soucieux :

— Cela fait bien longtemps que tu es inutilisé mais je pense que ce temps doit être révolu...

Ce qu'il venait de saisir était en réalité une sorte de corne de cristal qui étincelait sous les rayons du soleil. L'instrument pulsait sous la main du dieu en reconnaissant l'aura d'un de ses créateurs. L'homme aux yeux argentés sembla hésiter une dernière fois mais finit par porter la corne à ses lèvres avant de souffler à l'intérieur. Le bruit qui en sorti était d'une pureté et d'une justesse telle que tous les plantes de la prairie se mirent à frissonner. Les animaux envoûtés par la délicate musique se rapprochèrent petit à petit et les oiseaux se posèrent sur les épaules de l'homme. Ses cheveux cuivrés se balançaient au rythme de la mélodie qu'il avait entrepris et le temps semblait avoir été suspendu. Plus rien n'avait d'importance mise à part la musique qui émanait de la corne de cristal et qui émerveillait chaque être vivant qui avait la chance de l'écouter.

Mais le charme se rompit instantanément quand le dieu retira ses lèvres de l'instrument. La prairie qui avait retenu sa respiration durant toute la balade retourna à ses occupations tandis que l'homme scrutait intensément le ciel bleu.

Soudain, la plaine fut illuminée par onze éclats blancs successifs. Quand la luminosité redevint normale, les habitants de la vallée découvrirent onze nouvelles personnes aux yeux argentés, ce qui révélait leur origine divine, qui entouraient le premier à avoir pénétré dans ce lieu magique. Tous étaient imposants et une forte aura magique les entouraient. Les nouveaux venus fixaient d'un air interrogateur l'homme aux cheveux roux qui les avait appelés. Le silence s'éternisant, une femme aux cheveux bruns coupés courts pris la parole.

Ophiucus, L'éveil T1Des histoires addictives. Découvrez maintenant