Chapitre 4 : Réalisation

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Cela faisait quelques instants qu'Aizawa avait forcé la porte pour voir son enfant temporaire sur le sol, entouré par une flaque de son propre sang avec une paire de ciseaux à côté de lui.

« Todoroki ! » appela-t-il, appuyant rapidement deux doigts contre sa nuque pour chercher son pouls. Heureusement, il y avait une faible palpitation, soulageant un peu l'inquiétude Aizawa.

Shinso avait accourut aux côtés d'Aizawa après avoir entendu son cri, seulement pour couvrir sa bouche à la vue de ce qu'il se passait. Il n'avait jamais vu une chose aussi horrible dans la maison, encore moins venant de Todoroki. Aucun mot ne pouvait exprimer ses sentiments qui se mélangeaient.

« Appelle une ambulance ! » Aizawa ordonna à Shinso, qui hocha la tête et courut dans la cuisine pour prendre le téléphone, appelant rapidement les urgences pour demander de l'aide.

Aizawa releva l'élève, l'appuyant sur sa poitrine en essayant d'arrêter le saignement avec l'écharpe autour du cou de celui-ci. Le rouge prit immédiatement le dessus sur le blanc, trempant dans ce qui pouvait être un litre de sang.

« L'ambulance est en route ! » Shinso s'exclama, s'agenouillant pour voir ce que Todoroki avait fait. Il y avait de larges entailles sur son bras gauche comme si quelqu'un l'avait tranché d'innombrables fois. Shinso n'avait aucune idée de quoi faire en attendant l'arrivée des secours. Il avait, cependant, remarqué qu'Aizawa avait utilisé son écharpe pour arrêter le saignement. Shinso avait toujours aimé le blanc de l'écharpe, mais maintenant qu'il était quasiment complètement tâché de rouge, il ne semblait plus aussi appréciable.

Après environ dix minutes, la porte s'ouvrit alors que deux secouristes se ruaient à l'intérieur. Aizawa prit la main de Shinso, l'amenant hors du chemin des secouristes pour qu'ils puissent aider. Todoroki fût doucement soulevé par les deux hommes, qui avaient déposé un brancard pour l'installer dedans. Une fois cela fait, il fût emporté dans l'ambulance avant que les deux hommes ne ferment les portes.

Un secouriste consulta Aizawa et Shinso, « Comment cela est arrivé ? »

Ce n'était pas clair pour l'adulte aux cheveux noir corbeau, mais il dit, en s'appuyant sur les ciseaux vus sur le sol, « Je ne l'ai pas vu de moi-même, ni mon fils, mais il semble que Todoroki s'est... coupé avec une paire de ciseaux. »

Le secouriste hocha la tête puis tapota la tête du garçon bouleversé à côté d'Aizawa, « Ça va aller, gamin. Il va vivre. Je le sais. »

Shinso savait que Todoroki allait survivre. Ce qui le bouleversait était que Todoroki avait tenté de se suicider. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui avait pu se passer qui avait amené l'enfant à se faire du mal au point de s'évanouir ?

« Nous vous informerons de son état dès qu'il sera installé à l'hôpital. Pour l'instant, j'aimerai que vous débarrassiez cette maison d'objets susceptibles à l'automutilation, comme ciseaux, couteaux, verre,... Ce serait bien s'il pourrait rentrer à la maison sans avoir à retourner à l'hôpital pour la même raison. » Le secouriste sourit avant de monter dans l'ambulance et de fermer la portière derrière lui, puis le second démarra et s'éloigna avec les sirènes allumées.

Aizawa se tenait au même endroit, fixant la porte où il avait vu Todoroki pour la dernière fois. Quel idiot il était ! Il aurait dû savoir que Todoroki ferait quelque chose comme ça, mais le professeur avait agit comme si cette pensée n'était pas nécessaire. Quelle sorte de père ignorerait la souffrance de son nouvel enfant ?

« ...On devrait commencer à nettoyer, » Shinso suggéra, se dirigeant déjà dans la salle de bains pour nettoyer le sang et prendre les ciseaux.

L'enfant en manque de sommeil avait raison, Aizawa avait besoin de nettoyer ces pensées pleines de regrets de son esprit.

En démarrant par la cuisine, Aizawa commença par prendre un sac en plastique avant de le remplir avec les couteaux, les fourchettes, et les autres objets tranchants. Il se sentit coupable, comme si c'était de sa faute que Todoroki soit à l'hôpital. Aizawa n'avait pas pu l'aider – il se sentait responsable.

On dirait que je dois aider le gamin encore plus que je ne l'ai été.

***

Autour de cinq heures, Todoroki eut droit aux visites. Aizawa et Shinso rassemblèrent rapidement leurs affaires et allèrent à l'hôpital, demandant le numéro de chambre de l'enfant au réceptionniste.

À l'intérieur de la petite pièce, Todoroki s'assit sur son lit, fixant sa fenêtre comme sa mère. Son bras gauche, bandé du coude au poignet, reposait sur ses genoux.

Shinso toqua à la porte avant de l'ouvrir, laissant Aizawa rentrer pour la refermer avec son talon.

Todoroki tourna sa tête pour voir son père temporaire, qui avait une expression vraiment inquiète, et – Todoroki jurait – une larme tomba de son œil.

« Todoroki... » Aizawa appela, se précipitant vers lui et prenant doucement son fils temporaire dans ses bras. « S'il te plaît, ne refais plus jamais quelque chose comme ça, tu m'entends ? Plus jamais... » Aizawa posa la tête de Todoroki sur sa poitrine, l'écharpe désormais autour du cou du professeur. L'élève pleura sur son torse, sanglotant silencieusement pendant que Shinso prenait des selfies avec son téléphone sur ChatSnap.

« J-Je suis désolé. Je suis tellement tellement tellement désolé –J-Je... » Todoroki butait sur ses mots, son corps entier tremblait alors qu'Aizawa frottait son dos dans des mouvements circulaires.

« Ne t'excuse pas. Ce n'était pas de ta faute. » L'adulte aux cheveux noir corbeau ressentait du remord pour son élève. Il aurait pu faire quelque chose, mais il n'a rien fait. « Dis moi, pourquoi tu a fait ça ? C'est à cause de ce que te fais ton père ? »

Todoroki haussa les épaules, « E-En partie. Il y a ces voix dans ma tête qui me disent que je suis b-bon à rien. C'était elles qui me disaient de me c-couper. »

J'aurais dû savoir, Aizawa pensa, caressant les cheveux de Todoroki doucement. Être abusé pendant si longtemps était destiné à donner à cet enfant des problèmes mentaux.

« Hey, Aizawa, » Shinso appela, éteignant son téléphone et le fourrant dans sa poche avant de marcher nonchalamment vers son père d'adoption. » J'ai eu un message de Monoma disant qu'Endeavor était venu au lycée à la recherche de Todoroki. Il a demandé partout où il pourrait être mais personne n'a voulu l'en informer. »

Aizawa sentit que Todoroki se tendait alors qu'il blottissait sa tête dans le torse du professeur.

L'adulte continua de caresser les cheveux de Todoroki avant de répondre à Shinso, « Merci de me l'avoir dit. Envoie un message à Midoriya ou à quelqu'un de la 1-A pour qu'ils le retardent jusqu'à ce que j'emmène Todoroki dans un endroit sûr. »

Shinso hocha la tête et récupéra son téléphone, tapant rapidement son message.

Todoroki s'était endormi avant leur conversation, donc heureusement il n'avait pas peur que son père le retrouve. Néanmoins, Aizawa aurait le devoir de lui dire, comme le cacher sans lui donner de raison serait difficile.

Aizawa allongea son élève sur le lit, le couvrant de la couverture avant de s'asseoir sur une chaise adjacente au lit. Shinso rangea son téléphone dans sa poche et s'assit à côté d'Aizawa, posant sa tête sur l'écharpe de l'homme avant de s'assoupir.

Le professeur aux cheveux couleur corbeau regarda le visage paisible de Todoroki une dernière fois avant de s'assoupir aussi.

Attends un peu. Il y aura beaucoup d'opportunités à saisir. Je n'hésiterai pas à y prendre avantage.

Attends moi, Shoto. Ton grand-frère reviendra et te protégera de lui.

Laissons nos différences mener. Après tout, une cicatrice n'est pas autant que les miennes.

Sayonara || Abused Todoroki (FR)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant