7. Curiosité.

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Dazai Osamu



- Elle est bien rentrée, Monsieur.

- Je te remercie, je dis avant de raccrocher et de ranger mon téléphone.

La pluie tombe encore et encore, trempant mes habits, mes cheveux. Dégoulinant le long de ma peau, elle transperce mes bandages pour lécher mes plaies encore fraîches. Je me décide enfin à me mettre en route afin de me rendre au bar Lupin. Les ruelles ont beau être étroite, les lourdes gouttelettes parviennent à s'y faufiler avec aisance. Bientôt, le panneau m'apparaît enfin au bout de la ruelle sombre. J'entre à l'intérieur en lâchant un soupire ennuyé: ma chemise me colle au torse, et j'ai froid, à présent.

- Dazai.

- Odasaku ? Je ne pensais pas que tu serais là en avance.

- Tu es en retard, je m'apprêtais à partir. Tu es resté sous la pluie durant combien de temps ?

- Assez pour être trempé, je réponds en m'asseyant sur le tabouret face au comptoir.

Ango n'est pas là, et je sais qu'il ne viendra pas, sans savoir pourquoi. D'un geste las de la main, je demande le même verre que d'habitude, en gardant mon autre main dans la poche. mon silence doit être éloquent puisque mon ami ne se prononce pas durant de longues minutes. Une goutte s'écrase sur le bois juste devant moi, et les éléments de cette soirée me reviennent. La première fois je n'avais pas remarqué, mais sa peau est trop pâle, trop délicate pour être réelle. Ses yeux sont à la fois froid et attirant, comme une source de chaleur. Je pourrai la tuer d'un simple claquement de doigt, de telle façon que sa vie tiendrait entre mes mains. Il en faut peu pour l'effrayer, et trop peu pour l'inquiéter.

- Tu es bien songeur ce soir, cela n'augure rien de bon. Cette histoire d'attentat, tu en as entendu parler ?

- J'y étais oui, c'était sympa.

- Qu'est-ce que tu faisais là-bas ?

- Je voulais acheter un livre, et Anzu m'accompagnait.

- Tu vas finir par la rendre folle.

- Ne l'est-elle pas déjà ? Je ne suis pas resté en sa compagnie trop longtemps. Aaaah Odasaku, tu es aussi rabat joie que cette fille.

- Cette fille ?

- Ce qu'elle est cruelle, je soupire avant de boire une gorgée de cette liqueur couleur ambre que l'on vient de me servir. Elle a même refusé ma proposition de suicide amoureux.

- Dazai...

- Alors qu'elle me plaquait contre un mur quelques instants plus tôt, quelle déception. Je pensais qu'elle avait changé d'avis, mais ce n'est pas le cas.

- Mais de qui parles-tu ?

- Du commissaire ayant arrêté Motojirō Kajii.

Encore une fois, le silence s'installe dans le bar vide. Le verre de mon ami est resté en suspend à quelques centimètres de ses lèvres. Son regard se pose sur moi avec lenteur, sans qu'aucun mot ne sorte de sa bouche. Je me délecte de ma boisson avant de poser le verre sur le comptoir, les yeux posés sur mes mains, sans savoir ce qu'il y avait de mal.

- Ce n'est pas la Mafia qui a orchestré cette attaque.

- Je m'en doute, mais cela va nous porter préjudice. Tu as pu voir quelque chose ?

- Non, j'ai perdu Anzu de vue, et cette stagiaire m'a embarqué avec elle comme si sa vie en dépendait.

- N'était-ce pas le cas ?

- Comment pourrais-je le savoir ? je demande juste avant qu'il ne ferme les yeux d'un air désabusé.

- Rentrons.

Le QG est presque vide de vie, ce soir. Le patron n'est pas là, alors j'en profite pour m'asseoir sur le fauteuil de la salle commune, là où quelques membres de la mafia discutent entre eux. Les discussions sont tournées vers l'arrestation de Motojirō Kajii et l'attentat en ville. Oda me jette un coup d'oeil ennuyé avant de s'éloigner voyant Chûya qui s'installe à ma gauche. Un silence s'ensuit jusqu'à ce qu'il se décide enfin à parler.

- Où étais-tu ? J'ai du me taper les recherches tout seul !

- En ville.

- Qu'est-ce que tu foutais là-bas ?

- J'attendais la mort, je dis en ouvrant le bouquin trempé qu'il y avait dans ma poche.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Une fille m'a forcée à la suivre mais elle refuse toujours le suicide amoureux, tu ne peux imaginer à quel point c'est blessant, je continue d'une voix inintéressée, sans quitter les pages du livre.

- Mais... Enfin quoi qu'il en soit, le boss veut que l'on se rende sur une intervention de police dans deux jours. Dans la zone six.

- La zone six ? Pour quelle raison ?

- C'est une intervention d'urgence qui va à l'encontre de nos affaires.

- Bien.

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⏰ Dernière mise à jour : Nov 14, 2021 ⏰

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