Mes muscles me font souffrir. Mes doigts sont froids et j'ai du mal à les bouger. Mes paupières sont lourdes, mais je parviens tout de même à les ouvrir après un moment d'hésitation. Mes vêtements sont humides et le matelas de fortune sur lequel je suis installée est trempé. La petite pièce où je me trouve est entièrement vide, mais la porte est entrouverte. Je reconnais le couloir du commissariat, alors un soupire de soulagement s'échappe d'entre mes lèvres abimées. Avec un effort inimaginable, je me redresse en tremblant encore. Mon crâne me fait mal, mais j'essaie d'ignorer cette douleur tant bien que mal. J'enfile mes chaussures en grimaçant à plusieurs reprises, et enfin, je me faufile dans le couloir. J'imagine qu'il fait nuit, et pourtant, j'entends des pas précipités, des paroles étouffés par les portes, le téléphone ne cesse de sonner sans arrêt. Les évènements passés ne me reviennent pas, malgré mes longues secondes de réflexion, tout me paraît flou. Au moment même où je pénètre dans hall, tous les regards se posent sur moi, les discussions cessent.
- Par tous les saints ! Hana !
- Quelqu'un pourrait m'éclairer sur ce qu'il se passe ici ? je demande en me frottant le visage.
- Tu ne te souviens pas ?!
- Je suis dans les vapes, chéri, je dis en regardant Shun en soupirant.
- Il y a eu un attentat en ville, il y a eut de nombreux blessés, ainsi que plusieurs morts. Tu y étais, Hana, avec...
- Avec le garçon que tu as soigné ! Il...
- Le garçon de... Hisaé, où est-il ?
- Il viens de partir, je pensais que tu le savais. Il n'a répondu à aucune de nos questions te concernant. Il a dit qu'il devait rentrer et que tu t'en sortirai très bien.
- Je vois, il faut que je rentre...
- Je comprends oui, de toute façon cette affaire n'est plus de notre ressors, ils nous ont renvoyés ici. Mais vas-y doucement sur...
- Mademoiselle Inoue, dans mon bureau, tonne une voix dans mon dos, qui nous fait d'ailleurs tous sursauter, sauf moi puisque je m'y attendais.
- Bien Monsieur, je réponds en levant les yeux au ciel avant de me tourner vers l'homme.
Je suis le directeur du commissariat sans protester, malgré le manque de motivation. J'entre dans le bureau aux murs blancs, mon regard est d'ors et déjà posée sur les étagères remplies de dossiers. Je referme la porte lorsque qu'il me jette un coup d'oeil agacé, ce qui est entièrement réciproque, ce que je dois bien avouer. Un officier plus haut gradé entre et se poste au niveau de la porte, de sorte à ce que je ne puisse sortir. La pièce de mes cauchemars.
- Bien, Mademoiselle, je vais devoir vous poser quelques questions sur ce qu'il s'est passé plus tôt.
- J'y répondrai, Monsieur, je s'enquis d'une voix égale.
- Alors, à quelle heure êtes-vous sortie, et à quelle heure êtes-vous arrivée dans la rue commerçante ?
- Je suis sortie en début d'après-midi, dans les alentours de quatorze heure, et je suis donc arrivée à peu près quinze ou vingt minutes après.
- Je vois, dit-il en notant mes réponses sur un carnet de petite taille. Qu'avez-vous fais là-bas ?
- Je me suis baladée en profitant du fait qu'il ne pleuve pas encore, et je me suis arrêtée devant une pâtisserie renommée ici. Les gâteaux mettaient l'eau à la bouche. Framboise, Vanille, Chocolat, pistache, éclair au café, tarte au citron. Vous n'avez pas idée du prix de...
- Assez Commissaire ! Je vous conseille fortement d'arrêter vos plaisanteries.
- Naturellement, monsieur.
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The Dark Side.
FanfictionEtre flic dans une ville où les problèmes s'annoncent en permanence n'est pas de tout repos. Pourtant, Mademoiselle Inoue s'en sort très bien, et est très reconnue chez les autorités. Compétente, habile et rusée, rares sont les affaires qu'elle n'a...