Chapitre 34

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Emma

— Non, tu déconnes ?

Mon avocat me regarde fier de lui, et moi j'ai encore dû mal à réaliser ce qu'il se passe.

— Si. Vous n'aviez jamais finalisé le divorce. Tu es sa femme, même s'il est mort. Et sa compagnie, enfin plutôt les parts de sa compagnies reviennent à sa femme. Tu contrôles tout. 60% t'appartient. Les autres actionnaires m'ont déjà contacté : ils veulent racheter tes parts. Ils veulent te voir, et rapidement.

Je reste figée, la bouche sèche. Mike m'avait toujours répété que je n'aurais rien. Je me tourne vers Rock en secouant les papiers vers lui.

— C'est bientôt ton anniversaire, tu veux une autre entreprise ?

Rock, qui s'est accoudé à la porte, arqueboute un sourcil. Son sourire est un mélange de mauvaise foi et d'amusement.

— Traduction: t'as pas envie de t'emmerder avec des bilans, des réunions et des types qui veulent te baiser le cerveau.

Carrément. J'en ai pas la moindre envie.

— Exactement. Tu le veux ou pas ?

— Mais non ! Comme si j'avais envie de passer mes journées en costard à lécher le cul des investisseurs. À ton avis, pourquoi je suis mon propre patron ? Pour être tranquille. J'ai suffisamment de boulot. Tu en fais ce que tu veux.

Très bien. Alors c'est décidé.

— J'en veux pas. Je revends mes parts à celui qui les veut. Et tu leurs dis de faire ça vite. Je vais pas m'amuser à faire des allers-retours sans arrêt.

Je lui montre du doigt mon ventre qui est prêt à exploser. J'en suis à six mois et j'ai l'impression d'avoir des jumeaux.

— Tu me montres tous les papiers avant qu'elle ne signe, le prévient Rock. Je ne veux pas de merde. Et tu négocies. S'il veulent racheter ça veut dire que c'est fructueux alors tu augmentes. Emma bloque toutes leurs décisions depuis des semaines et ça leur fait mal.

Le téléphone de Jacob sonne, il s'excuse, et sort du bureau de Rock, en disant qu'il revient. Je pose mon cul contre le bureau en me demandant dans combien de temps mes anciennes maisons seront vendus. Elles aussi je veux m'en débarrasser au plus vite.

— Tu vas être pétée de tune, murmure Rock en passant sa main sur mon ventre et en déposant un baiser lent dans mon cou. Encore plus que moi.

— Sérieux ? Moi, riche ? J'en veux même pas de son argent.

Il m'embrasse, longuement, et ses lèvres brûlantes me coupent la parole.

— Quand tu verras la somme, tu risque d'accoucher sur place.

Je lui mordille la langue, joueuse. Il me soulève d'un coup, me pose sur son bureau, et le monde se réduit à la pression de son corps contre le mien. Son genou sépare mes cuisses, ses mains me maintiennent contre le bois. Son regard d'acier brûle tout sur son passage.

— Je vais négocier pour toi. T'as de la chance d'être aussi sexy.

Il glisse ses doigts sous ma robe ; la chaleur m'envahit. J'ai à peine le temps de protester que sa bouche m'engloutit. Il m'embrasse comme s'il voulait me faire tout oublier, et ça fonctionne. Si Jacob ne se raclait pas la gorge, je le laisserais me mettre nue, ici, maintenant.

Je me dépêche de descendre, et Rock s'installe sur son siège, en me faisant un clin d'œil.

— Jacob, fais ça vite.

Jacob lui tend des documents, Rock les regarde en sortant son téléphone pour calculer quelque chose.

— La valo est bonne, dit-il en posant ses coudes sur le bureau. Compagnie moyenne, flotte récente, routes régionales en croissance. Je veux une base claire, pas des chiffres à la louche. Si Emmma vend 60 % des parts, on parle d'un chèque autour de soixante millions, point barre. Après frais et déduction il restera dans les quarante-cinq millions, à minima.

Tome 1 : Sauve-moiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant