Chapitre 7

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Le silence fut brisé par Tsuyu, une des femmes pirates qui s'était liée d'amitié avec la maitresse de maison.

"- Vous ne parlez jamais de votre époux, est-ce un souvenir douloureux ?" Izuku n'arrivait pas à s'y faire à cette franchise, surtout que cette femme posait souvent des questions embarrassantes. Mais sa mère ne semblait même plus s'en offusquer, contrairement à la première fois.

"- Pas vraiment. Il a disparu en pleine mer, et on ne sait pas ce qu'il s'est passé. Tellement de rumeurs ont circulées à ce sujet, vous en faîtes bien évidemment partis." Elle souriait tristement en disant cela, tout comme Tsuyu qui hochait la tête. "Nous avons cherchés pendant un temps ce qui avait bien pu lui arriver, Izuku écoutait les conversations des pêcheurs ou marchands étrangers. La panneau d'affichage à l'auberge était passé au peigne fin également. Mais au bout d'un certains temps, on se fait une raison... Et on apprend à vivre avec..."

"- C'est donc pour ça que vous vous êtes coupé l'annuaire gauche ? Pour éviter de vous remarier ?" Inko en eut un hoquet de surprise et cacha sa main sous son tablier. Tout le corps d'Izuku s'était tendu à ce moment là, et il essayait de ne pas regarder la pirate pour éviter de la tuer du regard pour son manque de tact.

"- Non... C'est survenu pendant un évènement très différent... Et j'aimerai qu'on parle d'autre chose..." Elle avait parlé sèchement, c'était très rare de sa part, mais elle ne voulait pas se rappeler de ce jour où elle avait perdu son doigt. Tout comme son fils qui s'en voulait encore.

"- Bien sûr. Nous avons tous notre jardin secret... Si je vous disais que nous avons tous été exclus de la société, vous consentiriez à écouter nos histoires ?" Izuku arqua un sourcil, ne comprenant pas le sens de la question. Ils étaient déjà des exclus de la société, en quoi était-ce un secret ?

"- Que veux tu dire ?"

"- Nous ne naissons pas pirate, et nos parents ne l'étaient pas. Du moins, notre capitaine, Katsuki et Hanta sont des rejetons de pirates. Le reste, nous venons de différents horizons."

"- J'aurais pourtant crus le contraire... Pardonnez-moi..." L'ensemble de l'équipage eut un sourire en coin, mais Izuku ne savait pas trop à quoi ils pouvaient bien penser pour réagir de la sorte. "Je pensais que vous aviez plus ou moins un membre de votre famille dans la piraterie..."

"- Vous savez qu'on m'a chassé du village parce que ma mère aurait eu une aventure avec un triton ?" C'était Eijirou qui venait de parler, un roux avec des dents anormalement pointues. Il avait dis ça avec un grand sourire, geste qui avait manqué de tuer sa mère d'une crise cardiaque.

"- Un triton ? En voilà une drôle d'histoire... C'est un mythe, comme les sirènes..." Tout le monde pouffa de rire à cette remarque. Même Izuku osa un sourire en coin, repensant à ce pêcheur qui lui avait raconté que son père s'était peut-être fait piéger par le chant d'une sirène.

"- Il faut croire que certaines personnes y croient fermement. Mais le fait est que j'ai dû partir parce que j'inspirai la crainte avec mon sourire. Les femmes pensaient que je pouvais dévorer leur nourrisson au beau milieu de la nuit." Malgré son sourire, on sentait qu'il avait été touché par ces moments de sa jeunesse. N'importe quel enfant, d'ailleurs.

"- Tu n'as qu'à manger plus proprement aussi..." La blague venait du second, Katsuki, qui s'était installé sur le rebord de la fenêtre. "Quand tu manges de la viande, on dirait que tu t'es servis sur un cadavre frais." Si les pirates riaient de la comparaison, Inko manqua de vomir son propre repas.

"- Dis celui qui dort d'un sommeil très agité. On est obligé de t'attaché à ton hamac pour éviter que tu tombes plusieurs fois dans la nuit..." C'était une bonne répartie, mais le blond lui frappa la tête du bout de sa botte.

Capitaine... [TERMINEE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant