Chapitre 31

29 5 1
                                        


Tout le monde est au port. Izuku sur le bord du ponton, fixant l'horizon avec incertitude. Ils ont décidés qu'il devait retrouver ses souvenirs du départ et le suivre, si jamais il venait à disparaitre d'un seul coup. Ces pirates ont un meilleur sens de l'orientation que lui. Ils en ont réfléchis un long moment, en parlant aux vieilles femmes qui ont acceptés malgré la frustration de ne pas voir les fantômes, mais ils ont échangés de précieux câlins en s'échangeant de douces paroles.

Ce qui ne fut pas vraiment le cas pour Kichirou.

Fumikage a mit un temps phénoménal à le consoler, usant de son calme légendaire pour lui faire comprendre qu'il n'y avait aucune chance qu'il puisse revoir sa mère. Mais comment calmer un enfant qui va se retrouver seul ? Izuku a cru que son cœur allait se fendre en deux d'entendre de tels pleurs. Mais comment le blâmer ? Il a parfaitement le droit d'exprimer sa souffrance.

Ce n'est qu'après un long moment qu'il cesse de pleurer, mais il a exigé qu'on lui raconte une énième aventure de l'équipage atypique. Ce que son père a fait avec le plus grand des plaisirs, car même s'il ne l'a pas montré, il est peiné de se séparer de son enfant de cette façon. Mais il doit grandir sans compter sur des fantômes errants, il doit vivre avec les vivants et se façonner un avenir grandiose. Car tel est le souhait de chacun.

Le paysan reprend ses esprits, il souffle toute son anxiété et fixe l'horizon. Le capitaine a forcément tout organisé et l'a nargué sur sa capacité à être malade seulement deux minutes après être monté à bord.

"- Le voyage sera un peu long, mais je t'assure que le paysage en vaut la chandelle. Et le fait que tu vas être de mauvaise compagnie tout ce temps."

Comment oublier cet homme taquin au possible ?

Il continue de se concentrer, revoyant le bateau à quai et l'équipage qui s'active comme à leur habitude. Il se revoit souffler, appréhendant de monter à bord, avec sa mère à ses côtés pour le soutenir. Leurs mains sont liées, il ne veut pas la lâcher, il ne veut pas être de nouveau malade comme un chien pendant des jours même en lui promettant le paradis pendant un temps indéterminé.

Tout devient flou, il rentre dans ses souvenirs.

*

"- Izuku, tout se passera bien." Il jette un regard désapprobateur à sa mère qui souffle de désespoir. "Je t'aide du mieux que je peux..."

"- Tu pourrais m'aider à refuser les avances de ce capitaine beaucoup trop taquin aujourd'hui."

"- Tu me demandes l'impossible... Tu rêves aussi de ce mariage, mon chéri." Le paysan rougit discrètement, regardant de nouveau cet équipage beaucoup trop joyeux à son goût. Si encore il n'y avait que le capitaine qui se moquait de son mal de mer... Ils avaient tous l'habitude de lui faire croire à une surprise sur le bateau et les minutes suivantes, il titubait comme s'il avait bu des litres de rhum. Maudit équipage et son capitaine !

"- Pourquoi il tient absolument à ce qu'on aille aussi loin ? N'est-ce pas plus simple de le faire ici ?" Il sentit une main sur son épaule, la mère de Shouto venait d'arriver et lui offrit un doux sourire.

"- Parce que mon fils a un petit côté romantique, qu'il détournera une fois que vous serez marié certes, mais il tenait à t'offrir un paysage à couper le souffle." Elle se rapprocha de son oreille pour lui chuchoter sa phrase. "Il est tellement amoureux de toi, comprends qu'il veuille t'offrir ce qu'il y a de plus beau."

Izuku se mit à rougir jusqu'à la racine des cheveux, bégayant encore plus qu'à l'accoutumé faisant rire les mères. Il cacha son visage dans ses mains, respirant du mieux qu'il le pouvait.

Capitaine... [TERMINEE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant