EPILOGUE

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Le réveil me fait sursauter tellement je dormais profondément, je l'éteins sans ménagement et grogne en lui tournant le dos. J'aurai bien aimé que mon rêve se continue, même si l'épisode avec les requins va probablement me laisser des traumatismes pour une durée indéterminée. La fin se terminait si bien... J'aurai voulu que l'histoire dure encore un peu... Et comme tous les autres rêves retraçant cette histoire d'amour, je me rappelle de chaque détail, comme si j'avais moi-même vécu ces évènements. Il faut d'ailleurs que je note tout dans mon carnet, beaucoup de personnes souhaite connaître la fameuse fin.

C'est avec de grandes difficultés et une envie de dormir pendant des semaines, que je sors de mon lit pour me diriger vers mon bureau. Certains détails ont eu tendance à m'échapper sur les premiers rêves, je me dois de tout noter tel l'écrivain amateur que je suis. Je ne pensais pas, au débuts de ces mystérieux rêves, que l'histoire prendrait fin. J'aurai dû tenir ce carnet plus rigoureusement depuis le début, mais comment savoir que j'allai rêver de la même histoire ? C'est fou ce que le subconscient peut faire dans notre esprit.

Une fois cela de fait, c'est la routine qui s'enclenche : ouverture des volets, des étirements parce que je n'ai plus vingt ans, aération de la chambre pendant que je fais le lit et un tour à la salle de bain. Le meilleur moment reste le petit-déjeuner avec une vue sur l'océan dont je ne me lasse jamais. Quand il n'y a pas ce maudit vent froid, je peux rester des heures à admirer l'horizon. Mais seulement les jours où je ne travaille pas, car les habitués sont aussi bien réglés que l'horloge mondiale ! Un des nombreux miracles de ce monde. Ou mystère, suivant la vision de chacun.

Après un rapide habillage et une tentative pour coiffer mes cheveux, j'ouvre le café dont je suis le propriétaire depuis le départ à la retraite de ma mère : Le Bel Horizon. Un nom qui me dépite par sa pauvreté en imagination, mais qui est rentré dans les mœurs. Ne jamais bousculer une habitude, je l'ai appris à mes dépends... Pourtant, j'avais seulement changé la carte des repas pour laisser le cuisinier libre court à son imagination. Un peu plus et je perdais toute ma clientèle, même ceux qui ne consomment qu'un café. Il a fallut trouver un compromis, seulement un nouveau plat par mois. Un rien les perturbe. Mais c'est le plat du chef qui est en rupture le premier, c'est incompréhensible...

Mon premier client de la journée entre et s'installe directement au comptoir, je suis déjà en train de lui préparer son double expresso.

"- Encore une belle journée pour les navigateurs !"

"- La météo semble généreuse dernièrement." Je dépose son café devant lui et m'installe. "Vous prenez la mer aujourd'hui ?"

"- Ma fille veut faire un tour, pour une fois qu'elle choisit bien son jour."

"- Il faut bien avoir de la chance par moment."

"- Oui, oui..." Il boit d'une traite et me dépose la juste monnaie. "Merci pour le café, et on se voit mardi !" Je fais un signe de la tête tout en ramassant l'argent et range tout dans la caisse enregistreuse. Mon seul habitué qui ne reste que le temps de trois phrases, et ça dure depuis l'ouverture du café. Même ma mère n'a jamais réussie à le faire parler d'avantage.

La journée passe, l'arrivé du cuisinier sorti la veille, les mêmes clients venus discuter de tout et de rien, les touristes qui prennent le temps de se reposer ou de demander des renseignements. Mon quotidien depuis presque vingt ans, voir plus vu que j'aidais déjà mes parents avant de reprendre le commerce. Et je ne m'en lasse pas.

Au moment de tout nettoyer, un gendarme fait son entré, il jette un rapide coup d'oeil à l'intérieur et me fait un sourire.

"- Soirée sans encombres ? J'ai du mal à y croire."

Capitaine... [TERMINEE]Des histoires addictives. Découvrez maintenant