« Il suffit d'une nuit pour que tout bascule »
Easton Hathaway, riche héritier de l'empire familial et homme d'affaires respecté, se retrouve du jour au lendemain au cœur d'un procès pour violences conjugales. Après une violente dispute, sa femme a...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
EASTON
— Tu te ramollis, Hathaway ! s'exclame Brendon de son air moqueur insupportable.
J'accélère le pas, afin d'arriver à sa hauteur, puis le prends par surprise en le plaquant au sol tel un rugbyman entraîné. Il jure en me repoussant, alors qu'un énorme fou rire me prend. Devant mon air goguenard, il tente de résister, mais ne tarde pas à me rejoindre en s'allongeant sur l'herbe à mes côtés.
Brendon et moi sommes amis depuis le lycée. C'est littéralement mon seul ami, mais aussi l'une des personnes en qui je place ma confiance absolue. Les grands cercles, c'est inutile et très souvent hypocrite. Je l'ai compris au fil du temps et je suis vraiment reconnaissant d'avoir une personne aussi précieuse que Brendon. Lui, Jax et Lucía ont été présents à chaque étape de ma vie et ont été d'une loyauté sans faille. Cette énième épreuve que je traverse, ne fait que le confirmer. C'est grâce à eux que je parviens à faire face, chaque jour, au cauchemar dans lequel ma femme m'a plongé. C'est pour eux que je me bats. Sinon, j'aurais abandonné depuis longtemps.
Brendon et moi sommes allés dans la même université, mais il a ensuite préféré intégrer l'académie des pompiers, afin d'en faire sa carrière. Et je dois dire qu'il excelle dans ce qu'il fait.
— Ah le revoilà ce rire que j'aime tant. J'ai cru que j'allais devoir t'enfoncer les doigts dans le cul, pour effacer cet air grognon que tu ne quittais plus, poursuit cet idiot, m'arrachant un énième rictus.
— Honnêtement, j'aimerais vous voir à ma place. Je suis sûr que rire ne ferait pas partie de vos priorités.
— Clairement pas. Je passerais mon temps à baiser, je crois qu'en prison, ce n'est pas trop idéal, non ?
Un humour à chier, mais qui aujourd'hui fait bien son effet. Je crois que j'ai vraiment besoin de me détendre et d'oublier mes problèmes. C'est pour ça que Brendon passe me chercher tous les matins pour aller sillonner les rues de Chicago, dans un footing intense et douloureux. Je suis plus adepte de la salle de sport ou de courses à allures régulière, mais mon tas de muscles de meilleur ami ne le voit pas du même œil. Il faut dire que l'entrainement pour un pompier et pour un PDG sont deux choses très différentes.
— Hilarant, Vance. Tu devrais te lancer dans une carrière d'humoriste, tu ferais fortune.
— Ouais j'ai hésité, mais l'uniforme de pompier est plus sexy.
— Bien évidemment, si ça ne tourne pas autour de ton cul, ça ne t'intéresse pas.
— On est bien gâté ou on ne l'est pas.
Je m'esclaffe en lui assénant un bon gros coup sur l'épaule, l'amusant davantage. Ce mec est con, mais il a au moins le mérite d'être un ami extra, alors on lui pardonne tout.
— Comment va ta chère et tendre ? Des bébés Elyston en vue ou on n'y est pas encore ?
Je préfère ne pas rebondir sur le nom ridicule qu'il nous a affublé, mais je ne peux réprimer une moue contrariée à la mention de mon ex. Voilà trois jours que je n'ai pas reçu de ses nouvelles. Bon, trois jours, ce n'est pas la fin du monde dans une vie, mais ça m'étonne tout de même. Si notre dernière entrevue s'était déroulée sans encombre, je ne serais pas aussi inquiet, mais ça n'a pas été le cas.