« Il suffit d'une nuit pour que tout bascule »
Easton Hathaway, riche héritier de l'empire familial et homme d'affaires respecté, se retrouve du jour au lendemain au cœur d'un procès pour violences conjugales. Après une violente dispute, sa femme a...
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EASTON
— Ta mère est morte par ta faute, Easton. Tu as enlevé sa maman à Jaxon, sa femme à ton père, tu as enlevé une femme formidable et tu l'as remplacée par l'échec que tu es. Ton père n'a jamais voulu de toi et ton grand-père t'a pris en pitié. Tu ne l'as jamais compris ? Putain ce que tu peux être pathétique, hurle Shelby folle de rage.
Je ferme les yeux un instant, puis lorsque je les rouvre, elle est face à moi, ses mains agrippant ma chemise, alors que son regard meurtrier est planté sur moi.
Sans être maître de mes décisions, je la pousse la laissant s'échouer sur un sol plein de morceaux de verres.
Je ferme les yeux et sa voix parvient à nouveau à mes oreilles :
— À ton avis, qui de Kallias Gallanis et toi brasse le plus d'argent ? Elle a flairé un plus gros poisson et elle s'est tirée.
Elle s'approche à nouveau de moi, un large sourire malicieux fixé au visage, puis s'approche de mon oreille pour murmurer :
— Et maintenant, c'est lui qui a l'opportunité de la sauter, tous les jours. Chaque orgasme, chaque souffle et cris de plaisir, c'est lui qui le lui procure.
— FERME TA PUTAIN DE GUEULE !!! grondé-je en la repoussant un peu plus fortement que la fois précédente.
Je me lève en sursaut. La respiration me manque. Je suffoque.
Putain ce n'était qu'un rêve, mais ça me paraissait si réel. Comme une sorte de souvenir. J'ai vécu cette scène, j'en suis certain. Mon corps en tremble encore, putain.
Le contact d'une douce main me provoque un nouveau sursaut, mais en entendant la voix qui l'accompagne, je parviens à me ressaisir.
— C'est moi, Easton. C'est Elyna. Tout va bien.
Je m'agrippe fermement à son bras, alors qu'elle attire mon corps contre le sien. Ma tête vient se poser contre sa poitrine, tandis que sa main libre caresse mes cheveux dans un geste qui se veut réconfortant. Et ça fonctionne. Tout fonctionne tant qu'elle est près de moi. Alors je me laisse aller. Je ferme les yeux afin de faire le vide en moi et d'effacer ces nouvelles images. Chaque nouveau flash me déchire un peu plus de l'intérieur. Il m'est encore difficile d'assembler toutes les pièces du puzzle. Néanmoins, j'en ai vu assez pour comprendre qu'il y a eu une altercation entre Shelby et moi. Si je l'ai frappée, je ne l'ai pas fait directement. J'en suis désormais persuadé.
— Encore un flash ? me questionne Elyna, après quelques minutes de silence.
Je sais qu'elle ne veut pas me brusquer, qu'elle patiente jusqu'à ce que je sois prêt à lui expliquer ce que j'ai vu. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que le lui raconter me demande une force et une volonté sans nom. Parce que je suis obligé de la regarder dans les yeux en lui rejouant la scène : la terreur, les cris, les pleurs. Cet Easton que je dépeins à chaque fois, ce n'est pas moi. Ce n'est pas celui dont elle est tombée amoureuse, ce n'est pas celui avec qui elle passe toutes ses nuits, ni celui qui lui fait l'amour en continu. Celui-là, elle ne le laisserait même pas la toucher avec un bâton. Et putain, si cet homme a pu faire du mal à Shelby, je refuserais qu'il s'approche ne serait-ce qu'une seule seconde d'Elyna.